Athlétisme
Cragg, tombeur de Bekele, ne se prend pas pour un crack
le 02 février 2005 à 00h00
Vainqueur de Kenenisa Bekele samedi lors du 3 000 m en salle de Boston, l’Irlandais Alistair Cragg sait qu’il a profité du désarroi psychologique de l’Éthiopien, très choqué par le décès de sa fiancée début janvier.
Égaré sur la piste américaine et déboussolé par la perte soudaine, lors d’un entraînement commun à Addis-Abeba, de celle qu’il devait épouser au printemps, le double recordman du monde du 5 000 m et du 10 000 m, et champion olympique du 10 000 m à Athènes, n’a même pas su compter le nombre de tours.
Alors que le tableau lui signalait le 13e des 15 tours, Bekele, se croyant à la cloche, a lancé son sprint final. Logiquement, l’Éthiopien a alors été « ramassé » avant la ligne par Cragg, un Irlandais quasi inconnu de 24 ans, 12e de la finale olympique du 5 000 m cet été, alors que le gratin mondial du fond, à l’exception du Marocain el-Guerrouj sur 5 000 m aux JO, s’était cassé les dents sur lui depuis un an.
« Je ne suis pas sûr que Bekele soit bien en ce moment, il a beaucoup de choses en tête. Je l’ai vu accélérer à deux tours de la fin et j’ai su que quelque chose n’allait pas, soit il ne se sentait pas bien et bluffait, soit il avait fait une erreur. En tout cas, cela m’a permis de tenir jusqu’au bout », expliquait Cragg qui avait pourtant estimé ses chances de victoires « à 1% ».
Déjà tombeur de Ngeny
Malgré ce succès de prestige, le longiligne fondeur irlandais ne s’emballe pas et considère toujours Bekele comme une « référence » : le meilleur temps de l’Éthiopien sur 3 000 m en salle (7’30’’77/100es) est quand même inférieur de plus de neuf secondes au nouveau record personnel de Cragg (7’39’’89/100es, depuis samedi). Né en Afrique du Sud en 1980, ce coureur officiellement irlandais grâce à ses grands-parents est d’abord parti aux États-Unis en 1999 pour rejoindre une université texane pendant un an. Après un retour au pays, il tentait de nouveau sa chance en 2001, cette fois dans une université de l’Arkansas.
Cragg le tombeur n’en est pas à son coup d’essai.
En 2003, il avait battu le Kényan Noah Ngeny, alors champion olympique en titre du 1 500 m, en courant à l’occasion le 3 000 m en salle le plus rapide de l’histoire couru par un étudiant d’une université américaine. C’était déjà à Boston...
Alors maintenant le jeune étudiant veut profiter de la confiance engendrée par ce succès pour se tourner vers les prochains championnats d’Europe en salle (du 4 au 6 mars à Madrid) et les Mondiaux de cross-country de Saint-Étienne (19-20 mars)... à condition qu’il ait terminé sa session universitaire.
Vainqueur de Kenenisa Bekele samedi lors du 3 000 m en salle de Boston, l’Irlandais Alistair Cragg sait qu’il a profité du désarroi psychologique de l’Éthiopien, très choqué par le décès de sa fiancée début janvier.
Égaré sur la piste américaine et déboussolé par la perte soudaine, lors d’un entraînement commun à Addis-Abeba, de celle qu’il devait épouser au printemps, le double recordman du monde du 5 000 m et du 10 000 m, et champion olympique du 10 000 m à Athènes, n’a même pas su compter le nombre de tours.
Alors que le tableau lui signalait le 13e des 15 tours, Bekele, se croyant à la cloche, a lancé son sprint final. Logiquement, l’Éthiopien a alors été « ramassé » avant la ligne par Cragg, un Irlandais quasi inconnu de 24 ans, 12e de la finale olympique du 5 000 m cet été, alors que...
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