Le minimalisme n’est pas, de prime abord, sa marque déposée. Pour Vicky Haidamous Saad, décoratrice dans un cabinet d’architecture, le style baroque, les velours, la passementerie et les dorures sur bois restent, même de nos jours, des valeurs sûres. Revisitées bien sûr par une inspiration contemporaine.
À son actif, entre autres, un bar en forme de violoncelle, un canapé tout en courbes et vagues en velours moelleux, un autre orné d’applications de macramé, des divans géométriques aux étoffes tissées au «nôl», etc.
Des créations de meubles qui ont ce je ne sais quoi de chaleureux, de féminin, qui est la signature d’une jeune femme dont la passion première a toujours été le stylisme. «En fait, raconte Vicky Haidamous, je suis arrivée à la décoration et au design par pur hasard. Je voulais faire des études de stylisme-modélisme. J’ai entamé dans ce but une année préparatoire à l’Alba, le cursus des études de mode ayant été annoncé pour l’année suivante. Comme il n’a pas été entamé, je me suis retrouvée en publicité.» Ses études bouclées, c’est aussi par les hasards de la vie – son mari est entrepreneur – qu’elle se retrouve en train de collaborer avec des architectes et des architectes d’intérieur. «Rien ne m’avait prédestinée à la décoration, si ce n’est une recherche constante d’harmonie», dit-elle Et de souligner que, pour elle, c’est le cachet que l’on donne à un lieu qui est important. «C’est l’ambiance que je peux apporter. Ce n’est pas un canapé qui vous attire, ce n’est pas une table, ce n’est pas seulement le meuble, c’est l’ensemble, l’impalpable qui s’en dégage.»
Table en T et lit de repos en M
Mais voilà que l’esprit design a rattrapé cette jeune femme qui, au début de sa carrière, ne voulait pas entendre parler du «pur moderne». «Je voulais sortir de tout ce qui est très moderne et trouver dans le passé les éléments de création de formes nouvelles», indique-t-elle.
Sélectionnée pour participer à l’exposition consacrée aux jeunes designers libanais, au Salon du meuble de Paris (qui s’est tenu du 13 au 17 janvier dernier), Vicky Haidamous Saad a conçu spécialement pour cette occasion une ligne de meubles très épurés, inspirée de la fusion entre les lettres arabes et latines. «Je suis partie du principe que le Liban a toujours été un point de rencontre entre les cultures orientales et occidentales, indique-t-elle. À partir de ce concept, j’ai tenté d’intégrer les deux mêmes lettres, arabe et latine, dans notre vie quotidienne et par là dans les meubles et objets usuels. Ici, c’est ma formation en graphic-design qui m’a servie», souligne-t-elle.
Sauf que, fidèle à sa démarche de création du neuf à partir de l’ancien, elle s’est aussi inspirée de certaines traditions orientales, tant au niveau de l’utilisation des pièces que des matériaux ou des principes de fabrication. Elle a par exemple élaboré une console, «ce meuble qui se fond dans les entrées et les patios des maisons en Orient», à partir de la fusion du caractère «T» latin et arabe. Cela a donné, au lieu du meuble traditionnel, lourd et chargé, une véritable pièce de design actuel. En noyer, avec, sur les bordures, des incrustations de calligraphie géométrique en nacre.
Dans la même série, elle a conçu, par l’assemblage du «M» français et du «Mim» (transcription phonétique) arabe, une chaise longue ou lit de repos, composé de deux pièces: une base, en laque noire, sur laquelle vient se poser un matelas en tissu fait au «nôl».
Le «L», avec ses variantes orientales et latines, lui a inspiré plus d’une pièce. Une table basse, fusion de «L» et de «Lam» en cuir et bois, une chaise longue en cuir et laque blanche, un vase en verre et acier inoxydable... Sans compter les pièces en «O» et «Waw», en «C» et «Kaf», etc. Et toutes celles qu’elle va continuer à imaginer sur la base de toutes les lettres de l’alphabet, assure-t-elle. En attendant, une grande galerie parisienne lui a commandé des pièces, qui seront exécutées à Beyrouth, et un collectionneur européen de meubles contemporains lui a déjà réservé un espace dans sa collection. Pour un coup d’essai – dans le design –, Vicky Haidamous Saad peut se targuer d’avoir réussi un coup de maître.
Zéna ZALZAL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le minimalisme n’est pas, de prime abord, sa marque déposée. Pour Vicky Haidamous Saad, décoratrice dans un cabinet d’architecture, le style baroque, les velours, la passementerie et les dorures sur bois restent, même de nos jours, des valeurs sûres. Revisitées bien sûr par une inspiration contemporaine.
À son actif, entre autres, un bar en forme de violoncelle, un canapé tout en courbes et vagues en velours moelleux, un autre orné d’applications de macramé, des divans géométriques aux étoffes tissées au «nôl», etc.
Des créations de meubles qui ont ce je ne sais quoi de chaleureux, de féminin, qui est la signature d’une jeune femme dont la passion première a toujours été le stylisme. «En fait, raconte Vicky Haidamous, je suis arrivée à la décoration et au design par pur hasard. Je voulais faire des...