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La démocratie, œuvre ininterrompue ou panacée universelle ?

La démocratie est-elle la fin de l’histoire ? « Je ne sais pas ce qu’est la fin de l’histoire et je ne vois pas comment l’histoire pourrait avoir une fin. Ceci me paraît absurde parce que cela signifierait qu’il y aurait un moment de l’histoire où l’imagination de l’homme et sa créativité s’interrompraient. On parle beaucoup de démocratie en ce moment, mais la démocratie n’est pas un régime parfait et penser que l’on puisse s’arrêter à la démocratie, un peu comme Dieu fut satisfait de sa création, me paraît absurde. L’ordre de la Cité est perfectible à l’infini », répond Bertrand Badie. « En plus, tout ce qui est inventé par l’homme devient très vite sujet de corruption, de retournement, voire de perversion. La démocratie est une œuvre ininterrompue qui implique d’abord de l’adapter aux données changeantes de la vie internationale », dit-il. « Le grand défi de la démocratie aujourd’hui est de remédier aux inégalités transnationales. Les populations migrantes qui arrivent dans les pays riches et qui sont accueillies de manière non démocratique constituent ainsi un terrible paradoxe. Au nom de la démocratie, on accueille comme citoyens de seconde zone des individus qui arrivent avec une identité incertaine. Autre exemple : au nom de la démocratie et de la souveraineté, on considère que les États n’ont de responsabilités que par rapport à leur peuple et on laisse aller à la mort des millions de personnes en les affamant ailleurs ou en se satisfaisant de leur malnutrition chronique. On est donc loin de la fin de l’histoire : le véritable chantier est de construire, comme le préconise Kofi Annan, une démocratie à l’échelle du monde », poursuit M. Badie. « Ce qui m’effraie, c’est qu’à partir d’un vent qui vient essentiellement des États-Unis, l’on oppose la démocratie (et pire encore le mot de démocratie) à toutes les situations que l’on réprouve. Un peu comme une panacée universelle. Or la démocratie ne s’impose pas de l’extérieur. Elle ne fonctionnera que si elle est inventée par ceux sur lesquels elle s’exercera, que si elle est sincère et non un stratagème politique », ajoute-t-il.
La démocratie est-elle la fin de l’histoire ?
« Je ne sais pas ce qu’est la fin de l’histoire et je ne vois pas comment l’histoire pourrait avoir une fin. Ceci me paraît absurde parce que cela signifierait qu’il y aurait un moment de l’histoire où l’imagination de l’homme et sa créativité s’interrompraient. On parle beaucoup de démocratie en ce moment, mais la démocratie n’est pas un régime parfait et penser que l’on puisse s’arrêter à la démocratie, un peu comme Dieu fut satisfait de sa création, me paraît absurde. L’ordre de la Cité est perfectible à l’infini », répond Bertrand Badie.
« En plus, tout ce qui est inventé par l’homme devient très vite sujet de corruption, de retournement, voire de perversion. La démocratie est une œuvre ininterrompue qui implique d’abord de...