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Exposition jusqu’au 20 mars Mats Bäcker : la nouvelle photo d’opéra... (photos)

Il ponctue ses phrases de subits éclats de rire. Et dans son regard bleu brille cette même lueur mutine qui lui fait envisager la classique photo de scène sous un angle moderne et enjoué. Mats Bäcker, joyeux trublion de la photographie suédoise, a en effet réussi à dépoussiérer l’imagerie de théâtre, de ballet et d’opéra, en lui apportant une note d’allègre insolence. Dix de ses œuvres, exposées dans le hall de l’auditorium Émile Boustany de l’hôtel al-Bustan, tout au long du Festival, en témoignent. Du Castrato, portrait d’un castrat nu, des plumes sur la tête et une lyre bien placée devant lui, à l’affiche d’Appartement (pièce lyrique créée en 2003) montrant une chanteuse enfoncée dans un bidet, en passant par la transformation d’Anne Sofie Van Otter, l’une des plus fameuses divas contemporaines, en clone androgyne de David Bowie... Dix grandes photos (120 x 130 et 120 x 180) signées Mats Bäcker, et qui ont pour la plupart servi d’affiches aux différents spectacles de l’Opéra royal de Suède, proposent aux festivaliers du Bustan un regard nouveau sur la photo de spectacle. Voilà dix ans que Mats Bäcker officie, en tant que photographe, auprès du prestigieux établissement, l’un des plus anciens opéras d’Europe (il daterait de 1798). Arrivé à ce poste un peu par hasard, cet ancien photographe de scène et de vedettes rock n’roll, lui-même ex-membre d’un groupe de musiciens en Suède, a apporté avec lui la fraîcheur et l’anticonformisme d’un esprit résolument moderne. « Lorsqu’on m’a proposé de travailler pour l’Opéra, je n’avais jamais vu de ma vie un spectacle classique ou un ballet, indique-t-il. J’étais plutôt fan d’ Iggy Pop, de Bowie, des Rolling Stones, de Prince... Bref, de toutes ces stars que je photographiais. La première fois que j’ai assisté à un opéra – Madame Butterfly – j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps d’émotion », raconte-t-il en riant. Depuis, Mats Bäcker s’est juré de donner, par ses affiches et photos, aux jeunes générations « et à tous ceux qui pensent que l’univers de la musique et de la danse classique est ennuyeux », l’envie d’aller au spectacle. « Je fais en quelque sorte de la publicité culturelle, soutient-il. D’ailleurs, ajoute-t-il, j’utilise dans mes clichés, toutes sortes d’idées volées à la photographie artistique ou commerciale et publicitaire. » Humour et perfection Esthétiques, créatives, avec un brin de provocation enrobée d’humour, les photos de Mats Bäcker sont également d’une qualité qui frise la perfection absolue. « J’estime que mes images doivent être à la hauteur de l’effort et de la somme de travail fournis par les artistes de scène », indique cet artiste qui derrière une apparence joviale cache un perfectionnisme aigu. Il a d’ailleurs inventé un procédé de prise de photos simultanées d’un même mouvement de danse sous différents angles. « Je connecte plusieurs caméras entre elles, que je dispose en cercle tout autour de la scène. Et par une simple pression de bouton, j’obtiens une multitude de prises de vue. » Ce procédé baptisé Time-slice-move (mouvement entrecoupé) n’est pas illustré dans le présent accrochage. Lequel montre des images prise avec un film Polaroïd agrandi et développé dans une chambre noire, sans aucune retouche. Un procédé extrêmement classique, à l’ère du numérique, qui fait dire à son auteur que « cette exposition sera peut-être la dernière de ce genre ». Quoi qu’il soit, ce n’est pas tant la technique que l’imaginaire et la composition pétillants du travail de cet artiste qui sont à voir. Comme le sont ce bras de fer (en N/B) entre jambe de ballerine et avant bras tatoué pour un ballet moderne intitulé Unreal Estate, créé en 2000, cette scène toute baignée de bleue pour le Songe d’une nuit d’été, ou encore cette Gisèle, en noir et blanc, d’un classicisme nimbé d’une subtile poésie... Cette exposition a été réalisée avec la collaboration de l’Institut suédois de la culture. Pour tout contact avec le photographe consultez son site web: www.matsbacker.se Zéna ZALZAL


Il ponctue ses phrases de subits éclats de rire. Et dans son regard bleu brille cette même lueur mutine qui lui fait envisager la classique photo de scène sous un angle moderne et enjoué. Mats Bäcker, joyeux trublion de la photographie suédoise, a en effet réussi à dépoussiérer l’imagerie de théâtre, de ballet et d’opéra, en lui apportant une note d’allègre insolence. Dix de ses œuvres, exposées dans le hall de l’auditorium Émile Boustany de l’hôtel al-Bustan, tout au long du Festival, en témoignent.
Du Castrato, portrait d’un castrat nu, des plumes sur la tête et une lyre bien placée devant lui, à l’affiche d’Appartement (pièce lyrique créée en 2003) montrant une chanteuse enfoncée dans un bidet, en passant par la transformation d’Anne Sofie Van Otter, l’une des plus fameuses divas...