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Actualités - Reportage

MODE TENDANCE Un été «do it yourself» (Photo)

Crochet, raphia, perles de bois ou de toc nacré, perles de tissus roulées en boule, démesurées autant que les sautoirs, fayots et autres légumineuses, pierres de couleurs, corail chinois, or en fil, laiton et cuivre tressé, les merceries font fortune: c’est l’été du fait main, du bijou émotion qui n’a d’autre valeur que le temps qu’on a mis à le faire. Déjà les maîtresses de maternelles se frottent les mains: les mamans porteront-elles pour une fois le collier de nouilles fabriqué avec amour par leurs tout-petits? Et si le seul luxe était désormais la tendresse? Sérieusement, les accessoires font de plus en plus dans l’humanitaire. C’est généreux, c’est exotique, c’est gai, c’est bourré d’histoires, ça fait de l’objet un sujet de conversation. En même temps que Dior célèbre la saharienne des années 70, il l’accompagne des couleurs de l’Afrique : jaune, vert, rouge, pour célébrer l’année rasta. Campers, le chausseur issu de l’espadrille basque, célèbre la paix avec ses tongs «twins», l’une en forme de colombe, l’autre en rameau d’olivier. Le raphia se décline sur tous les sacs. Il en fait la matière et l’ornement sous forme de fleurs brochées. Le fameux cabas rebrodé de perles se démocratise et s’impose depuis les rayons du Monoprix jusqu’aux vitrines des grands couturiers, en passant par le Sarah’s Bag bien de chez nous et qui reste le plus beau. Pour célébrer la belle saison, qui a besoin de minimalisme ? La seule concession à l’épure se retrouve dans la tendance au cuir métallisé, et encore, il faut que ça brille ! Sinon, quitte à ressembler à la fée Clochette ou à quelque nymphe des sous-bois, laissez-vous recouvrir de végétations fleuries et d’insectes printaniers. Ça met de la bonne humeur dans l’urbain et ça fait tellement plaisir aux enfants! ENCHÈRES L’univers avant-gardiste du couturier Paul Poiret Des enchères exceptionnelles dans le monde de la couture se sont déroulées la semaine dernière à Drouot avec la dispersion de l’univers de Denise et Paul Poiret, couturier avant-gardiste qui a marqué le début du XXe siècle, soit quelque 600 vêtements et objets conservés précieusement dans la famille. Toutes les pièces de la vente, qui a lieu presque 100 ans après le mariage de Denise Boulet avec Paul Poiret (5 octobre 1905), ont été conservées par trois générations de femmes, à commencer par Denise, qui a divorcé en 1928 du couturier, sa fille Perrine et sa petite-fille Sophie, qui a pris la décision de s’en séparer. Témoin de l’importance de cette vente, la mobilisation des musées français et étrangers présents à Paris. «Ce qui fait également la rareté de la vente, c’est que pour la première fois nous avons des pièces qui datent des premières années de Poiret, alors qu’on trouve plus de choses des années 1920 et 1928», explique à l’AFP Françoise Auguet, experte de la vente. Sophie Grossiard, conservateur au musée Galliera, chargée des collections de la première moitié du XXe siècle, juge effectivement que «la période faste de Poiret se situe avant 1914». Paul Poiret, personnage haut en couleur, a rayonné sur la mode et la vie parisienne. Il a encouragé «ses clientes à supprimer le corset au profit de hautes ceintures baleinées, pour des robes au style Directoire», rappelle François Baudot dans Poiret (éd. Assouline). Mais il a aussi inventé la jupe entravée. «Il a rompu avec l’esthétique du XIXe siècle en donnant une nouvelle image de la mode, en injectant des couleurs, en revisitant des pièces ethniques rapportées de voyages», souligne Lydia Kamitsis, commissaire d’exposition indépendant. Les Poiret ont beaucoup voyagé aussi pour présenter les collections en Europe et outre-Atlantique. Sophie Grossiard explique que ce qui la «frappe», c’est que «Denise Poiret était une styliste dont l’allure était en rupture avec l’époque». Elle associait par exemple, robes et bottes cavalières. Paul Poiret a étendu le champ de la création de mode, devenant le premier à inventer le concept global mode-maison-parfum-publicité, toujours appliqué aujourd’hui par le monde du luxe. Il a collaboré avec Raoul Dufy. L’une des pièces majeures de la vente est d’ailleurs un manteau du soir de 1911 (estimé entre 15000 et 20000 euros) dont le décor est signé du peintre français. Il va ouvrir l’atelier d’art «Martine», en référence à sa deuxième fille, réservé à des jeunes filles douées mais de milieu modeste qui dessineront de nombreux décors pour la maison, le mobilier, les tissus ou le parfum. Poiret lancera en effet le premier parfum de couturier, baptisé «Rosine», du prénom de sa fille aînée, en 1911. Il reste enfin dans les mémoires comme un grand organisateur de fêtes. «C’est le premier couturier mondain qui participait à la vie du tout-Paris, dépassant le simple statut de fournisseur», souligne encore Lydia Kamitsis. Lorsqu’elle quitte son mari, Denise emporte avec elle tous les modèles que Paul Poiret a créés pour celle qui a été à la fois sa muse, sa confidente, son modèle idéal. Le couturier photographie beaucoup sa femme dans ses tenues. Certains acheteurs pourront repartir avec une reproduction de leur acquisition, comme «Delphinium», robe-tunique d’été rebrodée de 1912. Paul Poiret a gagné des fortunes avant de tout perdre : vente de ses tableaux en 1925, fermeture de sa maison en 1929. Il est mort dans la misère en 1944. Dans les années 20, ses robes orientalistes ne sont plus en vogue. Chanel a pris le relais de la gloire avec