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Actualités - Opinion

CITOYEN GROGNON Liban, havre de paix ?

Envolés nos rêves de développement, de progrès. Envolés nos espoirs d’un Liban, havre de paix. Envolées nos prétentieuses ambitions de redevenir la Suisse du Moyen-Orient. Le spectre de l’anarchie a de nouveau fait son apparition avec son lot de violences, de destructions, de morts. Ce « jeudi noir », il était difficile de ne pas se remémorer les scènes de l’abominable guerre qui a secoué le Liban durant deux décennies. Difficile de ne pas craindre d’autres dérapages, à chaque ordre de grève, à chaque crise, à chaque mécontentement. Pourquoi les manifestations ont-elles dégénéré ? Pourquoi ces routes fermées ? Pourquoi ces pneus brûlés, ces voitures détruites, ces magasins pillés, ces biens publics saccagés et incendiés ? Pourquoi ces jets de pierres contre les forces de l’ordre censées éviter les dérapages ? Pourquoi ces balles tirées par une armée pas vraiment à sa place contre des manifestants qui n’ont pas su exprimer leur colère autrement que par la violence ? Les pourquoi se bousculent dans l’esprit du citoyen, notamment les plus jeunes, perplexes et tellement inquiets, qui ont suivi en direct sur leur petit écran les images de violence. La colère était générale hier. Contre les abus commis par un gouvernement sourd aux plaintes d’une population exsangue, minée par la crise, écrasée par le trop-plein d’impôts. Contre les sacrifices de plus en plus lourds exigés du peuple par une classe dirigeante aussi outrageusement dépensière qu’insouciante. Contre le gaspillage incessant des deniers publics au vu et au su de tous, alors que le chômage fait rage dans tous les milieux et que la pauvreté se propage comme une traînée de poudre. Justifiée, certes, cette colère. Mais injustifiée la colère destructrice, contagieuse, mal contenue, qui a débordé pour semer la violence et la mort. Injustifiée cette colère haineuse qui a saboté le mouvement quasi général de protestation et détourné l’attention des décideurs de sa finalité. Tout injustifiée, la réaction des militaires qui se sont crus face à un ennemi et qui ont échoué dans leur mission de maintien de l’ordre public. Les manifestations pacifiques ? Ce n’est pas vraiment pour demain. Les revendications cohérentes et dénuées de connotations confessionnelles ? Encore moins évidentes depuis ce « jeudi noir ». Il ne reste plus au citoyen pacifique, mais ô combien mécontent, qu’à ravaler sa déception et panser ses plaies. Tout en espérant que les débordements primitifs ne deviendront pas monnaie courante. Tout en espérant que la page de ce dérapage sera vite tournée. Et dire qu’en ce « jeudi noir », pour la première fois, l’ensemble des citoyens, toutes confessions confondues, toutes appartenances politiques confondues, s’étaient donné la main pour exprimer leur mécontentement, le même mécontentement, ensemble et d’une seule voix. Anne-Marie EL-HAGE
Envolés nos rêves de développement, de progrès.
Envolés nos espoirs d’un Liban, havre de paix.
Envolées nos prétentieuses ambitions de redevenir la Suisse du Moyen-Orient.
Le spectre de l’anarchie a de nouveau fait son apparition avec son lot de violences, de destructions, de morts.
Ce « jeudi noir », il était difficile de ne pas se remémorer les scènes de l’abominable guerre qui a secoué le Liban durant deux décennies.
Difficile de ne pas craindre d’autres dérapages, à chaque ordre de grève, à chaque crise, à chaque mécontentement.
Pourquoi les manifestations ont-elles dégénéré ?
Pourquoi ces routes fermées ? Pourquoi ces pneus brûlés, ces voitures détruites, ces magasins pillés, ces biens publics saccagés et incendiés ?
Pourquoi ces jets de pierres contre les forces de l’ordre censées...