Chelsea s’est libéré d’une pression envahissante en offrant un premier trophée à son président, le milliardaire russe Roman Abramovitch, avec sa victoire en finale de la Coupe de la Ligue anglaise face à Liverpool (3-2 a.p.), dimanche à Cardiff.
Les signes de nervosité de José Mourinho en témoignent. L’entraîneur portugais a été exclu de son banc pour s’être tourné vers les supporteurs de Liverpool, posant un doigt sur sa bouche pour demander le silence, après l’égalisation de Chelsea d’un but contre son camp du capitaine des « Reds », Steven Gerrard (79), sur un coup franc de Ferreira.
« Mon signe du doigt, il n’était pas destiné aux supporteurs de Liverpool pour qui j’ai beaucoup de respect, mais à la presse anglaise qui a trop parlé après nos deux défaites (Barcelone en C1 et Newcastle en Coupe d’Angleterre) », assurait après coup Mourinho.
« Je ne regrette pas de l’avoir fait, insistait-il. La seule chose que j’aie à comprendre, c’est que je suis en Angleterre, c’est votre pays. Même quand je pense avoir raison. Selon moi, vous (les médias) tentez de faire tout ce que vous pouvez pour perturber Chelsea, nous enlever de la confiance et nous mettre la pression. » Reste que derrière son masque de fermeté glaciale, le Portugais a laissé poindre toute la semaine une fébrilité inhabituelle. Demain, lors du revers en 8e de finale aller de la Ligue des champions à Barcelone (1-2), il avait décidé de faire un rapport officiel pour protester contre la discussion qu’auraient tenue à la pause Frank Rijkaard, l’entraîneur du Barça, et l’arbitre.
« Je ne veux pas être aimé »
Cette initiative lui avait valu les railleries de la presse, aussi bien anglaise qu’espagnole. Elle montrait aussi quelques failles dans son visage d’intransigeante assurance. Venant après la défaite à Newcastle en Coupe d’Angleterre (0-1), ce second échec en quatre jours – un événement dans la carrière de Mourinho – pouvait induire quelques doutes.
Le titre acquis dimanche à Cardiff est donc un immense soulagement pour Chelsea et son entraîneur. « Nous avons gagné notre premier titre, et je suis pratiquement sûr que nous en aurons un second... Et le second sera le grand », affirmait-il.
« Je veux gagner des trophées, pas être aimé. Vous pouvez dire ce que vous voulez, je ne sens pas la pression, ajoutait-il. On ne peut pas mettre la pression sur moi. J’ai lu de nombreuses fois dans la presse cette semaine que je devais faire mes preuves dans le football anglais. Sir Alex (Ferguson, l’entraîneur de Manchester United) est le seul champion européen dans ce pays, personne d’autre, alors qu’ai-je à prouver ? » Quoi qu’il en soit, les « Blues » avaient sans doute bien besoin de ce succès pour repousser en championnat les assauts de Manchester United, revenu à six points (avec un match en plus), et pour combler leur retard sur Barcelone en C1.
Mais malgré ce premier triomphe, Mourinho pourrait cependant, à plus long terme, regretter de s’être mis à dos la toute-puissante presse britannique, qui l’avait jusqu’ici plutôt favorablement accueilli.
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