Est-ce que le pouvoir va prétexter de l’abominable assassinat de Rafic Hariri pour reporter des élections dont il craint les résultats ? Est-ce que le gouvernement en place, ouvertement partial, va tenir ?
Nombre d’opposants pensent que la situation a atteint un tel degré de gravité qu’elle ne peut plus être traitée par des échanges risquant de tourner au dialogue de sourds. Surtout si le processus n’est pas canalisé par un document de travail, un ordre du jour, une échelle des priorités établis en commun à l’avance. Or il n’y a pas de temps à perdre dans des tractations de la sorte. Il faut agir d’urgence pour atténuer les effets de la terrible perte que le pays a subie dans tous les domaines. Ces opposants proposent dès lors, pour redonner un peu d’espoir aux Libanais, les dispositions suivantes :
– Formation immédiate d’un cabinet d’union nationale qui superviserait les élections.
– Amnistie pour le Dr Samir Geagea et droit de retour pour le général Michel Aoun, pour qu’ils participent à la campagne électorale.
– Réconciliation nationale complète, pour solidifier l’unité interne et la coexistence.
C’est seulement de la sorte, estiment ces sources, que l’on peut redonner au pays confiance dans son avenir, faire revenir investisseurs et capitaux. Tout en parant aux dangers extérieurs dont l’impact peut être catastrophique sur la scène locale, économiquement, socialement, politiquement et sécuritairement.
Mais le pouvoir semble vouloir traiter le mal immense découlant de l’assassinat du président Rafic Hariri avec de simples tranquillisants. Comme cette invitation, du reste trop tardive, à un congrès national. Un appel qui se trouve en outre contrarié à la base par la présence d’un gouvernement monochrome partial. En tout cas, tandis que certains loyalistes parlent de reporter les élections, certains opposants envisagent de les boycotter si le statu quo gouvernemental, ou même institutionnel, devait être maintenu. Auquel cas, il est probable, il est presque même certain, que la communauté et la légalité internationales ne reconnaîtraient pas la légitimité d’un Parlement libanais issu d’un scrutin tronqué. Rejeté par une frange importante, sinon majoritaire, du peuple libanais, comme cela avait été le cas en 1992. Pour ces opposants, les équilibres, la balance des chances, sont gravement faussés, au détriment électoral de leur camp, par le lâche assassinat du président Hariri. Pour les rétablir, ne serait-ce qu’en partie, la toute première condition reste le départ du gouvernement Karamé. Qui est moins que jamais habilité à gérer équitablement les élections.
Il faut donc, insistent ces sources opposantes, un cabinet d’union nationale regroupant les principales forces actives politiques ou autres du pays. Une équipe inspirant largement confiance par la stature de ses membres. Sans quoi le pays resterait en danger, politiquement, économiquement et sécuritairement.
Mais aussi sur le plan des finances, avec la perspective effrayante d’une hausse vertigineuse de la dette publique qui se monte déjà à quelque 40 milliards de dollars. Comme sur celui des investissements, capital, c’est le mot, pour sortir de l’ornière, éviter ruine et famine.
Pour que le dégagement puisse se produire, ces opposants attendent du pouvoir qu’il se dégage lui-même de sa politique de vindicte et de calculs étriqués. Pour songer enfin à l’intérêt national bien compris.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Est-ce que le pouvoir va prétexter de l’abominable assassinat de Rafic Hariri pour reporter des élections dont il craint les résultats ? Est-ce que le gouvernement en place, ouvertement partial, va tenir ?
Nombre d’opposants pensent que la situation a atteint un tel degré de gravité qu’elle ne peut plus être traitée par des échanges risquant de tourner au dialogue de sourds. Surtout si le processus n’est pas canalisé par un document de travail, un ordre du jour, une échelle des priorités établis en commun à l’avance. Or il n’y a pas de temps à perdre dans des tractations de la sorte. Il faut agir d’urgence pour atténuer les effets de la terrible perte que le pays a subie dans tous les domaines. Ces opposants proposent dès lors, pour redonner un peu d’espoir aux Libanais, les dispositions suivantes :
–...