Rechercher
Rechercher

Actualités

Épouses d’ambassadeur (photo)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelle, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Meral Kart, épouse de l’ambassadeur de Turquie. Meral Kart, une femme aux accents très européens L’Europe va bien à Meral Kart. De Bonn à Paris, et de Bruxelles à Lyon, elle aura fait, avec son époux Celalettin, le tour de ses plus grandes capitales, sans grande difficulté d’adaptation. Ce fut, à chaque fois, une expérience différente et enrichissante. D’ailleurs, dès le premier regard, puis en allant plus profondément dans la discussion avec elle, on découvre une femme à l’allure et à la pensée très européenne, – elle n’hésite même pas à vous donner son âge, qu’elle porte magnifiquement. Une ouverture d’esprit qui semble de circonstance avec l’éventuelle adhésion de la Turquie à la Communauté européenne. « Je me considère certainement européenne, mais je suis d’abord turque. » Meral Kart, « gazelle », dans sa langue maternelle, un prénom bien trouvé pour cette grande sportive, fut capitaine de l’équipe de volley-ball de son pays, adepte de tennis, de tennis de table et diplômée au Canada en éducation physique. « J’ai rencontré Gelal, c’est ainsi qu’elle surnomme affectueusement son époux, alors que j’étais encore étudiante ; il était déjà ministre. Nous nous sommes mariés en 1976. Notre premier poste était à Bonn. Ce fut un peu difficile, j’étais jeune mariée, je ne parlais pas l’allemand, mais petit à petit on s’est organisé. » Elle n’est pas désorientée par notre étonnement, lorsqu’elle réussit si vite à briser l’image traditionnelle de la femme turque. « Nous sommes très proches de la mentalité libanaise. Avec un curieux mélange d’Europe et d’Orient. Mêmes principes, même vie de famille et même ouverture d’esprit. Seulement vous dînez bien plus tard que nous ! Nous avons fini par nous habituer... » Des missions différentes Pas difficile pour Meral et Celalettin de s’adapter à nos traditions, ils font presque partie de la « famille diplomatique » libanaise, puisqu’ils en sont à leur deuxième mission au Liban. Le couple a, en effet, connu les jours heureux de la reconstruction et partagé avec nous ceux, bouleversants et dangereux, de la guerre. « Nous sommes arrivés la première fois en 1979. La guerre battait son plein et nous habitions près du Carlton une maison avec une vue superbe sur la mer et les montagnes. Certains moments étaient très agréables, malgré tout ; nous avons rencontré de jeunes diplomates, noué des amitiés. D’autres étaient terribles – je me souviens de m’être retrouvée un jour, en rentrant chez moi après une partie de tennis, en pleine fusillade. J’ai tremblé pendant plus d’une heure. Mais tout était oublié au bout de quelques jours et on reprenait le cours “normal” de nos vies. » Entre leurs deux séjours très contrastés, les années ont passé. Toute une existence avec ses joies, la naissance des deux garçons, Tolga, 20 ans, et Yunus, 16 ans, des expériences, des départs et encore des départs. « On vit dans un pays, on parle une langue, on prend de nouvelles habitudes, puis, d’un seul coup, on met tout cela derrière soi, car il faut partir et s’installer dans un entourage différent. Faire un effort pour s’adapter, s’organiser, se créer un nouvel environnement et surtout faciliter les choses aux enfants et les rendre heureux. Je n’ai pas eu de problèmes à le faire. » Et, comme le constatent tous nos visiteurs en côtoyant la très fameuse hospitalité libanaise, « ici, nous avons très vite été acceptés. Les gens sont très amicaux. Je dis toujours que le diplomate est très gâté à Beyrouth. » Calme et déterminée Le discours de Meral Kart, vacillant entre l’anglais et le français, qu’elle a appris... au Liban, est ponctué d’un seul mot en libanais, un « yaané » très familier, servi avec un vrai café turc. « Vingt-cinq ans plus tard, je ne parle malheureusement toujours pas l’arabe. » Ce qui ne l’a pas empêchée de nouer de solides amitiés, de poursuivre ses sports sacrés, tennis, ski, aérobic, de jouer au bridge et même d’organiser une semaine culturelle turque, qui a eu lieu l’an dernier. « Grâce à l’aide de plusieurs personnes, dont j’aimerais citer Fawzi et Rita Ghandour et Fadi Nahas, nous avons pu récolter les fonds nécessaires pour concrétiser cet événement. » Au programme des festivités, défilés, danses folkloriques et autres expositions. « Cette même année, poursuit Meral Kart, un groupe d’athlètes turques avait participé au marathon de Beyrouth. » Pour cette nouvelle année qui commence, que peut-on souhaiter à la famille Kart ? « La paix et la santé pour tous. Je commence toujours par la santé, car elle est essentielle... » « Je suis arrivée en 1979 en pleurant, car j’avais peur de ce poste et de ce pays en guerre, et je repartirai en pleurant, mais pour d’autres raisons... », conclut-elle enfin. Carla HENOUD
Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur, et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celle, un peu moins formelle, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Meral Kart, épouse de l’ambassadeur de Turquie.

Meral Kart, une femme aux accents très européens

L’Europe va bien à Meral Kart. De Bonn à Paris, et de Bruxelles à Lyon, elle aura fait, avec son époux Celalettin, le tour de ses plus grandes capitales, sans grande difficulté d’adaptation. Ce fut, à chaque fois, une expérience différente...