des silhouettes plates de garçonnes. Source : fashionMag.fr NEWS «Rosy», le rosé en string Le lancement de la «collection été 2005» par la cave coopérative des vignerons Baixas, au nord-ouest de Perpignan, a déclenché le scandale : la bouteille d’un nouveau rosé, le Rosy, sérigraphiée d’un bikini-string rayé, provoque la colère de certaines, au nom du féminisme mais aussi de la «tradition» du vin. Une manifestation, organisée pendant les vacances de Pâques, n’a réuni qu’une douzaine de personnes mais fait, depuis, couler l’encre et le «Rosy» à grands flots. Menées par Michèle Marty, 65 ans, chroniqueuse de l’histoire de la vigne et du vin à France-Bleu Roussillon, les manifestantes, en boa à plumes, ont visé la vitrine d’une épicerie fine d’enseigne parisienne, où trônait «Rosy». La chroniqueuse a «tagué» symboliquement la vitrine au blanc d’Espagne (un paradoxe pour lutter contre un rosé français), une plume d’autruche en guise de pinceau, au nom d’un collectif appelé «plume aux fesses». «Un coup de balai virtuel» sur l’objet du délit machiste, explique-t-elle. «J’ai été physiquement agressée par cette bouteille , a déclaré Michèle Marty. Beaucoup sont choqués et n’osent pas le dire, car aujourd’hui il faut être branché, et les femmes n’osent pas parler, le féminisme est objet de quolibets.» Pour elle, «de nouveau on vend un produit en se servant du corps de la femme; un malheur pour un produit noble comme le vin. On empoigne une bouteille, comme on empoigne une femme, après l’avoir mise au frais.» «Le lendemain de la manifestation, nos ventes ont explosé, explique-t-on cependant chez le caviste visé, on a vendu 100 bouteilles en deux jours et 75% des acheteurs sont des femmes, qui demandent : “Où est le rosé du scandale?”» Le directeur de la cave de Baixas, Jean-Claude Pedrol, a le sourire: «Nous avions fait un premier tirage de 50000 bouteilles, dont nous avons déjà vendu 20000 cols. On va faire un deuxième tirage de 30000, car l’été n’a pas encore commencé. Nous avons décidé de réagir à la crise vinicole en tentant de conquérir une clientèle plus jeune, plus ludique. Rosy est l’une des réponses, un vin pour une ambiance de plage, autour d’une salade d’été ou d’une grillade, mais toujours avec modération», explique-t-il. «L’image n’est pas tout, et nous avons décidé d’élaborer un vin de qualité d’un fruité très spécial et unique (...) l’équilibre semble avoir été trouvé puisque Rosy a eu une médaille d’argent au concours mondial 2005 des rosés, à Cannes. Les attaques ne visent que nos mollets, alors nous continuons d’avancer», argumente-t-il. «La marque et le concept ont été déposés, ce qui va nous permettre de décliner chaque année des cuvées en accord avec la mode des maillots de bain, d’ailleurs, peut-être masculins pour certains. De toute façon, l’image féminine, très allusive et discrète d’ailleurs, va fort bien à ce vin, dont on peut dire qu’il a un beau corsage sur de fines jambes. N’a-t-on pas depuis toujours parlé de cuisse, ou de rondeurs féminines pour caractériser les meilleurs crus? Nous avions déjà répondu sans peur à ce type de critiques puisque nous lançons parallèlement une gamme de vins doux naturels, muscat et rivesaltes, sous le signe de l’or, et baptisés: “euphORique, incORrrect et immORal”», conclut-il. Stella McCartney va créer une collection pour H&M cet automne Un an après Karl Lagerfeld, c’est au tour de la styliste Stella McCartney de collaborer avec H&M pour la saison 2005 dès l’automne prochain. Environ quarante modèles pour la femme en édition limitée seront réalisés et commercialisés sous l’appellation «Stella McCartney for H&M». Margareta van den Bosch, responsable du design au sein du groupe suédois, admire le style de Stella McCartney: «Ses créations sont modernes et vaporeuses, à la fois intemporelles et portables. Nous sommes des admirateurs de longue date de son sens de la coupe et de la féminité.» Ravie que la jeune créatrice signe une partie de la prochaine collection H&M, Margareta van den Bosch ajoute que «des enquêtes de consommateurs ont confirmé la renommée de sa marque. Nous sommes impatients d’offrir à nos clients cette collaboration unique». Pour la créatrice, dont la marque éponyme est déjà distribuée dans 43 pays, la finalité de cette association est simple: «Créer une collection unique pour H&M est un des moyens les plus excitants et innovants de faire découvrir mes vêtements à un public féminin plus large.» La styliste n’en est d’ailleurs pas à sa première collaboration puisqu’elle a déjà lancé une ligne de sport avec Adidas. Disponible dès le mois de novembre à travers l’Europe et les États-Unis, la collection sera distribuée dans une sélection de boutiques H&M parmi les 1 100 existantes. FIFI ABOU DIB
Crochet, raphia, perles de bois ou de toc nacré, perles de tissus roulées en boule, démesurées autant que les sautoirs, fayots et autres légumineuses, pierres de couleurs, corail chinois, or en fil, laiton et cuivre tressé, les merceries font fortune: c’est l’été du fait main, du bijou émotion qui n’a d’autre valeur que le temps qu’on a mis à le faire. Déjà les maîtresses de maternelles se frottent les mains: les mamans porteront-elles pour une fois le collier de nouilles fabriqué avec amour par leurs tout-petits? Et si le seul luxe était désormais la tendresse?
Sérieusement, les accessoires font de plus en plus dans l’humanitaire. C’est généreux, c’est exotique, c’est gai, c’est bourré d’histoires, ça fait de l’objet un sujet de conversation. En même temps que Dior célèbre la saharienne...