Les chefs des Églises orthodoxes réunis en synode à Istanbul ont décidé hier d’entériner la destitution du patriarche de Jérusalem, Irénéos 1er, prononcée par sa propre hiérarchie le mois dernier après qu’il eut été accusé d’avoir vendu des bâtiments appartenant à son patriarcat.
« Nous avons dû prendre une décision très attristante au sujet du patriarcat de Jérusalem (où) les métropolites ont décidé de ne plus reconnaître » Irénéos comme patriarche, a déclaré à la fin du synode panorthodoxe le patriarche œcuménique de Constantinople, Batholomée Ier, chef spirituel de l’orthodoxie.
« Depuis ce matin, après avoir prié, nous avons décidé d’accepter la décision des métropolites » de Jérusalem, a-t-il poursuivi devant les journalistes, confirmant que les Églises orthodoxes ne considéraient plus Irénéos comme patriarche.
Bartholomée Ier, qui avait convoqué cette réunion extraordinaire, a par ailleurs expliqué qu’il avait été proposé à Irénéos de démissionner, mais qu’il avait refusé.
Irénéos Ier est accusé d’avoir vendu secrètement à des hommes d’affaires juifs deux bâtiments appartenant à son patriarcat et abritant des hôtels dans la vieille ville de Jérusalem.
À Istanbul, les opposants de Irénéos Ier, qui étaient représentés par six évêques au sein du synode, ont pu crier victoire.
« Le patriarche a été destitué par toutes les Églises orthodoxes », a déclaré aux journalistes avant toute annonce officielle Kesarios Vasilios, un des métropolites de Jérusalem. « Son nom ne sera plus cité comme patriarche de Jérusalem. »
Le métropolite de Pétra (Jordanie) Cornelios, qui dépend du patriarcat de Jérusalem, a pour sa part précisé qu’après le refus d’Irénéos de démissionner, un vote avait eu lieu, au cours duquel 9 des 12 Églises orthodoxes représentées à Istanbul avaient voté contre le prélat.
Seul le représentant du patriarcat de Géorgie a voté en faveur du maintien d’Irénéos, ceux du patriarcat d’Antioche (siégeant à Damas) et de l’Église de Pologne s’abstenant, selon cette source.
Selon un communiqué diffusé par le patriarcat de Constantinople, il n’y a pas eu de vote divergent, mais trois abstentions.
« Son nom n’existe plus désormais sur les listes des Églises orthodoxes », a affirmé Cornelios à l’AFP, précisant toutefois qu’Irénéos « pourrait continuer de se faire appeler patriarche », sans que cela prête à conséquence.
« Nous allons maintenant trouver une personne pour le remplacer temporairement. Ensuite, la Jordanie, Israël et les Palestiniens seront informés, puis nous organiserons des élections pour un nouveau patriarche », a-t-il poursuivi, estimant que le remplaçant intérimaire pourrait être désigné dès lundi.
Plus tôt dans la journée, un conseiller juridique a affirmé à l’AFP qu’Irénéos pourrait intenter une action devant des tribunaux internationaux en cas de décision défavorable au synode d’Istanbul.
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