On parle du professeur, de l’enseignant, du maître, de la maîtresse d’école, des instituteurs, depuis la garderie jusqu’aux classes terminales et même jusqu’aux bancs universitaires.
Il s’agit toujours de la même personne qui, de l’aurore jusqu’au crépuscule, a charge de la jeunesse de son pays, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Une question m’effleure l’esprit : donne-t-on vraiment toute sa valeur humaine à ce beau titre ?
Le maître, le professeur : les quatre Évangiles évoquent une cinquantaine de fois ce titre décerné à Jésus-Christ. Le maître : quel plus beau titre peut-on Lui décerner ?
Je ne sais quel auteur a dit : « … L’instruction, l’enseignement et l’éducation sont les biens qui sont en nous les seuls impérissables et divins. » Les deux apanages de la nature humaine sont l’intelligence et le raisonnement que le Créateur nous a accordés à notre naissance ; lesquels apanages ont besoin de l’orientation d’un guide : le professeur, qui continue l’œuvre du pater familias.
La mission du professeur consiste à être un guide, un orientateur, un aumônier, un conseiller et un confident, un redresseur ferme et bienveillant ; car l’enseignement est plus qu’une profession ; c’est une véritable mission, une vocation sublime.
La vie du professeur, comme celle du prêtre, est un sacerdoce ; la plus grande responsabilité lui incombe. De même que l’artiste gratte l’argile pour lui donner une forme, l’enseignant donne à l’enfant qu’on lui confie la formation, l’éducation et l’instruction dont il aura besoin dans la vie ; encore que l’instruction soit, à nos yeux, la partie la moins importante de l’éducation.
L’enseignement n’a aucune valeur si l’éducation ne place pas l’homme dans une bonne perspective de la vie ; à ce titre, les plus grands maîtres ont su rester des élèves pour leurs élèves.
« On ne réussit que ce que l’on aime, répétait sans cesse le général Fouad Chéhab à tous ses subordonnés et surtout aux officiers supérieurs. Pour réussir cette si importante mission dans la vie de notre jeunesse, on ne s’improvise pas maître ou professeur ; il faut l’aimer et l’entretenir en se perfectionnant… »
Pasteur disait : » Faire des hommes de nos élèves est un art qui se cultive jour après jour, encore faut-il être conscient de ses possibilités pour pouvoir réussir cette mission si sacrée auprès de la jeunesse. »
Vouons au professeur, à l’enseignant, à l’instituteur et à la maîtresse tout le respect que nous leur devons, reconnaissons-leur ces nuits blanches passées à corriger les devoirs de leurs élèves, à préparer les cours, à donner leurs conférences avec une compétence et une conscience professionnelle dignes de leur culture.
Que dire encore de l’inlassable dévouement de ces maîtres qui ne demandent que reconnaissance et gratitude ?
Le Liban sera ce que l’aura fait l’instituteur du primaire, autant que le professeur d’université. C’est nous, en effet, maîtres d’école qui formons et modelons, suivant les aspirations modernes, les cerveaux de nos élèves ; c’est par nous qu’ils pensent et réfléchissent. Aussi, ne saurons-nous trop les engager à mettre en pratique nos leçons s’ils veulent devenir, un jour, des citoyens utiles à leur pays. Actuellement, la révolution verte du Cèdre leur doit beaucoup.
Quant à vous, élèves, vous avez des professeurs qui ne se ressemblent que par le dévouement et le mérite. Mais chacun à sa manière, son tempérament, sa pédagogie, ils vous prodiguent leurs connaissances avec des trésors d’affection et d’intérêt, ceux de leur esprit, de leur expérience et de leur science.
Ils s’ingénient à être simples et clairs, ne s’interdisent pas d’être spirituels et gais. Ils initient vos facultés naissantes à tout ce que le génie humain a produit de plus beau. Des élèves, quelques-uns peut-être, se plaisent à vivre avec leur professeur en état d’hostilité plus ou moins ouverte. Ça arrive parfois.
Si vous pouviez seulement vieillir tout d’un coup de dix ans, pour quelques heures, et savoir comme nous le savons, nous les anciens, de quelle vénération vous entourerez leur souvenir.
Alors, j’en suis sûr, au lieu de les aimer plus tard d’une sorte d’amour posthume, mêlé de regrets et de remords, vous leur prodigueriez dès maintenant une affection vivante faite de gratitude et de confiance.
Pour leur montrer votre reconnaissance, vous avez un moyen très simple, jeunes gens : écouter docilement leurs leçons, suivre scrupuleusement leurs conseils, vous asseoir à ce festin de la littérature et de la science auquel ils vous convient.
Brigadier François GÉNADRY
Ancien ministre
Ancien commandant de l’École des cadets
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Il s’agit toujours de la même personne qui, de l’aurore jusqu’au crépuscule, a charge de la jeunesse de son pays, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Une question m’effleure l’esprit : donne-t-on vraiment toute sa valeur humaine à ce beau titre ?
Le maître, le professeur : les quatre Évangiles évoquent une cinquantaine de fois ce titre décerné à Jésus-Christ. Le maître : quel plus beau titre peut-on Lui décerner ?
Je ne sais quel auteur a dit : « … L’instruction, l’enseignement et l’éducation sont les biens qui sont en nous les seuls impérissables et divins. » Les deux apanages de la nature humaine...