Le versement de rançons, une politique pertinente pour Rome ?
le 08 mars 2005 à 00h00
Confrontée à l’enlèvement de plusieurs de ses ressortissants en Irak, l’Italie commence à s’interroger sur la pertinence de sa politique, avouée à demi-mot, de versement de rançons aux ravisseurs. Un ministre italien a ainsi jugé « très probable » le versement de plusieurs millions de dollars en échange de la libération vendredi de la journaliste Giuliana Sgrena. « Nous devons repenser notre stratégie en ce qui concerne les enlèvements », a déclaré le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, cité hier par le journal Il Messaggero. Berlusconi a toujours publiquement démenti avoir autorisé le versement de rançons dans les précédentes crises. Tout juste admet-il que son gouvernement a dû faire des « choix difficiles ». En privé, les autorités italiennes reconnaissent que d’importantes sommes d’argent ont été versées en échange des otages. « La fréquence de nos enlèvements a transformé ce qui était auparavant une mesure extraordinaire et d’urgence en une politique banale et naturelle », constate Annunziata, qui fut envoyée spéciale de La Stampa en Irak en début d’année. La Stampa juge également possible que l’Italie ait tenu les États-Unis dans l’ignorance de ses projets pour obtenir la libération de Sgrena de crainte qu’ils ne les entravent. Même si le gouvernement dément officiellement le versement de rançons, des députés de la majorité assument ouvertement cette politique, qui n’a toutefois pas empêché l’exécution de deux otages italiens, Fabrizio Quattrocchi et Enzo Baldoni. Pour Moustafa Alani, expert au Centre de recherches du Golfe basé à Dubaï, « les Italiens en Irak vont être de plus en plus pris pour cibles. Une fois que vous avez pris l’habitude de verser des rançons, cela encourage assurément ce type d’activités ». Pour éviter ce problème, l’Italie a ordonné en février à tous ses journalistes de quitter l’Irak.
Confrontée à l’enlèvement de plusieurs de ses ressortissants en Irak, l’Italie commence à s’interroger sur la pertinence de sa politique, avouée à demi-mot, de versement de rançons aux ravisseurs. Un ministre italien a ainsi jugé « très probable » le versement de plusieurs millions de dollars en échange de la libération vendredi de la journaliste Giuliana Sgrena. « Nous devons repenser notre stratégie en ce qui concerne les enlèvements », a déclaré le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, cité hier par le journal Il Messaggero. Berlusconi a toujours publiquement démenti avoir autorisé le versement de rançons dans les précédentes crises. Tout juste admet-il que son gouvernement a dû faire des « choix difficiles ». En privé, les autorités italiennes reconnaissent que d’importantes sommes...
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