Mouin Abou Taha, 14 ans, retourne les décombres de la maison familiale détruite par l’armée israélienne à Rafah à la recherche de son cartable, en vain. Sans ses manuels et cahiers scolaires, il ne pourra pas se présenter aux examens de fin d’année dans deux semaines. « Mes cahiers ont disparu, mes cahiers ont disparu », crie au milieu des ruines le garçonnet chétif portant un pull-over déchiré et un jean usé.
Debout au milieu de tas de gravats de ce que fut sa maison, Oum Hassan Awad couvre d’injures le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président américain George W. Bush. Oum Hassan est née en 1948, l’année de la « nakba », la catastrophe que fut pour les Palestiniens la création de l’État d’Israël. « Les Juifs nous ont poussés à l’exode en 1948, ont détruit nos maisons et nous poursuivent partout pour tuer et démolir », fulmine-t-elle. « Les destructions ne nous font pas peur et nous resterons attachés à nos terres ». « Ils (les Israéliens) sont des menteurs. Les tunnels (de contrebande d’armes) qu’ils disent chercher n’existent pas. Tout ce qu’ils veulent, c’est détruire tout ce qui nous appartient », dit un jeune homme venu consoler Oum Hassan.
Au quartier de Brésil ainsi que dans ceux de Janina et Salam, l’armée a rasé quelque 50 maisons et détruit partiellement des dizaines d’autres. L’infrastructure a aussi subi d’énormes dégâts. L’asphalte a été arraché dans les rues et les étroites ruelles du camp, des ateliers ont été démolis et des dizaines d’oliviers déracinés. L’école Taha Hussein, gérée par l’agence de l’Onu pour l’aide aux réfugiés de Palestine (Unrwa), n’a pas été épargnée. Le mur d’enceinte et plusieurs classes ont été endommagés.
« C’est une tragédie. La “nakba” se reproduit aux mains du boucher Sharon », affirme Abou Ahmed, un réfugié.
Larmes aux yeux, Mahmoud Najm, 53 ans, ne mâche pas ses mots à l’égard des pays arabes en constatant les dégâts au quartier de Salam, où sa maison a été détruite. « Les Arabes nous ont lâchés », dit-il d’un ton amer.
« L’armée a, sans pitié, détruit des maisons sur les têtes de leurs occupants en dépit des cris des enfants », dit Waël Mansour, qui a aussi perdu sa maison. « Nous n’avons rien pu évacuer. Certains voisins n’ont pas eu le temps de s’habiller quand les bulldozers ont commencé à détruire leurs maisons », affirme-t-il. « Des familles ont laissé derrière de l’argent et des bijoux. Nous ne savons pas s’ils sont sous les décombres ou ont été volés. »
Mais Amal Awad, institutrice dans une école de l’Unrwa, affirme que les Palestiniens ne renonceront pas à leur combat face à l’occupation malgré la répression meurtrière et destructrice.
« Quel que soit le nombre de nos tués, de nouveaux enfants naîtront. Ils peuvent détruire toutes les maisons qu’ils veulent, ils ne réussiront pas à nous arracher de nos terres et nous ne nous plierons pas à ces assassins », martèle-t-elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mouin Abou Taha, 14 ans, retourne les décombres de la maison familiale détruite par l’armée israélienne à Rafah à la recherche de son cartable, en vain. Sans ses manuels et cahiers scolaires, il ne pourra pas se présenter aux examens de fin d’année dans deux semaines. « Mes cahiers ont disparu, mes cahiers ont disparu », crie au milieu des ruines le garçonnet chétif portant un pull-over déchiré et un jean usé.
Debout au milieu de tas de gravats de ce que fut sa maison, Oum Hassan Awad couvre d’injures le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président américain George W. Bush. Oum Hassan est née en 1948, l’année de la « nakba », la catastrophe que fut pour les Palestiniens la création de l’État d’Israël. « Les Juifs nous ont poussés à l’exode en 1948, ont détruit nos maisons et nous...