La révélation d’une piste allemande dans l’enquête sur les attentats de Madrid fait craindre que ce pays ait de nouveau servi de base arrière à des terroristes islamistes, dans le sillage de la « cellule de Hambourg » qui avait servi à préparer les attaques aux États-Unis en 2001.
Le parquet fédéral allemand, qui a ouvert une enquête à la suite d’indices livrés par les autorités espagnoles, a toutefois affirmé hier qu’au vu de l’état actuel des investigations, « une planification ou une préparation des attentats de Madrid à partir de l’Allemagne ne pouvait être confirmée ».
Deux semaines après les attentats islamistes de Madrid, les enquêteurs ont remonté une piste jusqu’à la Hesse, dans le centre de l’Allemagne: jeudi soir, une fouille a été effectuée à Darmstadt dans un appartement où a vécu un Marocain arrêté mercredi par la police espagnole, selon le parquet fédéral qui s’est saisi de l’affaire. D’autres suspects arrêtés depuis mercredi en Espagne auraient vécu ou séjourné en Allemagne où ils faisaient partie d’un groupe présent en particulier en Hesse et dans la zone frontalière avec la France, selon plusieurs médias.
L’Allemagne a déjà joué un rôle clé dans les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis en abritant à Hambourg (Nord) une cellule de préparation, dont sont issus trois des kamikazes des attaques contre New York et Washington. Accusée d’avoir minimisé le danger de ce groupe, dont certains avaient été repérés dès 1999 par les renseignements intérieurs, l’Allemagne a, depuis, multiplié enquêtes, mandats d’arrêt, quadrillages informatiques, perquisitions et gels de comptes.
Pourtant, quelque 270 islamistes diposés au terrorisme sont toujours implantés sur son territoire, d’après les services de renseignements. Le problème des autorités allemandes n’est pas tant l’observation du milieu islamiste, dont la connaissance « a décuplé depuis le 11 septembre 2001 » selon un enquêteur, que la poursuite des suspects qui bénéficient de lois très soucieuses des libertés. Aussi, faute de pouvoir remplir les exigences très strictes de preuves du système allemand, la justice a dû acquitter en février un complice présumé des attentats du 11 septembre 2001, Abdelghani Mzoudi, et a cassé le verdict du seul détenu au monde dans le cadre de ces attaques, Mounir el-Motassadeq.
Outre les entraves juridiques, l’Allemagne se heurte à des obstacles pratiques, selon un syndicat de la police qui estime que l’observation complète d’un seul terroriste nécessiterait la mobilisation quotidienne de vingt hommes.
La découverte d’une piste allemande dans l’enquête madrilène intervient alors que le pays s’est engagé dans une réflexion sur les moyens de remédier aux failles de son système antiterroriste, dans le cadre d’un débat sur le vote d’une nouvelle loi sur l’immigration.
Par ailleurs, selon un rapport des services secrets portugais, le Portugal est utilisé par des groupes islamiques extrémistes comme base de soutien et de financement pour des cellules implantées dans d’autres pays.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La révélation d’une piste allemande dans l’enquête sur les attentats de Madrid fait craindre que ce pays ait de nouveau servi de base arrière à des terroristes islamistes, dans le sillage de la « cellule de Hambourg » qui avait servi à préparer les attaques aux États-Unis en 2001.
Le parquet fédéral allemand, qui a ouvert une enquête à la suite d’indices livrés par les autorités espagnoles, a toutefois affirmé hier qu’au vu de l’état actuel des investigations, « une planification ou une préparation des attentats de Madrid à partir de l’Allemagne ne pouvait être confirmée ».
Deux semaines après les attentats islamistes de Madrid, les enquêteurs ont remonté une piste jusqu’à la Hesse, dans le centre de l’Allemagne: jeudi soir, une fouille a été effectuée à Darmstadt dans un appartement où...