À entendre ce régime, tous ceux qui sont pour la libre décision, la souveraineté, l’indépendance du Liban sont des « collabos » à la solde d’Israël, des États-Unis et peut-être même de la France. Pour eux (Aïn el-Tineh et Co.), on ne peut être bonnement et simplement pour le Liban sans servir de pernicieuses visées étrangères.
Cependant, la plus pernicieuse des collaborations est celle qui prétend que sacrifier les intérêts de son propre pays pour servir des objectifs ou une cause autrement plus noble d’un autre pays est une option politique. Ils ont même le culot d’en faire une option « nationale ». Faux, faux, faux, archifaux.
Cela n’est ni « une ligne stratégique » (khatt stratigi) ni une « atmosphère politique » (jaou siyesi). Cette conduite indécente, ce n’est que de la «Collaboration» avec un grand C.
Faut-il leur rappeler que même entre alliés stratégiques, nations-amies et nations-sœurs qui ne se cachent presque rien, on ne tolère pas la collaboration.
Exemple: il n’y a pas de plus proche alliance politique et militaire que celle entre les États-Unis et Israël. Et pourtant, Jonathan Pollard, l’espion juif-américain, croupit depuis près de 20 ans dans une prison américaine pour avoir passé des secrets à un pays pour lequel son pays n’a pratiquement aucun secret.
Quelle que soit la justification ou la motivation du collabo (besoin d’argent, amour, appartenance ethnique ou religieuse, comme Pollard), la collaboration est criminelle et intolérable sous toutes ses formes. Il ne faut pas qu’elle soit instituée comme une option politique et encore moins nationale. Il est inacceptable de «dialoguer» sur ce sujet car il va à l’encontre du concept et de l’essence même d’une nation. Il est temps que l’opposition le dise haut et fort. Il est temps que tout le monde réalise qu’admettre l’idée d’une interférence d’un autre pays (quel qu’il soit) sous le prétexte que le Liban n’a pas atteint la maturité requise est équivalent à renier la nation dans ses composantes confessionnelles, politiques, ethniques et culturelles… C’est tout simplement inférer qu’après 62 ans d’existence indépendante et 4500 d’existence tout court, le Liban n’est pas une nation viable, une nation dont le sort inéluctable est le démantèlement et le rattachement à ses voisins.
C’est absurde, et ce n’est pas simplement de la traîtrise, c’est de l’apostasie. Faut-il en dire plus ?
Le régime collabo de Vichy disait certainement que l’Allemagne du IIIe Reich n’occupait pas la France, qu’elle était là pour protéger les Français des nations ennemies (Royaume-Uni, États-Unis), des peuples ennemis (les juifs et les autres races) et des résistants (les agents locaux de l’ennemi). Tout ce beau monde complotait bien évidemment pour contrecarrer la grande idéologie pure et libératrice du IIIe Reich.
Que de similitudes, que de stupidités récurrentes.
Est-il trop naïf de vouloir leur rappeler qu’après la mascarade de Vichy vint l’amitié profonde et sincère entre les peuples français et allemand, celle tout aussi profonde et sincère entre Allemands et Américains? Faut-il aussi leur faire remarquer que les libérateurs n’ont pas obtenu de ceux qu’ils ont libérés l’allégeance éternelle et inconditionnelle? Ainsi, la France s’oppose sans complexe à l’expédition américaine en Irak, comme elle l’a fait quelques années après sa libération quand le général de Gaulle a refusé de répondre aux requêtes américaines relatives à l’Alliance atlantique (Otan).
Est-ce malsain d’être indépendant et souverain?
Faut-il rappeler aux chantres de la collaboration et de la servitude que l’histoire des hommes a prouvé au fil des épreuves que la dignité humaine est inaliénable et qu’elle refait toujours surface pour engloutir ceux qui l’ont suffoquée?
Faut-il rappeler à ces quelques juges carriéristes et arrivistes, qui ont accepté de jouer à la justice des injustes, qu’ils déshonorent la grandeur de leur institution et la grandeur de leurs honorables collègues heureusement majoritaires et qu’ils trahissent leur serment envers le peuple libanais au nom duquel ils émettent leurs jugements?
Faut-il rappeler à toute cette caste que la Justice des Justes les rattrapera un jour plus proche qu’ils ne le pensent et que les Libanais n’auront peut-être plus envie de pardonner cette fois, de passer un trait comme après la guerre ?
Est-ce un crime pour l’opposition que de vouloir des relations privilégiées avec la Syrie sans la domination hautaine de cette dernière ? Ne nous laissons pas emporter dans des sentiments antisyriens primaires. Trop de liens rapprochent ces deux pays et le Liban ne peut que bénéficier de son voisin tant qu’il est maître de son destin. Par contre, ne manquons pas de nous opposer avec courage contre tous afin que nous puissions récupérer notre souveraineté, notre honneur, notre amour-propre. Afin que dans quelques années, nos enfants ne voient pas en nous des collaborateurs, des complices silencieux et couards d’un crime contre le Liban. Nous leur devons au moins ça.
Wadih C. BASSOUS
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À entendre ce régime, tous ceux qui sont pour la libre décision, la souveraineté, l’indépendance du Liban sont des « collabos » à la solde d’Israël, des États-Unis et peut-être même de la France. Pour eux (Aïn el-Tineh et Co.), on ne peut être bonnement et simplement pour le Liban sans servir de pernicieuses visées étrangères.
Cependant, la plus pernicieuse des collaborations est celle qui prétend que sacrifier les intérêts de son propre pays pour servir des objectifs ou une cause autrement plus noble d’un autre pays est une option politique. Ils ont même le culot d’en faire une option « nationale ». Faux, faux, faux, archifaux.
Cela n’est ni « une ligne stratégique » (khatt stratigi) ni une « atmosphère politique » (jaou siyesi). Cette conduite indécente, ce n’est que de la «Collaboration»...