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Actualités - Opinion

Analyse - Laborieuse naissance pour le cabinet irakien

La naissance laborieuse du cabinet irakien a révélé la difficulté éprouvée par les groupes politiques nés des élections de janvier de faire des concessions et de gouverner ensemble, estiment des analystes. « Une profonde crise de confiance marque les rapports entre les principaux groupes politiques qui ont tenté chacun et jusqu’au bout d’avoir le maximum », a estimé, dans une déclaration à l’AFP, Nabil Mohammed Salim, du Centre des études internationales de l’Université de Bagdad. Il faisait référence aux marchandages sur les postes ministériels durant les tractations entre les représentants de la liste chiite, de la coalition kurde, du bloc du Premier ministre sortant, le chiite laïc Iyad Allaoui, et des membres d’un groupe sunnite. Dans ce jeu, les demandes faites par la Liste irakienne de M. Allaoui et un groupe de sunnites réunis autour du vice-président Ghazi al-Yaouar ont été jugées excessives par les chiites de l’Alliance unifiée irakienne, dont l’un des représentants, Ibrahim al-Jaafari, est chargé de former le cabinet. Plus que ça, le numéro deux du parti Dawa de M. Jaafari a jugé que le bloc Allaoui, qui a remporté 40 sièges au Parlement de 275 membres, n’a jamais montré d’enthousiasme pour entrer au cabinet et a ensuite compliqué le jeu. « Le bloc Allaoui est responsable du retard. Il a commencé par refuser de faire partie du gouvernement et quand il a changé d’avis, ses membres n’ont cessé d’hésiter et de montrer leurs divergences pour finalement avancer des demandes maximalistes », a déclaré à l’AFP Jawad Maliki. Ce bloc a demandé cinq postes ministériels, dont celui d’un vice-Premier ministre, ce qui a été jugé inacceptable par l’Alliance unifiée irakienne. « De façon générale, les marchandages sur les postes n’ont laissé aux groupes politiques aucune possibilité de discuter d’un programme de gouvernement », a déploré un autre universitaire irakien Hassan al-Bazzaz. Sévère pour les hommes politiques élus en janvier, M. Bazzaz leur a reproché d’« avoir passé leur temps à se partager les trophées de guerre » en évoquant l’insistance des uns et des autres d’avoir le contrôle des ministères importants comme ceux du Pétrole, de l’Intérieur ou de la Défense. Les Kurdes, dont la liste peut compter sur 77 députés et qui ont fait alliance pour former le gouvernement avec la liste chiite (146 élus), ont toujours insisté sur une participation des sunnites, même si ces derniers n’ont envoyé à l’Assemblée que 16 députés après avoir largement boycotté le scrutin. Le président kurde Jalal Talabani est monté au créneau plusieurs fois pour plaider en faveur d’un cabinet d’union nationale, estimant nécessaire un gouvernement réunissant les Kurdes, les Arabes chiites et les Arabes sunnites. Certes, les chiites ont accepté d’inviter des personnalités sunnites au gouvernement conformément à l’accord d’alliance signé avec les Kurdes mais les Arabes sunnites ont exigé sept postes ministériels en plus de celui d’un vice-Premier ministre, demandes jugées excessives également par les chiites. Théoriquement, M. Jaafari a jusqu’au 7 mai, soit un mois après sa désignation, pour former le gouvernement. La pression ne cesse de monter, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour qu’il le fasse rapidement. La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a pressé lundi les dirigeants irakiens à former rapidement un gouvernement. « Ce retard n’est pas dans l’intérêt du pays qui a besoin d’un Exécutif capable de prendre à bras le corps les problèmes du pays », a dit M. Salim. Le quotidien officieux al-Sabah, reflétant les préoccupations de l’opinion, a titré hier : « L’absence de gouvernement peut provoquer une flambée de violence » alors qu’Azzaman, indépendant, constatait simplement que « le pays est sans gouvernement depuis 85 jours ». Mohammed HASNI (AFP)
La naissance laborieuse du cabinet irakien a révélé la difficulté éprouvée par les groupes politiques nés des élections de janvier de faire des concessions et de gouverner ensemble, estiment des analystes.
« Une profonde crise de confiance marque les rapports entre les principaux groupes politiques qui ont tenté chacun et jusqu’au bout d’avoir le maximum », a estimé, dans une déclaration à l’AFP, Nabil Mohammed Salim, du Centre des études internationales de l’Université de Bagdad.
Il faisait référence aux marchandages sur les postes ministériels durant les tractations entre les représentants de la liste chiite, de la coalition kurde, du bloc du Premier ministre sortant, le chiite laïc Iyad Allaoui, et des membres d’un groupe sunnite.
Dans ce jeu, les demandes faites par la Liste irakienne de M. Allaoui...