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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

La morale de La Fontaine Je ne peux m’empêcher de faire l’éloge de Monsieur de la Fontaine, car il possédait un sens d’observation aigu des mœurs humaines. Les temps passent, mais la morale de ce poète reste la même. Prenons comme exemple la fable Les animaux malades de la peste et faisons un parallèle avec la situation que traverse le Liban aujourd’hui. Supposons que le Liban soit un pays malade de la peste et que le lion du pays voisin tient donc conseil et demande que les coupables soient punis pour obtenir la guérison commune. En passant, le lion fait son mea culpa en reconnaissant que des erreurs ont été commises de sa part. Mais les renards, les tigres et les ours du Liban lui répliquent à l’unisson que le lion est trop bon roi et que ses scrupules font voir trop de délicatesse. Ainsi, disent-ils, vous fîtes, seigneur, beaucoup d’honneur en croquant les moutons du Liban, et gare à ceux qui manquent de gratitude à votre égard. Tous les gens querelleurs, aux dires des loyalistes, étaient de petits saints. Un phénix du pays du Cèdre, d’une envergure internationale et d’une philanthropie sans pareille, vint à son tour et avoua avoir goûté au remède de la 1559 pour guérir le pays de la peste. À ces mots, on cria haro sur ce maudit patriote dont le crime abominable est d’avoir l’audace de réclamer l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban. Rien que la mort n’était capable d’expier son forfait : on le lui fit bien voir, hélas, en le brûlant vif. Mais malgré l’injustice flagrante de ce monde, je voudrais conclure sur une note d’optimisme : le phénix renaît toujours de ses cendres. Dr Karim S. REBEIZ Hommage à la grande muette Je ne suis pas seulement interloquée, mais bel et bien offusquée, et c’est peu dire, par les propos de M. Abdel Rahim Mrad. Je passe sur sa mauvaise foi, mais je ne peux occulter le fait qu’il dénigre notre armée. Notre armée, cette grande muette, forte de ses 70 000 éléments, restructurée à coups de centaines de millions de dollars, « serait incapable de combler le vide que laisseront la dizaine de milliers de soldats syriens en cas de retrait total de la Békaa » (Mrad dixit) et de protéger un pays de 10 452 kilomètres carrés. Lui a-t-on donné l’occasion de montrer ce dont elle est capable? Le seul rôle qui lui a été attribué est celui « d’agent de police ou de perquisitions dans les demeures de trafiquants de drogue » (re-Mrad dixit). Est-ce là le rôle d’une armée aussi motivée que la nôtre ? Cette armée dont nous sommes fiers a été, depuis plusieurs gouvernements, réduite à l’inactivité et au silence, et enrageait de ne pouvoir jouer le rôle qui est le sien. Non, Monsieur, l’armée, notre armée, mérite bien plus que cela. Elle mérite des éloges et des encouragements. Elle est formée de « soldats jeunes pour pouvoir s’acquitter d’une tâche remplie jusqu’à présent par des soldats aguerris » (re-re-Mrad dixit). L’avez-vous mise à l’épreuve avant d’avancer une ineptie pareille ? Oubliez-vous la fougue de la jeunesse, déterminée à redonner l’indépendance à son pays ? Cette jeunesse sera encadrée par des soldats aguerris, oui. Si vous doutez tellement de sa capacité, c’est à vous, messieurs les ministres de la Défense successifs, qu’il faut attribuer cette carence, c’est vous qui en êtes responsables. Quant à moi – et je ne suis pas la seule, loin de là –, je suis fière de notre armée, de nos soldats. Cette grande muette a toute ma confiance, et je la salue bien bas. Mona KOUYOUMJI Et après ?… La Syrie va achever le retrait de ses troupes et de ses moukhabarate du Liban. Le Conseil de sécurité va décider la création d’une commission d’enquête internationale qui révélera la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri. Un tribunal international sera mis sur pied pour juger les criminels. De nombreuses têtes politiques et sécuritaires seront traduites en justice. Les élections législatives auront lieu. Les « souverainistes » rafleront la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Un gouvernement « souverainiste » verra le jour. Les relations avec la Syrie seront plus « chaleureuses » que jamais. L’armée israélienne se retirera des hameaux de Chebaa. Le Hezbollah remettra ses armes à l’armée régulière. Le général Aoun reviendra de son exil et Samir Geagea sera gracié. Et après ?… Le programme commun basé sur « les chantiers de l’indépendance ». L’État de droit. Les camps palestiniens. Les 40 milliards de dollars. L’autre Liban, celui sur lequel le soleil ne se couche jamais. Tout ce rêve repose sur une seule condition : l’unité de ceux qui réalisent aujourd’hui le « printemps du Liban ». Pour le Liban, restons unis. Poursuivons l’intifada de l’indépendance par un programme commun. Raymond NAMMOUR Côte d’Ivoire À quand une CNSS moderne ? Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie (j’ai 80 ans). N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie (faire une longue queue et à plusieurs reprises à la Sécurité sociale – le centre où je suis inscrit ressemble plutôt à une annexe de caserne – pour encaisser une facture médicale, modique mais énorme pour ma petite bourse, et me voir toujours remballer avec un bourru « Revenez demain, nous ne trouvons pas votre dossier... ») ? Depuis une trentaine d’années, on entend parler d’informatiser la Sécurité sociale sans résultat palpable à ce jour. Serait-ce donc un leurre malvenu pour aiguiser la patience des adhérents les moins nantis de cet organisme, qui brasse des milliards de livres, reléguant aux oubliettes cet outil de gestion moderne devenu incontournable pour la bonne administration des services de santé ? Le Dr Rida Wahid, ancien directeur général de la CNSS, a été le premier initiateur de l’idée d’informatiser cette administration et a été même jusqu’à la doter du matériel adéquat à cet effet, enterré par la suite dans les caves de Chiyah et devenu désuet aujourd’hui. Je suis un adhérent qui souffre de voir la Sécurité sociale se débattre dans les affres d’une gestion malheureuse et archaïque. Un lecteur qui a voix au chapitre La voix de la majorité silencieuse Mesdames, Messieurs de la rédaction, Encore une fois merci, vous avez donné une voix à la majorité silencieuse. En nous permettant de nous exprimer, vous nous donnez le plus bel exemple de démocratie à dimension virtuelle, votre forum était notre vigile aux chandelles et nous a rapprochés de nos compatriotes dans ces moments historiques... Si le Liban renaît, c’est un peu aussi à cause de votre passion et votre ténacité au cours des années à servir la justice à tout prix et à tous risques. Jean-Claude DELIFER Montréal – Canada Nostalgique, malgré tout Me revoilà. Vous dire tout ce que j’ai sur le cœur ? C’est impossible. Nous avons quitté le Liban en 1969 et, depuis ce jour, je vis comme si je me trouvais dans mon pays. Toujours à la recherche de nouvelles. J’ai suivi l’atroce guerre depuis ici. Je suis même venue au Liban en 1985, et j’ai entendu et vu les bombes. J’y suis retournée en 97. Tout était beau. En septembre 2004, j’y suis retournée et, en sept ans, j’ai trouvé que le Liban avait beaucoup changé, en mieux, Le centre-ville m’a émerveillée. C’est la plus belle ville au monde, mon pays c’est le plus beau. J’ai même pensé vendre ma maison ici pour en acheter une là-bas. Et maintenant… Les Syriens sont en train de quitter ? Ah oui ? Vous y croyez, vous ? Pas nous. Je suis toujours branchée sur CNN nuit et jour. Ils ont donc oublié que le peuple libanais est le peuple le plus «smart » ? Je suis révoltée, j’ai trop de peine. Ici, nous avons la liberté, Mon Dieu, qui va nous délivrer de cette occupation ? Marie KHOURY États-Unis La résistance du cèdre Bravo, le peuple libanais ! Je prie Dieu pour continuer à donner au peuple libanais la résistance du cèdre, la persévérance de l’océan et des montagnes, qu’Il apporte son aide à ce peuple qui mérite tant la paix ! Gisèle ALMEIDA Économiste - São Paulo (Brésil) Fort comme un peuple On écrit çà et là que le Liban a besoin d’un homme fort. Un seul homme, aussi fort soit-il, pourrait-il résister longtemps à l’intimidation et au meurtre ? voyez que le seul homme capable de cette prouesse, c’est le peuple. On assassine un homme, on ne peut pas assassiner tout un peuple. Il vous appartient donc de vous installer rapidement au pouvoir, selon les règles démocratiques, rassemblés et unis autour du seul intérêt du Liban pour que soit enfin représentée la volonté libanaise. On vous intimide ? Montrez pacifiquement votre force, c’est une arme redoubtable, qui mobilise non seulement les Libanais, mais aussi les amitiés extérieures. Jacqueline PETMEZAKIS Ma sœur Depuis ton plus jeune âge Tu me fais la guerre Depuis des décennies J’essaie de mettre un terme à nos discordes, En vain. La vie est pourtant si courte Si fragile ! Pourquoi nous entretuer sans cesse ? Pourquoi ne pas mettre en commun notre énergie Pour survivre, Chacun de son côté, Mais ensemble ? Ma sœur, Quand on a côtoyé la mort de près, Quand on se bat, qu’on lutte pour sa vie On réalise combien celle-ci est précieuse On sait combien celle-ci est fragile La vie est si belle à l’extérieur Pourquoi nous la compliquons-nous ? Construire est bien plus intéressant que détruire, Et bien plus beau ! Unissons nos efforts pour le bien de nos communautés Pour le bien de tous. Unissons nos efforts pour vivre Et bien vivre Chacun de son côté Mais ensemble. Chacun de son côté, mais ensemble, On grandira. Nicole ABDUL-MASSIH Montréal

La morale de La Fontaine

Je ne peux m’empêcher de faire l’éloge de Monsieur de la Fontaine, car il possédait un sens d’observation aigu des mœurs humaines. Les temps passent, mais la morale de ce poète reste la même. Prenons comme exemple la fable Les animaux malades de la peste et faisons un parallèle avec la situation que traverse le Liban aujourd’hui.
Supposons que le Liban soit un pays malade de la peste et que le lion du pays voisin tient donc conseil et demande que les coupables soient punis pour obtenir la guérison commune. En passant, le lion fait son mea culpa en reconnaissant que des erreurs ont été commises de sa part. Mais les renards, les tigres et les ours du Liban lui répliquent à l’unisson que le lion est trop bon roi et que ses scrupules font voir trop de délicatesse. Ainsi, disent-ils, vous...