Des intellectuels de tous horizons communautaires et professionnels ont publié hier un communiqué dans lequel ils ont pris position en faveur d’une application intégrale de l’accord de Taëf (1989), sous la supervision du Conseil de sécurité de l’Onu.
Les signataires sont convaincus que l’appui de la communauté internationale est indispensable à l’application de cet accord, qui revêt des dimensions internes, interarabes et internationales.
Voici le texte du communiqué :
« Le Liban sera à tous les Libanais, ou il ne sera pas. Tous les Libanais y seront égaux en droits.
La souveraineté du Liban sera la leur.
Nous serons indépendants de tous les autres États, sans quoi l’indépendance n’a pas de sens.
« C’est la raison d’être de l’accord de Taëf, dont tous les Libanais sont unanimes à se réclamer. Et parce que l’accord de Taëf était un accord libanais autant qu’arabe ou international, et qu’il a été conclu au cours d’une assemblée parlementaire réunie à Taëf, à l’initiative du sommet arabe de Casablanca, qu’il a été appuyé par le Conseil de sécurité de l’Onu et qu’en outre il a reçu l’appui de la Commission européenne, à Bruxelles ; et parce que l’accord de Taëf, dont l’objectif est d’édifier un État de droit et des institutions, de libérer le sol national et d’étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, n’a pas été appliqué pour des raisons internes et externes enchevêtrées, et que cet accord demeure néanmoins la seule voie connue afin que les Libanais se gouvernent eux-mêmes, et qu’ils parviennent à la liberté, à l’égalité, à la souveraineté et à l’indépendance souhaitée.
« Et parce que, dans ce qui se passe aujourd’hui, l’espoir se mêle aux appréhensions et l’aspiration à l’indépendance aux pièges d’une autre tutelle ;
« Et parce que pour parachever la libération de leur terre et leur État, les Libanais et Libanaises ont besoin, de toute évidence, de l’appui de la communauté internationale, d’autant que l’accord de Taëf implique l’application d’un certain nombre de résolutions et d’accords internationaux.
« Et pour que l’aube que nous voyons poindre ne soit pas une aube factice, mais une aube véritable, une aube attendue par tout Libanais et toute Libanaise.
Les signataires du présent communiqué réclament l’application de toutes les clauses de l’accord de Taëf, sous la supervision du Conseil de sécurité des Nations unies représentant la communauté internationale et non point les intérêts particuliers des États. Cette application doit commencer par l’élaboration d’une loi électorale conforme à l’accord de Taëf et par l’organisation d’élections législatives, unique moyen de reconstituer le pouvoir politique.
Les États frères et amis sont invités à apporter leur contribution dans ce cadre légal et légitime. »
Les signataires du communiqué sont : Amal Traboulsi (arts plastiques), Dr Antoine Berberi, Antoine Boulad (poète), Émile Kanaan (avocat), Jamil Jaroudi (banquier), Jawdat Fakhreddine (poète), Georges Assaf (avocat), Dr Hassane Ramadan, Hassan Hamadé (journaliste), Hussein Zeineddine (professeur universitaire), Ragi Abouhaïdar (avocat), Rahif Fayad (architecte), Rose Husseini (arts plastiques), Rita Chrara (journaliste), Ziad Rahbani (musicien), Sélim Yassine (journaliste), Salah Bakri (avocat), Dr Salah Salman, Talal Husseini (écrivain), Fady Noun (journaliste), Abdel Rahim Abou Hussein (historien), Abdel Hadi Mahfouz (journaliste), Abdallah Zakhya (avocat), Adnane Amine (professeur universitaire), Ali Harb (écrivain), Omar Makki (ingénieur), Ghaleb Mahmassani (avocat), Fouad Daaboul (journaliste), Fadia Hoteit (professeur universitaire), Farès Sassine (professeur universitaire), Farouk Jabre, Dr Fayçal Husseini, Karim Mroué (écrivain), Claude Boueiz (chercheur), Kamal Salibi (avocat), Kamal Yazigi (professeur universitaire), Kamal Karim (avocat), Marlène Nasr (professeur universitaire), Mohammed Matar (avocat), Moussa Kallas (avocat), May Harik (psychothérapeute), Mayada Kenj (professeur universitaire), Nazek Saba Yared (écrivain), Nasser Khalil (avocat), Nada Sehnaoui (arts plastiques), Nizar Saghiyé (avocat), Nour Salman (écrivain), Haytham Amine (professeur universitaire), Wadad Najjar (art dramatique), Walid Arbid (professeur universitaire), Youssef Zein (homme d’affaires).
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