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Actualités - Opinion

Hommage Wafic el-Tibi, un aristocrate de la presse libanaise

Propriétaire du quotidien al-Yom, président du syndicat des rédacteurs de la presse libanaise, doyen de l’Institut national pour la formation des journalistes, professeur ayant formé plusieurs générations de journalistes qui conservent de lui un souvenir vivant, extraordinaire orateur, généreux jusqu’à la prodigalité, Wafic el-Tibi, disparu il y a 24 ans, fut l’un des plus illustres représentants de la grande époque où la presse libanaise rayonnait sur tout le Proche-Orient. Pour Wafic el-Tibi, le journalisme n’était pas un métier mais une vocation. Il était convaincu du rôle social du journalisme. Il avait donc une haute idée de la fonction journalistique, et cette idée était indissociable de sa passion pour la liberté et de ses engagements politiques et sociaux. C’est précisément au nom de la liberté et de la justice qu’il combattit toute sa vie pour une nation arabe plus indépendante et pour la justice sociale. Ce nationaliste arabe, proche de Nasser, fut l’infatigable porte-parole des causes arabes, en particulier celle de la Palestine. Rêvant d’un monde arabe plus uni et plus indépendant des puissances hégémoniques, il le voulait également plus moderne et plus juste. Son nationalisme arabe n’était pas exclusif de son patriotisme libanais. Bien au contraire, son engagement pour l’arabisme le conduisait à vouloir un Liban plus fort et plus prospère. C’est pourquoi il était le champion de l’unité du pays du Cèdre. Rejetant une fois de plus le confessionnalisme, il affirmait, avec courage et lucidité, sa foi dans l’intégrité du Liban. Ardent défenseur de cette cohésion nationale, dont le Liban a toujours autant besoin, il écrivait : « Un Liban chrétien serait une dictature. Un Liban musulman serait une dictature. Ce que nous voulons pour le Liban, c’est un régime démocratique qui ne peut se construire que sur la base du consensus national auquel sont attachés tous les Libanais. » À une époque où les idées molles et le sectarisme triomphent, il est bon de célébrer la mémoire d’un homme aux idées fortes et à l’esprit ouvert. Il convient donc de se souvenir d’un homme qui fut avant tout un véritable aristocrate de la presse libanaise. Charles Saint-Prot Écrivain français
Propriétaire du quotidien al-Yom, président du syndicat des rédacteurs de la presse libanaise, doyen de l’Institut national pour la formation des journalistes, professeur ayant formé plusieurs générations de journalistes qui conservent de lui un souvenir vivant, extraordinaire orateur, généreux jusqu’à la prodigalité, Wafic el-Tibi, disparu il y a 24 ans, fut l’un des plus illustres représentants de la grande époque où la presse libanaise rayonnait sur tout le Proche-Orient.
Pour Wafic el-Tibi, le journalisme n’était pas un métier mais une vocation. Il était convaincu du rôle social du journalisme. Il avait donc une haute idée de la fonction journalistique, et cette idée était indissociable de sa passion pour la liberté et de ses engagements politiques et sociaux. C’est précisément au nom de la liberté...