Le député britannique George Galloway et le sénateur français Charles Pasqua ont démenti hier les accusations d’une commission américaine selon lesquelles ils auraient touché des pots-de-vin de Saddam Hussein. Une commission du Sénat américain enquêtant sur le programme onusien « pétrole contre nourriture » a accusé mercredi George Galloway d’avoir touché pour quelque 20 millions de bons d’achat de barils de pétrole et Charles Pasqua d’en avoir touché 11 millions. Pour illustrer ses accusations, la commission a publié plusieurs dizaines de pages de photocopies de documents et de transcriptions d’entretiens conduits par les employés de la commission avec des personnalités irakiennes.
Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur ayant servi dans les anciens gouvernements de l’actuel président français Jacques Chirac, a réagi en rappelant dans un communiqué qu’« au mois de janvier 2004, les listes de 270 bénéficiaires supposés de “bons de pétrole” dans le cadre du programme “pétrole contre nourriture”, voté par le Conseil de sécurité des Nations unies, ont été publiées en Irak par le journal al-Mada ». « Le rapport publié ce jour par la sous-commission d’enquête du Sénat des États Unis reprend en grande partie ces éléments. Je les démens une fois de plus. » George Galloway a pour sa part dénoncé hier dans un communiqué les « calomnies » d’une « commission lèche-bottes républicaine, agissant selon les désirs du (président américain) George Bush » et « cherchant à calomnier ceux qui se sont opposés à leur politique de guerre en Irak et qui ont eu raison ». Il a assuré avoir demandé, en vain, à plusieurs reprises, par lettre et courrier électronique, à être entendu par la commission. Hier, un responsable parlementaire américain l’a invité à venir s’expliquer au Congrès américain mardi prochain, invitation qu’il a acceptée.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a, quant à lui, indiqué hier lors d’une conférence de presse qu’il n’avait « pas l’intention » d’ouvrir une enquête sur le député exclu du Labour. Militant de longue date contre le régime des sanctions imposé à l’ancien régime de Saddam Hussein et opposant à la guerre menée par les États-Unis et la Grande-Bretagne en Irak, George Galloway a été exclu du Parti travailliste en octobre 2003. Ce franc-tireur de la politique, aux talents d’orateur hors pair, a pris sa revanche en évinçant aux élections législatives du 5 mai Oona King, députée sortante d’une circonscription à forte population musulmane de l’est de Londres. Oona King, une protégée de Tony Blair, avait voté en faveur de la guerre en Irak.
La France s’est, quant à elle, déclarée être prête à coopérer dans les enquêtes sur le programme « pétrole contre nourriture », mais désapprouve « la manière de procéder » de ceux qui lancent des accusations aux États-Unis, a affirmé jeudi le Quai d’Orsay.
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Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur ayant servi dans les anciens gouvernements de l’actuel président...