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Actualités - Opinion

Et maintenant, le plat de résistance : le gouvernement…

Les hors-d’œuvre sont expédiés : quatrième mandat de quatre ans pour Berry avec 90 voix. Élection à la vice-présidence de Farid Makari avec 99 voix. Désignation du bureau de la Chambre. On passe maintenant au plat de résistance : la formation du gouvernement. Et ils sont trois à se montrer pressés de passer à table : Berry, qui a émis auprès du régime le souhait de le voir fixer les consultations parlementaires rapidement ; Saad Hariri, leader, sous la coupole, d’un gigabloc de 38 membres ; et Nagib Mikati, un peu las d’expédier les affaires courantes. Ce dont il se chargera, à partir de ce mercredi, comme il en a notifié son staff, à partir de son bureau personnel, sans plus se rendre au Sérail. Les tractations entre les forces politiques vont bon train. Hariri s’active beaucoup, en base de son slogan de la main tendue. C’est-à-dire qu’il souhaite un gouvernement rassemblant les principaux acteurs du 14 mars. Et même d’autres forces majeures. Au sien d’une formation qui serait d’union nationale. Il se dit prêt à rencontrer n’importe quel pôle (sous-entendu Aoun) pour un accord sur un plan de réforme. Il a d’ailleurs dépêché auprès du général, en mission exploratoire, l’ancien député Ghattas Khoury. Dans le même sens, les haririens voudraient dynamiser la Rencontre du Bristol. Et, indiquent-ils, même si Aoun devait opter pour l’opposition, on traiterait constamment avec lui dans un esprit d’ouverture et de coopération. De leur côté les Occidentaux, apprend-on de source informée, conseillent aux leaderships issus des élections de participer au gouvernement. Plus précisément, des diplomates qui ont récemment rencontré le général Aoun l’ont pressé de ne pas bouder le gouvernement, mais de contribuer activement au chantier de la réforme économique et politique qui va être lancé. Les aounistes relèvent pour leur part que leur chef pourrait renoncer à passer à l’opposition. Il accepterait de participer au gouvernement. Mais à la condition que les pôles de la nouvelle majorité parlementaire adoptent une attitude positive par rapport au projet de réforme qu’il a préparé. Il veut de plus que son quota numérique ministériel, ainsi que l’importance des portefeuilles, corresponde à son volume de popularité et de présence sur la scène politique locale. Il refuse tout suivisme et personne ne devrait tenter de prétendre lui avoir fait des cadeaux. Aoun devrait discuter de ces points avec Saad Hariri. Ce dernier confirme par ailleurs ne pas vouloir du Sérail, préférant désigner Fouad Siniora, à la tête d’un gouvernement dont l’ossature serait constituée par des parlementaires relevant de la Rencontre du Bristol. En sus, si Aoun accepte, d’éléments du Courant patriotique libre. Les détails de la configuration ministérielle ne sont pas encore négociés. Mais, bien entendu, la majorité récuse en chœur l’idée lahoudiste d’un cabinet d’extraparlementaires, en précisant que sa préférence va à un gouvernement bien parlementaire de 24 ministres, avec la possibilité de recourir à quelques éléments de valeur pris hors de l’Assemblée. Bien entendu aussi, les parlementaires rejettent également l’idée dite Chawki Fakhoury, du nom du regretté ancien ministre hraouiste qui avait élaboré un projet dans ce sens, d’interdire le cumul entre portefeuille et députation. L’expérience réussie du cabinet Mikati sortant ne peut pas servir d’exemple, affirment les intéressés. Car il s’agissait d’une équipe de transition, uniquement chargée en pratique d’organiser les élections. Comme quoi, si changement il doit y avoir, ce n’est apparemment pas au niveau des bonnes habitudes des professionnels de la politique. Ce qui ne change pas non plus, c’est la ligne du régime. En réponse aux rumeurs et aux spéculations des médias, les lahoudistes confirment que leur chef reste attaché au strict respect de ses prérogatives constitutionnelles. C’est-à-dire qu’au sujet du gouvernement, il pourrait éventuellement user du droit que l’article 53 lui donne de ne pas signer les décrets de nomination. En d’autres termes, il faut qu’il trouve son content dans la formation proposée par le président du Conseil désigné, qu’il ne soit pas complètement ignoré, sans quoi, c’est le blocage. Il faut cependant souligner que nombre de pôles estiment qu’effectivement on ne devrait chercher à imposer aucune composition toute faite. Mais procéder en respectant la règle démocratique du consensus, sans exclure personne, dans un climat d’apaisement bénéfique au pays. D’autant que toutes les parties, les lahoudistes compris, se disent pour la réforme et le changement d’approche politique. La mise en place du gouvernement n’est pas facile. Nombre d’embûches se présenteront au moment du partage du gâteau. Tant pour le nombre de strapontins dévolus à chaque gourmand que pour la qualité des portefeuilles. Nombre de piliers de la Rencontre du Bristol expriment en privé la crainte que les disputes autour du fromage ne fassent voler cette coalition en éclats. Elle s’est trouvée déjà ébranlée par l’élection à la Chambre et ses chefs se sont trouvés obligés de laisser la liberté de vote aux membres. Georges Adouane, des Forces libanaises, a ainsi dénoncé le cavalier seul accompli par des alliés au sujet de l’élection de Berry, sans consultations, au mépris de l’esprit de vrai partenariat politique. Alors qu’il aurait fallu, souligne-t-il, adopter une position unifiée, après concertations afin d’éviter de tomber dans le fédéralisme communautaire, qui exacerbe les tensions confessionnelles. Et qui pourrait être encore plus gravement illustré lors de la formation du gouvernement. Philippe ABI-AKL
Les hors-d’œuvre sont expédiés : quatrième mandat de quatre ans pour Berry avec 90 voix. Élection à la vice-présidence de Farid Makari avec 99 voix. Désignation du bureau de la Chambre. On passe maintenant au plat de résistance : la formation du gouvernement. Et ils sont trois à se montrer pressés de passer à table : Berry, qui a émis auprès du régime le souhait de le voir fixer les consultations parlementaires rapidement ; Saad Hariri, leader, sous la coupole, d’un gigabloc de 38 membres ; et Nagib Mikati, un peu las d’expédier les affaires courantes. Ce dont il se chargera, à partir de ce mercredi, comme il en a notifié son staff, à partir de son bureau personnel, sans plus se rendre au Sérail.
Les tractations entre les forces politiques vont bon train. Hariri s’active beaucoup, en base de son slogan de la...