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Actualités - Opinion

Un dialogue national ne serait plus qu’un coup d’épée dans l’eau

Après l’assassinat du président Hariri, les appels au dialogue se multiplient. Pour prévenir une césure, renforcer la cohésion interne, consolider la coexistence. Donnant le ton, le chef de l’État appelle les pôles politiques et religieux à se concerter « pour déjouer le complot contre le Liban ». Sélim Hoss, en tant que président d’un club politique baptisé Cénacle de l’action nationale, propose un débat sur un projet de document. Qui établirait que « le Liban ne peut exister, en tant que patrie, État ou société que par l’unité nationale de ses fils. Ce dont il a plus que jamais besoin, cette unité étant menacée par les divisions internes ou les séismes régionaux ». De son côté, Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, propose que la Rencontre du Bristol et celle de Aïn el-Tiné désignent des négociateurs. Pour un dialogue débouchant sur un consensus national. Selon lui, « il n’y a pas d’autre choix », un éventuel recours au Conseil de sécurité ne pouvant que compliquer les choses. Pour sincères que soient ces appels, ils ne peuvent en pratique que porter dans le vide. Les professionnels de tout bord soulignent en effet que le problème pour les parties en présence n’est pas de se parler, mais de s’entendre d’abord sur les questions et les priorités pour arrêter des dénominateurs communs. Car discuter pour discuter reviendrait non pas seulement à perdre du temps, alors qu’il y a urgence, mais encore à aggraver le clivage. Le premier sujet de discorde, c’est évidemment la présence syrienne, militaire ou de kommandantur, comme on disait en France sous l’occupation allemande. C’est-à-dire de services de renseignements se mêlant de politique. Vingt-cinq ans après l’entrée des Syriens, nombre de Libanais pensent que leur concours n’est plus nécessaire. Que l’État libanais est suffisamment équipé en instruments de sécurité, peut-être même un peu trop, et qu’il est parfaitement capable d’assurer l’ordre tout seul sur l’ensemble du (petit) territoire national, les camps compris. Mais d’autres Libanais continuent à rester dans le sillage de la Syrie, en soutenant qu’elle doit rester présente au moins dans la Békaa, pour des raisons stratégiques communes, face à Israël. Ils ajoutent qu’en tout cas, une demande de retrait doit être faite uniquement par les autorités officielles libanaises. Ce qui fait ricaner les indépendantistes, vu que ces autorités, inféodées, ne demanderont jamais à la Syrie de se retirer. Ils ajoutent qu’ils ne voient pas en quoi un cordon de forces syriennes dans la Békaa pourrait protéger le flanc de Damas d’une attaque israélienne d’envergure, par air comme sur terre. Il y a ensuite au menu le désarmement de la résistance et des camps palestiniens. Une partie estime qu’il faut certes protéger la résistance, et refuser qu’elle soit qualifiée de mouvement terroriste. Mais en même temps, qu’il est normal de se demander où et quand s’arrête le rôle de cette résistance. Concernant Chebaa, les tenants de cette voie soulignent qu’il est indispensable d’asseoir les prétentions libanaises sur cette enclave par la régularisation documentée devant le secrétariat général de l’Onu. Quand ce sera fait, le Liban sera en droit de réclamer la restitution de Chebaa, et l’action de la résistance deviendra alors légale autant que légitime. Comme on sait, le camp d’en face affirme pour sa part que la résistance a le droit de rester armée, et d’agir, non seulement pour libérer Chebaa, mais aussi le Golan, au nom de la communauté de sort avec la Syrie. Pour ces loyalistes, le désarmement de la résistance est en fait lié à la conclusion d’une paix globale dans la région, d’un règlement de tout le conflit israélo-arabe. Émile KHOURY
Après l’assassinat du président Hariri, les appels au dialogue se multiplient. Pour prévenir une césure, renforcer la cohésion interne, consolider la coexistence. Donnant le ton, le chef de l’État appelle les pôles politiques et religieux à se concerter « pour déjouer le complot contre le Liban ». Sélim Hoss, en tant que président d’un club politique baptisé Cénacle de l’action nationale, propose un débat sur un projet de document. Qui établirait que « le Liban ne peut exister, en tant que patrie, État ou société que par l’unité nationale de ses fils. Ce dont il a plus que jamais besoin, cette unité étant menacée par les divisions internes ou les séismes régionaux ». De son côté, Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, propose que la Rencontre du Bristol et celle de Aïn el-Tiné...