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Trois employés irakiens de Reuters maltraités par l’armée US

Deux journalistes et un chauffeur irakiens de Reuters ont été maltraités, battus et humiliés en janvier lors de leur détention de quatre jours dans des camps militaires américains près de Falloujah. Les trois employés de Reuters, le cameraman Salem Oureïbi, basé à Bagdad, le journaliste-pigiste Ahmed Mohammed Hussein al-Badrani, basé à Falloujah, et leur chauffeur Sattar Djabar al-Badrani, ont été détenus du 2 au 5 janvier. Capturés alors qu’ils couvraient la chute d’un hélicoptère américain abattu par la guérilla irakienne, ils ont d’abord été détenus dans la base des opérations avancées de Volturno, près de Falloujah, puis dans celle de St Mere. « Quand j’ai vu les photographies d’Abou Ghraib, j’ai éclaté en sanglots. J’ai vu qu’ils avaient souffert les mêmes choses que nous », a confié hier Oureïbi. Le cameraman, qui parle anglais mieux que ses deux compagnons, a entendu des soldats lui dire qu’ils voulaient avoir des rapports sexuels avec lui et il a confié avoir eu très peur d’être violé. Deux des trois hommes disent par exemple avoir été contraints de mettre leur doigt dans l’anus puis de le lécher et aussi d’avoir dû mettre leurs chaussures dans leur bouche. Tous les trois rapportent avoir dû se livrer à des gestes avilissants tandis que des soldats riaient, les raillaient et prenaient des photos. Ils disent avoir voulu garder des détails pour eux en raison de la nature dégradante des abus dont ils ont fait l’objet. Les soldats américains leur ont annoncé qu’ils seraient emmenés dans le centre de détention de Guantanamo, à Cuba, où sont détenus à l’isolement et sans charges les prisonniers d’Afghanistan. Ils leur ont fait croire qu’ils seraient privés de sommeil, la tête recouverte d’un sac en plastique, qu’ils seraient battus et contraints de demeurer dans des positions inconfortables durant de longues périodes. À leur libération, les trois hommes avaient relaté à Reuters les épreuves qu’ils avaient subies mais ils n’ont accepté qu’on en parle publiquement que parce que l’armée américaine a nié la réalité des faits et qu’il est notoire aujourd’hui que de nombreux cas d’exactions analogues ont eu lieu. L’armée américaine, dans un rapport publié avant que les exactions commises à Aboud Ghraib soient connues, a affirmé n’avoir aucune preuve que les trois employés de Reuters aient subi des sévices. Le général Ricardo Sanchez, commandant des forces terrestres en Irak, se dit convaincu, dans une lettre datée du 5 mars mais reçue lundi par Reuters, que l’enquête de l’armée sur cette affaire avait été « scrupuleuse et objective » et ses conclusions sérieuses. Pour sa part, le Pentagone n’a pas encore répondu à une requête de David Schlesinger, le directeur mondial des rédactions de Reuters.
Deux journalistes et un chauffeur irakiens de Reuters ont été maltraités, battus et humiliés en janvier lors de leur détention de quatre jours dans des camps militaires américains près de Falloujah.
Les trois employés de Reuters, le cameraman Salem Oureïbi, basé à Bagdad, le journaliste-pigiste Ahmed Mohammed Hussein al-Badrani, basé à Falloujah, et leur chauffeur Sattar Djabar al-Badrani, ont été détenus du 2 au 5 janvier. Capturés alors qu’ils couvraient la chute d’un hélicoptère américain abattu par la guérilla irakienne, ils ont d’abord été détenus dans la base des opérations avancées de Volturno, près de Falloujah, puis dans celle de St Mere. « Quand j’ai vu les photographies d’Abou Ghraib, j’ai éclaté en sanglots. J’ai vu qu’ils avaient souffert les mêmes choses que nous », a confié...