L’euro a évolué dans des marges étroites autour de ses plus bas niveaux de la veille face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après le discours du président de la Fed, Alan Greenspan, devant le Congrès, excluant l’hypothèse d’une fin prochaine du cycle de relèvement des taux d’intérêt américains. Les investisseurs ont donc été très influencés par les propos rassurants de Greenspan sur l’économie américaine qui a des bases « raisonnablement fermes » d’après lui, alors que l’inflation, hors alimentation et énergie, reste contenue, ce qui devrait permettre à l’institut d’émission de continuer à abandonner sa politique de taux bas à un rythme « mesuré ». Cela d’autant qu’il a estimé que le passage à vide qu’a connu l’économie américaine au printemps « n’annonçait pas un ralentissement de l’activité », soulignant combien les fluctuations des prix du pétrole avaient contribué aux périodes d’accélération et de décélération de l’activité. Ces propos, qui laissent croire à une poursuite du cycle de durcissement monétaire de la Fed, ont ainsi exercé une certaine pression sur la monnaie unique dans la mesure où le différentiel de taux en faveur des États-Unis (3 %) risque de se creuser davantage avec la zone euro (2 %), ce qui rendra les placements en dollar plus intéressants et favorisera la demande de billets verts. Un peu plus tôt, le dollar avait trouvé appui dans l’annonce par le département américain du Travail que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis ont reculé de 21 000 pour s’établir à 330 000 au cours de la semaine close le 4 juin. Il en est de même de la publication par la BCE de sa dernière enquête de conjoncture indiquant que la croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,3 % au 2e trimestre contre 0,5 % au 1er trimestre et qui avait pesé aussi sur l’euro. Pourtant, après son recul à moins de 1,22 $ (à 1,2177 $), la monnaie unique européenne ne tardait pas à bénéficier d’ajustements techniques de quelques positions de changes avant la publication aujourd’hui du déficit commercial américain en avril et celui du budget fédéral en mai. Dans cette attente, certains opérateurs ont estimé devoir engranger les gains que leur procurait la récente remontée du dollar. En effet, l’euro est parvenu à recouvrer presque tout le terrain qu’il avait abandonné pendant le discours de Greenspan, se négociant finalement à New York à 1,2217 $ contre 1,2225 $ la veille, soit un grand changement d’un jour à l’autre.
…et soutenu les Bourses
La Bourse américaine était en hausse hier, encouragée par l’absence de déclaration négative de la part de Greenspan au Congrès qui s’est montré optimiste sur l’économie. La tendance a été soutenue aussi par les chiffres hebdomadaires de l’emploi aux États-Unis ainsi que par les nouvelles selon lesquelles la mise au point de mi-trimestre d’Intel, attendue après la clôture, serait réconfortante.
Les Bourses européennes étaient partagées hier, le discours de Greenspan ayant soutenu seulement les sociétés dirigées vers les États-Unis et les bancaires. Les craintes liées au secteur de la distribution et à la hausse des prix pétroliers ont, en revanche, pesé sur d’autres compartiments.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere étaient en baisse, se négociant à 9,52 $ contre 9,53 $ et à 9,56 $ contre 9,65 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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