«Un chant du cygne, un cri d’agonie. » C’est par ces termes que le député Bassem Sabeh a réagi hier aux propos de celui qu’il a appelé « le coordinateur des services au Liban », le général Jamil Sayyed.
Selon M. Sabeh, le général Sayyed est mal placé pour dénoncer le système confessionnel, puisqu’il en a été « l’un des principaux piliers » depuis l’accord de Taëf. « Qui est responsable de la distribution de tracts confessionnels dans les rues de Beyrouth et dans les différentes régions du Liban ? Qui est responsable de la manipulation de certains dignitaires religieux, des campagnes, des haches et des machettes, et même de la distribution d’armes à Beyrouth et dans d’autres régions du pays ? Qui a initié à la discorde confessionnelle ? Qui organise cette discorde, que ce soit avant ou après la mort de Rafic Hariri ? N’est-ce pas les services ? » a demandé Bassem Sabeh au général Sayyed. « Ils gardent et protègent ce régime », a-t-il souligné.
« Mais le régime sécuritaire est en train de s’effondrer progressivement. Il est donc normal que l’on entende crier ceux qui ont mal. C’est la nouvelle réalité du pays. Il hurle au nom de tous les services au Liban pour pleurer la chute du régime sécuritaire », a poursuivi le député.
Concernant la démarche à caractère judiciaire du général Sayyed, M. Sabeh a estimé qu’il s’agissait là de l’acte de « quelqu’un qui agonise », de « propos destinés à la consommation locale ».
« Combien de ministres M. Sayyed a-t-il nommés, que ce soit dans ce cabinet ou dans les cabinets précédents ? En tant que responsable sécuritaire, peut-il me dire quelle est la partie qui a adressé il y a quelques années une lettre au président Hariri, en lui disant qu’il avait le choix entre trois options : quitter le pays, entrer en prison ou mourir au Liban ? Il est sans doute au courant de cela », a conclu le député.
De son côté, le député Marwan Hamadé a estimé que le général Sayyed « ne mérite pas qu’on donne à ses propos l’ampleur d’un communiqué numéro 1 ». « Il est le symbole finissant d’un pouvoir finissant », a-t-il indiqué. « Il tente, à travers les menaces et les insultes (...) de sauver sa peau du procès pénal qui l’attend au moins par négligence », a-t-il poursuivi, qualifiant le brigadier d’« instigateur ». « Il a été l’un des instigateurs de la détérioration des relations entre la Syrie et ses alliés au Liban, et le principal instigateur contre Hariri », a-t-il ajouté.
« Le général Sayyed traite avec le Liban et la politique comme si une autre Constitution avait remplacé Taëf (...), comme si lui et son service pouvaient s’ingérer à tous les niveaux », a-t-il ajouté, appelant Omar Karamé à « traiter ce fonctionnaire comme il faudrait le faire, c’est-à-dire à prendre immédiatement des mesures, à présenter une note d’information contre M. Sayyed pour complot contre le pays, transgression de la Constitution et volonté de coup d’État ».
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