Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Isabelle Mautner-Markhof, épouse de l’ambassadeur d’Autriche.
Isabelle Mautner-Markhof, une femme « d’autrefois » !
«Je pars dans quelques jours pour un court voyage. Je vais revoir ma France. » C’est à la veille d’un bref retour aux sources, à sa douce France, que Isabelle Mautner-Markhof nous reçoit, dans son bel appartement, trop citadin à son goût, malgré la vue sur le grand bleu. « Quand je suis arrivée, il n’y avait rien. J’ai pu ramener avec nous les meubles, les livres et surtout les tableaux de nos ancêtres. On a même emmené l’empereur ! » «Je suis quelqu’un d’autrefois », souligne-t-elle. « Quelqu’un de très classique dans mes goûts pour la musique, la littérature et l’architecture. C’est au fin fond de la campagne française, entourée de mes aïeuls et près de mes racines que je me sens le mieux. » À peine débarquée au pays du Cèdre, en septembre dernier, elle part péniblement à la recherche d’espaces verts et de nature, « une maison avec un jardin » ; et trouve un sage compromis dans cet appartement situé dans la zone résidentielle de Rabyé ; elle qui fut bercée par la France profonde, son terroir et ses racines, accompagnée tout au long de ses déplacements professionnels et personnels par les images parfaites de la Suisse et ses lacs, par les images de cartes postales de Vienne, ses châteaux et ses forêts à perte de vue. « En Autriche, tout est propre, rangé, fleuri… J’aime le charme de ce pays, son côté un peu démodé, ancien, élégant ; c’est pour cela que j’ai épousé un Autrichien ! » Franche, directe, mais avec un sourire et une finesse qui édulcorent ses propos, elle se qualifie elle-même d’ « un peu autoritaire mais fidèle ; exigeante car je me prête beaucoup aux gens », en ajoutant : « Il faut que je m’adoucisse ! »
Le droit en maître
« Mon mari et moi avons un parcours très atypique ! » Isabelle Mautner-Markhof, née de Maistre, avoue : « Pour l’instant, je ne me situe pas ! » Outre la découverte d’un pays étranger, dans des circonstances exceptionnelles, elle doit à présent apprendre le doux rôle, trop doux à son goût, d’épouse d’ambassadeur. « Je me suis enfin décidée à changer de casquette. » Avocate depuis 1975, elle a d’abord pratiqué son métier, qu’elle aime encore passionnément, à Genève. « C’est là que j’ai rencontré Georg, il était troisième secrétaire permanent auprès des Nations unies. » Fiancés durant de nombreuses années – « on est un couple qui a mis un certain temps ! J’étais très inquiète d’avoir à abandonner mon métier» –, la jeune avocate poursuit sa carrière pendant que son fiancé est nommé, pour une courte année, premier secrétaire d’ambassade… au Liban, puis à Damas et enfin au Koweït. « Nous nous sommes mariés en 1980, à New York. » New York où le couple s’installe, Georg Mautner-Markhof est conseiller permanent auprès des Nations unies, Isabelle collabore auprès d’un cabinet d’avocats new-yorkais. « Ces 3 années furent passionnantes pour nous deux. » En 1983, c’est le retour à Genève. « Pour moi, le retour au bercail. » Un nouveau cabinet, une fille, Marie-Stéphanie, et le bonheur d’allier les deux responsabilités. Depuis, la vie de cette femme active et moderne, même si, et c’est paradoxal, elle a peur des choses qui vont trop vite, s’est partagée entre Genève et Vienne, que son époux rejoint en 1998. « J’ai su alors ce que c’était d’avoir une carrière. Je n’avais plus ce cocon familial. » Mais avec cette volonté affichée de se battre et de gagner, l’expérience ne sera que plus bénéfique. Cette année, Isabelle Mautner-Markhof a décidé, presque à contre-cœur, de raccrocher sa robe et de tourner la page. « Je l’ai fait petit à petit, j’ai voulu continuer à sentir l’odeur du Palais de justice, poursuivre certains dossiers… C’est comme mourir doucement. »
Une nouvelle vie
Mais elle se reprend très vite et poursuit, avec beaucoup de sagesse, le visage éclairé par un positivisme qui ne semble jamais la quitter : « En réfléchissant, c’est une deuxième vie qui m’est offerte, et dans ces conditions idéales, j’ai beaucoup de chance. Au fond, cette expérience diplomatique va me permettre de comprendre le microcosme des gens et leur manière de fonctionner, dans une certaine facilité. Il faut saisir chaque occasion pour se bonifier, avancer. » Même si certains matins lui paraissent encore un peu vides, après avoir carburé, des années durant, à coup de calendriers chargés et d’horaires impossibles, elle commence à découvrir son nouvel environnement. « Ce qui m’intéresse ici, c’est le contact avec les gens. Nous avons la chance d’être nommés à un poste où tout le monde parle le français. Je me sens très « à la maison ». Et puis, nous vivons avec vous un moment unique. » Même si elle est aussi consciente que la diplomatie, « c’est un monde différent du mien et j’en suis vraiment à mes premiers balbutiements », elle espère, après sa visite à S.O.S Village où « les enfants sont extraordinaires, on ne peut effacer de son esprit leurs yeux ravissants qui vous parlent tout de suite », pouvoir trouver une œuvre au nom de laquelle agir d’une manière concrète et efficace.
Optimiste, « disons que j’y travaille sans cesse », elle confirme, avec une volonté qu’on lui envierait, « finalement, on est ce que l’on veut».
Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Isabelle Mautner-Markhof, épouse de l’ambassadeur d’Autriche.
Isabelle Mautner-Markhof, une femme « d’autrefois » !
«Je pars dans quelques jours pour un court voyage. Je vais revoir ma France. » C’est à la veille d’un bref retour aux sources, à sa douce France, que Isabelle Mautner-Markhof nous reçoit, dans son bel appartement, trop...