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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Les relations maroco-espagnoles à l’épreuve du Sahara occidental

Le Sahara occidental, objet d’un regain de tension entre le Maroc et les indépendantistes, remet à l’épreuve les relations entre Rabat et Madrid qui s’étaient nettement réchauffées depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes espagnols en mars 2004. Madrid n’avait pas réagi officiellement hier à la nouvelle expulsion d’un groupe d’Espagnols venus s’enquérir de la situation à el-Ayoun, chef-lieu du Sahara occidental. Le groupe, « soutenant les thèses séparatistes » selon le Maroc, a été refoulé dimanche à l’aéroport de cette ville, située à 1 500 km au sud de Rabat, vers les îles espagnoles des Canaries d’où il était venu. Les visites de journalistes, de militants sahraouis et de représentants d’ONG se sont multipliées à el-Ayoun depuis le 24 mai, début d’une semaine d’incidents parfois violents qui ont opposé des Sahraouis aux forces de l’ordre. La délégation refoulée dimanche, à laquelle participaient huit Espagnols membres de divers partis de gauche, n’était « pas autorisée à se rendre dans les provinces marocaines du Sud », a indiqué l’agence officielle Map. Le ministère marocain des Affaires étrangères avait annoncé la veille que l’accès au Sahara occidental sera interdit aux ressortissants espagnols « affichant un parti pris » sur le conflit qui concerne ce territoire. Le Sahara occidental, qui est une ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975, est revendiquée par le mouvement indépendantiste du Polisario, appuyé ouvertement par l’Algérie, dont le président Abdelaziz Bouteflika a récemment réitéré cette position, enclenchant une nouvelle et grave crise diplomatique entre Rabat et Alger. Deux groupes d’Espagnols de douze puis de six membres, composés notamment de parlementaires et de représentants d’ONG, avaient déjà été refoulés après l’atterrissage de leur avion à el-Ayoun, les 5 et 8 juin, le Maroc estimant qu’ils étaient venus « semer la zizanie » dans ce territoire. Les autorités marocaines ont mis implicitement en cause le gouvernement de Madrid dans la multiplication de ces « provocations » qui viseraient « l’intégrité territoriale » du pays. « Le royaume du Maroc appelle les autorités espagnoles à assumer leurs pleines responsabilités face à ces initiatives manifestement malveillantes et porteuses de risques de troubles à l’ordre public », avait averti samedi le ministère des Affaires étrangères. Madrid se déclare « très préoccupé » par la situation au Sahara occidental. Le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a adressé une lettre à ses homologues algérien, marocain, mauritanien et aux responsables du Front Polisario pour souligner que « le statu quo n’est pas acceptable » dans ce territoire. « Le processus politique dans le contexte des Nations unies se trouve actuellement bloqué par manque d’initiatives », a souligné M. Moratinos, appelant le secrétaire général Kofi Annan à désigner « un envoyé personnel possédant un profil politique suffisant qui pourra commencer sa mission le plus rapidement possible ». La diplomatie marocaine, qui préconise un règlement politique « négocié entre les parties », ne voit pas d’un bon œil les initiatives visant à relancer l’intervention de l’Onu dans ce dossier, souligne-t-on à Rabat. Le dernier plan de règlement soutenu par l’Onu, le plan Baker – du nom de l’ancien secrétaire d’État américain James Baker – préconise une période d’autonomie de cinq ans au Sahara occidental en prélude à un référendum d’autodétermination sur le sort du territoire contesté. Rabat de son côté rejette catégoriquement la perspective d’un référendum, un processus considéré comme « obsolète » et « inapplicable ». Le Maroc propose une « large autonomie définitive » pour le territoire – mais dans le cadre d’une souveraineté marocaine jugée « non négociable ». Dominique PETTIT (AFP)

Le Sahara occidental, objet d’un regain de tension entre le Maroc et les indépendantistes, remet à l’épreuve les relations entre Rabat et Madrid qui s’étaient nettement réchauffées depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes espagnols en mars 2004.
Madrid n’avait pas réagi officiellement hier à la nouvelle expulsion d’un groupe d’Espagnols venus s’enquérir de la situation à el-Ayoun, chef-lieu du Sahara occidental. Le groupe, « soutenant les thèses séparatistes » selon le Maroc, a été refoulé dimanche à l’aéroport de cette ville, située à 1 500 km au sud de Rabat, vers les îles espagnoles des Canaries d’où il était venu.
Les visites de journalistes, de militants sahraouis et de représentants d’ONG se sont multipliées à el-Ayoun depuis le 24 mai, début d’une semaine d’incidents...