On croyait la dernière série d’assassinats limitée à la communauté politique. Voici qu’elle touche une communauté dont la seule arme est la parole. Une parole libre, incisive. Une parole complément indispensable de l’action. Une parole mobilisatrice, fière, une parole comme un mât soutenant les voiles, pressentant le vent et lui présentant les mots qu’il faut pour que son souffle fasse avancer l’histoire.
Ainsi, les journalistes aussi sont visés : la parole, aussi, peut provoquer la mort, la froide décision d’éliminer une voix.
C’est à raison qu’on a dit de ce crime qu’il s’agit d’un acte de vengeance, en ce sens que par cet acte, il est vain de croire qu’un processus peut être inversé. L’élimination de Kassir assouvit un désir de vengeance et l’identité de l’assassin est cachée dans les lignes même de ses articles. C’est le sens des propos tenus le jour du crime par Jeffrey Feltman.
La façon dont Kassir a été éliminé dit aussi quelque chose des méthodes de l’assassin. Une fois de plus, tout est calculé pour que l’explosion entraîne le moins de pertes collatérales possible. Ce qui inscrit le crime dans la continuité de ceux qui, après le retrait syrien, ont frappé les centres commerciaux dans différentes régions. Des actes dont l’unique objectif était de faire mal, de venger. La prudence, le raffinement avec lesquels ces crimes sont commis laissent deviner un cerveau machiavélique qui connaît le Liban à la perfection et calcule minutieusement l’impact de ses actions.
Enfin, l’exécution de l’attentat laisse penser que l’on est en présence d’une organisation, ce qui restreint le champ des parties qui peuvent l’avoir commis.
Par l’identité de la victime, par les moyens mis en œuvre, par le concept qui préside à ces actes, des enquêteurs sérieux devraient pouvoir remonter à ses auteurs.
Fady NOUN
On croyait la dernière série d’assassinats limitée à la communauté politique. Voici qu’elle touche une communauté dont la seule arme est la parole. Une parole libre, incisive. Une parole complément indispensable de l’action. Une parole mobilisatrice, fière, une parole comme un mât soutenant les voiles, pressentant le vent et lui présentant les mots qu’il faut pour que son souffle fasse avancer l’histoire.
Ainsi, les journalistes aussi sont visés : la parole, aussi, peut provoquer la mort, la froide décision d’éliminer une voix.
C’est à raison qu’on a dit de ce crime qu’il s’agit d’un acte de vengeance, en ce sens que par cet acte, il est vain de croire qu’un processus peut être inversé. L’élimination de Kassir assouvit un désir de vengeance et l’identité de l’assassin est cachée dans...
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