Le nul en Israël (1-1), le quatrième en six matchs de qualifications au Mondial 2006, continue d’engendrer de la frustration chez les joueurs de l’équipe de France de football, mais aussi chez leurs supporteurs qui doutent de plus en plus de leur présence en Allemagne.
« Frustrant » pour Vieira. « Rageant » pour Malouda. « Dommage », pour Domenech. Joueurs et sélectionneur exprimaient mercredi soir, entre une fin de match brûlante et un avion de retour vers Paris, le même sentiment. Celui d’un manque de réussite qui semble les poursuivre depuis le début des qualifications en septembre 2004.
Trezeguet, lui, a fui les micros. Ce qui est peut-être plus parlant encore de la part de celui qui, dimanche, au lendemain du 0-0 devant la Suisse, avait été le seul à s’exprimer devant la presse.
Trezegol, devenu seul 2e meilleur buteur de l’histoire des Bleus en inscrivant son 31e but, fut, d’un coup de tête à l’autre, l’homme-clé de cette rencontre.
Absence préjudiciable
Un match où les Bleus, pas géniaux mais solides, semblaient avoir fait le plus dur en ouvrant la marque par Trezeguet de la tête (50), mais que le Franco-Argentin relança en récoltant un carton rouge pas vraiment discutable pour un geste d’énervement sur un défenseur israélien.
« David Trezeguet a marqué le but qui concrétisait notre domination à ce moment-là et son absence nous a ensuite été très préjudiciable. On s’est retrouvé dans une position difficile mais je n’accuse personne dans ce genre de situation », témoignait Raymond Domenech.
Sauf qu’Israël, à onze contre dix devant un public bruyant, n’a pas laissé passer l’occasion de revenir en fin de match par Badier : une spécialité de la maison, déjà servie à la Suisse (2-2) et l’Eire (1-1), qui a infligé son premier accroc à la défense française. Et sauf que Trezeguet, l’unique buteur des Bleus en 2005, va pénaliser ses coéquipiers en manquant un, voire plus des prochains matchs de qualifications.
Avec le cas Barthez, entre les mains de la commission de discipline de la Fédération française (FFF), cela fait une difficulté de plus pour une équipe de France qui n’est plus qu’un leader en sursis du groupe 4.
Avec 10 points, les Bleus devancent Israël (2e) à la différence de buts particulière, mais n’ont plus qu’un point d’avance sur la Suisse et l’Eire, deux équipes qui ont joué un match de moins. Le championnat à quatre n’a donc pas évolué et les Bleus n’ont toujours pas réussi à décrocher qui que ce soit.
« Tout est possible »
On savait, après leurs trois 0-0 à Saint-Denis contre Israël, l’Eire et la Suisse, qu’il leur faudrait aller se qualifier à l’extérieur. On sait maintenant où : à Dublin en septembre et à Berne en octobre avec, bien sûr, l’absolue obligation de battre les îles Féroé et Chypre en France.
« Mathématiquement, concède Vieira, on ne progresse pas. Mais tant que mathématiquement tout est possible, la confiance reste là. »
Une confiance que les Bleus trouvent notamment dans la première heure de jeu. « Jusqu’au premier but, on a eu des occasions et le monopole du ballon », rappelle Domenech, satisfait par son système en 4-3-3 mis en place samedi.
« C’est une formule intéressante, note le sélectionneur. Je ne suis pas figé sur une situation. Je suis content de voir que cela a fonctionné, et même très bien fonctionné, jusqu’à l’exclusion de Trezeguet. »
Une bonne nouvelle pour les Bleus qui, en septembre, espèrent cette fois compter sur Thierry Henry. Le Gunner, victime d’une élongation au mollet gauche le 9 mars et qui n’aura disputé aucun des deux matchs, n’est sans doute pas le moins frustré de son séjour en sélection.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats