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Actualités - Chronologie

Exposition Peinture persane abstraite de Golnaz Fathi à l’Espace SD(photos)

D’un pinceau fougueux, Golnaz Fathi balaie toutes les idées reçues sur la peinture iranienne, féminine de surcroît. Il y a dans les toiles de cette jeune femme, née à Téhéran en 1972 et qui a toujours vécu dans son pays, comme une violence libératrice, un souffle de vie intense, qui emporte sur son passage traditions surannées et chape religieuse. Il ne s’agit pourtant pas vraiment d’avant-gardisme, ni même de sujets provocateurs, mais d’ une expression de modernité et d’indépendance, qui n’est pas sans étonner venant du pays des ayatollahs. En fait, ce qui caractérise les mixed-médias de Golnaz Fathi, c’est l’alliance d’une technique traditionnelle, la calligraphie qu’elle a apprise dans les règles de l’art et d’un langage totalement contemporain qui est celui de l’abstraction. Cela donne un style très personnel, où le graphisme et la peinture s’entremêlent dans une palette de couleurs vives mixées de non couleurs: rouge vif, bleu soutenu, blanc pur et noir tchador. Dans un mélange de matières (peinture, collage, plâtre, pigments), Golnaz Fathi inscrit, sur la toile, des formes diverses qui vont des chiffres et des caractères arabes, aux écritures «abstraites, car n’ayant aucun sens», indique-t-elle, en passant par de larges coups de pinceaux qui construisent des cercles. Cercles de feu, cercles de vie, boules de rébellion, qui semblent éclater, dans certaines œuvres, comme un big bang, et feraient allusion à une renaissance culturelle. L’artiste, qui dit s’inspirer aussi bien des dômes des mosquées d’Ispahan (ville aux multiples palais et mosquées) que de la calligraphie persane – mais dont elle s’affranchit des règles strictes en peinture –, exprime dans ses œuvres une sorte de dualité: un attachement que l’on sent viscéral à sa culture, couplé d’un esprit d’émancipation, voire d’insurrection contre un régime répressif et une société conservatrice. Et c’est sans doute cet attraction-aversion qui donne à ses peintures (une quinzaine de toiles présentées à l’Espace SD) une véhémence silencieuse. Diplômée en art graphique de l’Azad Art University et en calligraphie de l’Association iranienne pour la calligraphie, Golnaz Fathi possède à son actif, depuis une dizaine d’années, de nombreuses expositions collectives en Iran, aux États-Unis, en Belgique, en Espagne et en France. Ainsi que, dernièrement deux expositions individuelles à Paris. Parallèlement à la peinture abstraite, Golnaz Fathi pratique la calligraphie traditionnelle. Elle a même remporté en 1995 le prix de la meilleure calligraphe en Ketabat à Téhéran. Jusqu’au 5 mars, à l’Espace SD (immeuble S. Dagher, avenue Charles Hélou). Z.Z.

D’un pinceau fougueux, Golnaz Fathi balaie toutes les idées reçues sur la peinture iranienne, féminine de surcroît. Il y a dans les toiles de cette jeune femme, née à Téhéran en 1972 et qui a toujours vécu dans son pays, comme une violence libératrice, un souffle de vie intense, qui emporte sur son passage traditions surannées et chape religieuse. Il ne s’agit pourtant pas vraiment d’avant-gardisme, ni même de sujets provocateurs, mais d’ une expression de modernité et d’indépendance, qui n’est pas sans étonner venant du pays des ayatollahs. En fait, ce qui caractérise les mixed-médias de Golnaz Fathi, c’est l’alliance d’une technique traditionnelle, la calligraphie qu’elle a apprise dans les règles de l’art et d’un langage totalement contemporain qui est celui de l’abstraction. Cela donne un...