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Le Point Trompeuses apparences

Le shekel se porte plutôt mal, merci. Et la Bourse aussi. Après des bénéfices faramineux au cours des deux ans écoulés, la cote a brutalement chuté ces derniers mois et les actions semblent brûler les doigts des petits porteurs, qui ont hâte de s’en débarrasser. En chiffres, la baisse est de 5 % ; quant à la dépréciation de la monnaie nationale, elle est de l’ordre de 3,5 % pour les deux semaines écoulées. Ce n’est pas encore la débâcle mais l’érosion inquiète plus d’un. La raison du début d’effondrement ? Le prochain retrait de la bande de Gaza et le sort du cabinet Sharon, sur la survie duquel rares sont les Israéliens prêts à prendre des paris. Commentaire d’un courtier de la place : « Plus nous approchons de la date fatidique et plus l’incertitude va grandissant. » Les Israéliens ne sont pas seuls à afficher leur pessimisme. Philippe Douste-Blazy, le nouveau ministre français des Affaires étrangères, n’est guère euphorique, lui non plus. À Londres où il vient de rencontrer son homologue américaine Condoleezza Rice – elle-même de retour d’une édifiante tournée proche-orientale –, il n’a pas caché son inquiétude. « Le risque est grand, a-t-il jugé, de voir éclater une troisième intafada si aucun processus politique n’est engagé après le démantèlement des points de peuplement. » Puis cette confidence, lâchée comme une mise en garde : « Aujourd’hui, rien ne prouve que les engagements pris dans le cadre de la“ feuille de route” seront respectés. » Quelques heures plus tôt pourtant, , le quartette, auteur du désormais célèbre document, semblait confiant dans le succès de l’opération appelée à prendre fin dans une soixantaine de jours. L’envoyé spécial du groupe, James Wolfensohn, se disait même « infiniment plus optimiste qu’il y a deux semaines, même si la route s’annonce cahoteuse ». Son impression ? « Les deux côtés veulent un retrait pacifique. » Aussi conviendrait-il de situer les propos du locataire du Quai d’Orsay dans le cadre des pressions exercées sur les négociateurs pour éviter tout risque de voir la machine s’enrayer. C’est bien pourquoi dans la déclaration publiée à l’issue de leur réunion dans la capitale britannique, Américains, Européens, Russes et représentants des Nations unies évoquaient l’urgence d’une coopération entre les deux parties directement concernées et relevaient dans le même temps l’existence de contacts qu’il importe d’intensifier, car « rien ne saurait remplacer la négociation ». Plus facile à prêcher qu’à mettre en pratique… Surtout quand, dans ses propres rangs, chacun est harcelé par ceux qui passent pour être ses fidèles alliés. Au lendemain de la rencontre manquée – en apparence seulement – entre le Premier ministre israélien et le successeur de Yasser Arafat, la première salve a été tirée par Benjamin Netanyahu. Sur les ondes de la radio officielle, l’ennemi juré d’« Arik » y a été de ses conseils empoisonnés : « Ce que nous devons exiger de l’Autorité palestinienne, c’est des actes et non plus seulement des promesses. Si Mahmoud Abbas ne s’attaque pas au Hamas, il ne restera pas longtemps en place et le danger sera alors grand de le voir nous entraîner dans sa chute. » Au sein de la coalition au pouvoir, tout le monde n’est pas de cet avis. Le ministre de la Défense Shaoul Mofaz prône la retenue à tout prix alors que son collègue des AE est partisan, lui, de méthodes autrement plus musclées. Tenu à faire montre de diplomatie, Abou Mazen a opté pour la main de fer dans un gant de velours. Les activistes des Brigades des martyrs d’el-Aqsa tiennent à jouer les trouble-fêtes ? On les neutralisera en les incluant dans les rangs des forces de sécurité sans toutefois aller jusqu’à prévoir un calendrier de ramassage de leurs armes. Avec l’espoir que, dans une phase ultérieure et la contagion ayant fait son œuvre, il sera possible d’étendre l’opération aux effectifs du Mouvement de la résistance jadis fondé par cheikh Ahmed Yassine. Dès lors, rien n’interdit de penser que la mauvaise humeur affichée au lendemain du sommet de Jérusalem est de façade, permettant aux deux protagonistes, d’une part, de faire bonne figure aux yeux de leur opinion publique respective et, d’autre part, de neutraliser toute velléité de retour au langage de la violence, cause par le passé de tant d’occasions manquées . La preuve que les apparences peuvent être trompeuses a été apportée, hier, par le ministre palestinien de l’Intérieur à l’issue d’une rencontre à Tel-Aviv avec une délégation israélienne conduite par le général Yitzhak Harel. Réunion « fructueuse et très positive », a fait valoir par la suite Jamal Abou Zayed, puisqu’elle a porté, entre autres, sur l’examen des cartes de retrait de Gaza. La troisième « intifada » devra attendre quelque temps encore… Christian MERVILLE
Le shekel se porte plutôt mal, merci. Et la Bourse aussi. Après des bénéfices faramineux au cours des deux ans écoulés, la cote a brutalement chuté ces derniers mois et les actions semblent brûler les doigts des petits porteurs, qui ont hâte de s’en débarrasser. En chiffres, la baisse est de 5 % ; quant à la dépréciation de la monnaie nationale, elle est de l’ordre de 3,5 % pour les deux semaines écoulées. Ce n’est pas encore la débâcle mais l’érosion inquiète plus d’un. La raison du début d’effondrement ? Le prochain retrait de la bande de Gaza et le sort du cabinet Sharon, sur la survie duquel rares sont les Israéliens prêts à prendre des paris. Commentaire d’un courtier de la place : « Plus nous approchons de la date fatidique et plus l’incertitude va grandissant. »
Les Israéliens ne sont pas...