Les démocraties étaient confrontées hier à un nouveau défi des extrémistes islamistes, qui se sont félicités d’avoir influé sur les élections espagnoles en perpétrant les attentats de Madrid et ont sommé les alliés des États-Unis de se retirer d’Irak.
La tâche des dirigeants occidentaux est rendue plus difficile encore par le chaos qui perdure en Irak.
Une semaine après le carnage de Madrid, qui a fait 201 morts et précipité la défaite du chef du gouvernement sortant José Maria Aznar, la communauté internationale doit désormais chercher une réponse commune à la menace terroriste et gérer ses divisions sur la crise irakienne sans donner l’impression de céder à la pression des terroristes.
Le quotidien arabe al-Qods al-Arabi, déjà utilisé pour revendiquer les attentats de Madrid, a publié hier un communiqué attribué à el-Qaëda, dans lequel l’organisation islamiste menace spécifiquement six pays d’actions similaires : le Japon, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite, l’Australie et le Pakistan.
« Tirez la leçon, ô valets de l’Amérique, les brigades de la mort sont à vos portes. Nous allons vous frapper d’une main de fer, à l’endroit et au moment adéquats », assure le texte. En demandant aux « brigades » en Europe de suspendre « les opérations contre les civils en Espagne », ses auteurs donnent le sentiment de vouloir récompenser le peuple espagnol qui a « choisi la paix en élisant le parti qui était opposé à l’alliance avec l’Amérique dans sa guerre contre l’islam ». Le futur chef du gouvernement, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, avait envisagé aussitôt après sa victoire un retour rapide des 1 300 soldats espagnols déployés en Irak, conformément à ses promesses électorales. Mais la presse espagnole soulignait hier le dilemme auquel est désormais confronté M. Zapatero. Un retrait d’Irak pourrait être compris à l’extérieur comme le fait que « notre pays est disposé à payer au terrorisme international un prix en échange de sa sécurité », estimait le quotidien conservateur ABC.
Membres de la coalition menée en Irak par les États-Unis, l’Australie et le Japon ont immédiatement assuré qu’ils ne céderaient pas aux dernières menaces attribuées à el-Qaëda.
Pour dissuader l’Espagne de retirer son contingent, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont aussi relancé l’idée d’un renforcement du rôle de l’Onu en Irak. Mais la France et l’Allemagne, qui s’étaient fermement opposées à la guerre en Irak, demandent toujours la mise en place préalable d’un gouvernement irakien souverain.
En dépit de leurs divisions persistantes sur l’Irak, les Européens affichent leur détermination à mettre leurs moyens en commun pour améliorer leur sécurité.
Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour une réunion extraordinaire destinée à renforcer la coopération antiterroriste, un sujet qui sera également la priorité du sommet européen des 25 et 26 mars.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats