Les radicaux du Hamas et du Jihad islamique se sont engagés hier à coopérer avec le nouveau dirigeant palestinien élu Mahmoud Abbas, mais ils ont annoncé qu’ils poursuivront leurs attaques contre Israël.
Bien qu’ayant critiqué l’élection de dimanche, qu’ils ont appelé à boycotter, les deux mouvements ont demandé au nouveau président de l’Autorité palestinienne de mettre en route des réformes, de combattre la corruption et de prendre des mesures pour permettre la tenue des élections municipales et législatives cette année. « Nous allons travailler avec Mahmoud Abbas dans la période qui arrive, qui s’annonce sensible », a déclaré le porte-parole du Hamas Moushir al-Masri. Il a en même temps critiqué la décision de prolonger dimanche de deux heures la durée des ouvertures des bureaux de vote, affirmant que « des milliers » de personnes avaient pu voter plusieurs fois. M. Masri a prêté à M. Abbas l’intention de tenter de négocier avec les islamistes une trêve des attentats contre Israël, mais le Hamas ne l’entend pas de cette oreille. « Nous continuerons sur la voie de la résistance et du jihad (guerre sainte). Nous ne parlerons pas de trêve tant que l’escalade de la violence israélienne se poursuit. Nous continuerons les attaques à la roquette Qassam, la résistance et les tirs si les agressions continuent », a poursuivi M. Masri. La semaine dernière, M. Abbas a provoqué la colère des militants en condamnant les attaques à la roquette contre le territoire israélien. « La résistance relève du droit du peuple palestinien », a déclaré M. Masri. Pour lui, ce sont les attaques palestiniennes qui ont forcé les Israéliens à annoncer leur retrait de la bande de Gaza au cours de cette année. Le Jihad islamique a annoncé de son côté qu’il traiterait avec M. Abbas, mais il a appelé à la poursuite de l’intifada. En dépit de la nette victoire de M. Abbas, le mouvement a affirmé qu’il n’avait pas de mandat pour diriger les Palestiniens dans des négociations avec Israël. « Nous espérons qu’il ne profitera pas de cette victoire pour céder aux pressions israéliennes ou américaines », a déclaré à l’AFP le porte-parole du mouvement Khaled al-Batch. Le Hamas a considéré dans un communiqué que cette élection était « une bonne chose pour la démocratie palestinienne », mais a enjoint à M. Abbas de ne pas succomber « aux promesses américano-sionistes » ou aux « manœuvres israéliennes ».
Selon l’analyste palestinien Zakaria al-Qaq, M. Abbas devra indéniablement traiter avec les mouvements islamistes. « Il ne lui sera pas facile d’ignorer le Hamas ou de les traiter de traîtres », le mouvement radical ayant appelé au boycottage de l’élection présidentielle, affirme-t-il. Le Hamas pourra faire valoir que si M. Abbas a été élu par plus de 60 % des votants, ceux-ci ne représentent qu’environ 47 %c du corps électoral. M. Abbas doit « coordonner son action avec le Hamas, il doit tout mettre sur la table, au niveau interne et au niveau international », estime pour sa part l’analyste de sensibilité islamiste Ghazi Hamed. « Il doit comprendre qu’il ne peut pas réitérer les erreurs de Arafat, car le Hamas ne restera pas silencieux », ajoute-t-il, rappelant que le Hamas réclamait une direction palestinienne collégiale après la mort de Yasser Arafat.
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