Une conférence d’un mois destinée à revigorer un Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) jugé obsolète se terminait sur un constat d’échec, hier, au siège de l’Onu à New York.
Au bout d’un mois de débats, les 188 États participants se sont séparés hier sans accord sur les moyens d’empêcher la dissémination d’armes atomiques.
« Je regrette que la conférence n’ait pas abouti à un consensus » dans les trois comités représentant les trois piliers du TNP – le désarmement, les garanties sur les programmes nucléaires nationaux et l’emploi pacifique de l’énergie nucléaire –, a déclaré le président de la conférence, le diplomate brésilien Sergio Duarte, vendredi matin en séance plénière.
« Il est très regrettable que cette conférence ait été incapable d’adopter un document final de consensus », a déclaré pour sa part le délégué japonais, l’ambassadeur Yoshiki Mine.
L’ambassadeur de Malaisie à l’Onu, Rastam Mohd Isa, s’exprimant au nom des non-alignés, a déclaré : « Il est maintenant clair que les divergences de vues entre États membres sur des questions fondamentales n’ont pu être réconciliées. » Cet échec survient à un très mauvais moment dans la lutte contre la prolifération, alors que les inquiétudes internationales ne cessent de croître autour des programmes nucléaires nord-coréen et iranien et des activités de réseaux internationaux de trafic de matières nucléaires. La Corée du Nord est sortie du TNP en 2003 et affirme avoir déjà mis au point des armes nucléaires. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne tentent depuis fin 2004, au nom de l’Union européenne et par la voie diplomatique, d’obtenir de l’Iran des garanties qu’il ne fabriquera pas la bombe atomique. Elles insistent pour qu’il renonce à ses activités d’enrichissement de l’uranium.
Les États-Unis ont insisté pour que le TNP, qui a permis pendant des décennies de contenir la dissémination des armes nucléaires, soit renforcé et que la conférence se concentre sur le risque de terrorisme nucléaire et les États « voyous » qui favorisent la prolifération.
De leur côté, les non-alignés n’ont cessé d’affirmer que des progrès devaient aussi être faits sur la question du désarmement. Ils ont aussi soutenu l’Iran dans sa revendication du droit d’un usage pacifique de certaines technologies nucléaires, en dépit de l’affirmation des Occidentaux qu’elles peuvent être détournées pour fabriquer des bombes.
Un diplomate occidental a affirmé que l’Égypte était le pays le plus responsable des blocages avec son insistance que soit décidée « une manière d’embargo sur les transferts de matériel et de technologie à Israël, ainsi qu’une interdiction pour les scientifiques de se rendre dans ce pays ». Israël est considéré comme possédant l’arme nucléaire et n’est pas signataire du TNP. « C’est une chose que les États-Unis ou les autres pays occidentaux ne pouvaient accepter. L’Égypte voulait tout ou rien », a dit ce diplomate, sous le couvert de l’anonymat.
L’idée centrale, généralement acceptée, du TNP est que les États dotés de l’arme nucléaire acceptent de désarmer tandis que les autres s’engagent à ne pas chercher à acquérir d’armes atomiques.
Les États-Unis maintiennent la pression sur Pyongyang
Le Pentagone a déclaré qu’il se préparait à une éventuelle décision de la Corée du Nord de quitter les discussions à six sur ses ambitions nucléaires. Lors d’une audition au Congrès, l’assistant au secrétaire d’État Christopher Hill et le sous-secrétaire adjoint à la Défense, Richard Lawless, ont laissé entendre que la patience américaine avait des limites.
Ils ont insisté sur le fait que le gouvernement étudierait « d’autres options », y compris des options militaires si les discussions échouaient.
Parallèlement, à la base aérienne de Holloman, un porte-parole a déclaré que les forces aériennes américaines avaient ordonné le déploiement en Corée du Sud de 15 de leurs chasseurs furtifs F-117A.
Rice salue la fermeté des Européens face aux Iraniens
La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a salué la fermeté de la troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne) face aux Iraniens, qui a permis de prolonger la suspension de leurs activités nucléaires sensibles. « Les Iraniens, il y a quelques mois, croyaient qu’il y avait une division entre les États-Unis et l’Europe. Lorsque je suis allée en Europe, juste après avoir été nommée secrétaire d’État, j’ai été réellement surprise de voir que l’on croyait que les États-Unis ne soutenaient pas réellement les négociations », a déclaré Mme Rice. « Je pense que nous avons intensifié notre coopération avec les Européens (...) et je pense que les Iraniens se rendent compte maintenant qu’ils seraient assez isolés si, en fait, ils se retiraient des négociations », a-t-elle ajouté.
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