Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, a présenté un budget optimiste et généreux hier à la Chambre des communes, à quelques semaines des élections législatives, attendues début mai.
Alors que l’opposition conservatrice l’accuse de ne pas avoir les moyens de sa politique, il a écarté l’hypothèse d’une forte hausse des impôts tout en multipliant les mesures populaires et en vantant son bilan depuis 1997, l’atout maître des travaillistes dans la campagne.
« La Grande-Bretagne vit sa plus longue période de croissance continue depuis que cette statistique a été créée en 1701 », a souligné le chancelier de l’Échiquier en prenant la parole.
« Pour résumer, l’inflation est au plus bas depuis 30 ans, le taux d’emploi n’a jamais été aussi haut, et le niveau de vie a progressé de 3 % par an en moyenne depuis 1997 », a ajouté Gordon Brown, qui est le chancelier de l’Échiquier resté le plus longtemps à son poste sans interruption de toute l’histoire britannique.
Fort de ces performances, Gordon Brown a maintenu sa prévision de croissance pour 2005 entre 3 % et 3,5 %, et celle pour 2006 entre 2,5 % et 3 %. Des chiffres que la plupart des économistes jugent trop élevés, tablant plutôt sur un taux de 2,5 % cette année.
Il a maintenu également sa prévision d’inflation à 1,75 % pour 2005 et 2 % après 2006, et abaissé sa prévision de déficit public pour 2005/06, à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) contre 2,7 % auparavant.
Gordon Brown a surtout assuré qu’il allait terminer l’exercice 2004/05 avec un surplus de 6 milliards de livres, alors que les conservateurs dénoncent depuis plusieurs mois un trou de 11 milliards dans les finances publiques.
Loin des recommandations du Fonds monétaire international et de la Commission européenne, qui ont récemment invité le Royaume-Uni à moins dépenser à l’avenir, le ministre travailliste a annoncé nombre de mesures sociales.
Les premiers bénéficiaires sont les personnes âgées, de plus en plus nombreuses parmi les électeurs: les plus de 65 ans bénéficieront, par exemple, d’une remise de 200 livres par an sur la Council Tax, les impôts locaux, dont les récentes hausses avaient été très mal reçues dans le pays.
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