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Actualités - Opinion

La mission de Moallem reste, au fond, énigmatique

Une question à laquelle personne, sur la scène locale, ne prétend pouvoir répondre : que va donner au juste la mission Moallem, une fois qu’il aura remis ses conclusions au président Assad ? L’émissaire syrien s’est montré soucieux d’éluder toute ingérence apparente dans les affaires intérieures libanaises. Il n’a de la sorte livré aucun commentaire sur la disqualification, réclamée par l’opposition, d’un cabinet Karamé manifestement partial en termes d’élections. Il n’a pas non plus abordé le code électoral, le découpage des circonscriptions, la recomposition du Conseil constitutionnel, ou du Conseil national de l’audiovisuel. Il a par contre laissé entendre, et c’est important, que la Syrie reste attachée à l’application des accords de Taëf. Pour organiser, selon son interprétation, un repli des forces syriennes sur la Békaa. Comme, éventuellement, en d’autres points sur lesquels les membres d’une commission mixte libano-syrienne se mettraient d’accord. Mais, désormais, les opposants exigent d’une même voix que l’on ne se contente pas d’un tel repli et que l’on procède à un retrait total des troupes syriennes. En s’armant à leur tour des accords de Taëf qui précisaient, ce que Damas semble vouloir oublier, que ce départ définitif devait se produire deux ans après les réformes constitutionnelles libanaises. Donc, il y a maintenant 13 ans... Les opposants réfutent tous, maintenant, l’argument, spécieux selon eux, qu’un cordon de troupes syriennes devrait rester déployé dans la Békaa pour protéger le ventre mou, ou le flanc, de la Syrie. Tout comme le remarque de son côté le général Michel Aoun, ce ne sont pas, en effet, quelques milliers de soldats qui peuvent tenir tête à une éventuelle agression israélienne d’envergure dirigée contre la Syrie et contre le Liban. Surtout face à une armée technologiquement supérieure, et qui dispose d’une nette suprématie aérienne. Est-il besoin de le dire ? Les opposants ne croient pas aux assurances syriennes de neutralité et de désengagement sur le front politique interne. Pour eux, annoncer que l’on refuse dorénavant les visiteurs, les solliciteurs, les informateurs libanais à Damas, soutenir que l’on ne se mêle ni de la composition du gouvernement libanais ni des élections, ce n’est que jeter de la poudre aux yeux. Car ce n’est en tout cas pas lors de rencontres publiques que l’immixtion se fait. Mais à travers des contacts et par des moyens occultes. Ce qui est, comme on le sait, le propre de ce que l’on appelle les services. De plus, ajoutent les opposants, le mal est déjà fait. Puisque, comme le dénoncent les parties internationales, il est notoire que le gouvernement libanais actuel a été fabriqué directement à Damas. Selon un pôle opposant, il faut d’ailleurs que la Syrie intervienne encore. Mais, cette fois, positivement, pour réparer dans la limite du possible les fautes commises au niveau des relations bilatérales. Des dérives qui ont poussé nombre de bons amis de la Syrie, comme Walid Joumblatt ou Rafic Hariri, à s’en démarquer. Et qui ont suscité la formation d’une large opposition nationale. Cette personnalité pense que la Syrie, et elle seule, peut prendre des mesures concrètes en vue d’assainir, de normaliser les relations, et de les rendre véritablement privilégiées. Ce qui est évidemment dans l’intérêt des deux pays. Il s’agit de compléter volontairement la levée de tabous anciens, comme la présence militaire syrienne. Et de donner corps aux recommandations avancées par Fouad Boutros lors de la mission de raccord qu’il a effectuée il y a plus de deux ans et qui s’est retrouvée dans l’impasse. Parce que justement, elle entendait notamment traiter de la présence militaire syrienne, à la lumière des préceptes de Taëf. On avait, à l’époque, laissé entendre qu’il fallait s’adresser aux autorités libanaises puisque, soi-disant, la décision de demander le retrait leur appartenait. On avait ajouté que Boutros était un négociateur trop exigeant. Alors même qu’il proposait clairement un pacte de vrai partenariat, de coordination et de coopération entre les deux pays, entre autres sur les plans stratégique, diplomatique et économique, impliquant un intérêt commun. Les autres questions devant rester de la seule compétence nationale, souveraine, de chacun des deux pays, des deux États souverains. Émile KHOURY
Une question à laquelle personne, sur la scène locale, ne prétend pouvoir répondre : que va donner au juste la mission Moallem, une fois qu’il aura remis ses conclusions au président Assad ?
L’émissaire syrien s’est montré soucieux d’éluder toute ingérence apparente dans les affaires intérieures libanaises. Il n’a de la sorte livré aucun commentaire sur la disqualification, réclamée par l’opposition, d’un cabinet Karamé manifestement partial en termes d’élections. Il n’a pas non plus abordé le code électoral, le découpage des circonscriptions, la recomposition du Conseil constitutionnel, ou du Conseil national de l’audiovisuel.
Il a par contre laissé entendre, et c’est important, que la Syrie reste attachée à l’application des accords de Taëf. Pour organiser, selon son interprétation, un...