Libye
Tripoli multiplie les mesures d’apaisement
pour renouer avec Washington
le 15 mai 2004 à 00h00
En renonçant à tout achat d’armes de pays montrés du doigt par Washington, la Libye estime avoir fait un pas de plus vers la normalisation de ses relations avec les États-Unis et son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
« La décision de la Libye doit accélérer son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme », a déclaré hier l’ambassadeur de Libye en Grande-Bretagne Mohammed al-Zouaï. « Cette décision clôt définitivement ce dossier (de l’armement) et représente un engagement de la Libye sur le fait qu’elle ne reviendra pas à ce programme (d’armes de destruction massive) quelles que soient les circonstances », a ajouté M. Zouaï, qui est également en charge du dossier des relations américano-libyennes.
La Libye a annoncé en décembre 2003, après neuf mois de négociations secrètes avec les États-Unis et la Grande-Bretagne, qu’elle renonçait à tout programme d’armes de destruction massive (ADM).
En mars, elle a signé à Vienne un protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) autorisant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à effectuer des visites inopinées de toutes ses installations nucléaires.
Jeudi, elle a décidé de renoncer à tout achat d’armement de pays qui ne sont pas signataires du Régime de contrôle de la technologie des missiles (MTCR), un regroupement informel de 33 pays qui veulent empêcher la prolifération des vecteurs non pilotés d’ADM. « Cette décision rassure les organisations internationales et les pays qui nous ont aidés à nous débarrasser des programmes d’ADM et s’inscrit dans le cadre de la coopération américano-libyenne (...). Elle doit aider au retour à la normale des relations entre la Libye et les États-Unis », a estimé M. Zouaï.
Washington s’est d’ailleurs empressé de saluer l’annonce libyenne, même s’il n’est pas encore allé jusqu’à décider le retrait de Tripoli de la liste des pays soutenant le terrorisme.
Le sous-secrétaire d’État chargé du désarmement, John Bolton, a en effet estimé que cet engagement montrait le « sérieux » du régime du colonel Mouammar Kadhafi pour tenir sa promesse d’abandonner toute ambition dans le domaine des ADM.
La Libye, avec qui les États-Unis avaient rompu leurs relations diplomatiques il y a près d’un quart de siècle, est depuis décembre citée régulièrement par Washington comme un modèle à suivre en matière de désarmement.
Le diplomate libyen Mohammed al-Zouaï a cependant réitéré que la nouvelle décision de son pays concernait les pays non membres du MTCR, tout en refusant de les préciser.
Le communiqué officiel qui avait rendu publique la décision de Tripoli n’avait pas non plus précisé ces pays, mais M. Bolton avait indiqué qu’elle visait la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie, accusés par les États-Unis de chercher à se doter d’ADM.
« Le communiqué libyen était clair, n’a cité aucun pays et ne visait pas la Syrie », a réitéré hier le ministère des Affaires étrangères. « Tripoli ne peut dire que la Syrie a des ADM, car c’est un pays pacifiste dont la terre est occupée et qui est menacé par Israël », ajoute le ministère.
En renonçant à tout achat d’armes de pays montrés du doigt par Washington, la Libye estime avoir fait un pas de plus vers la normalisation de ses relations avec les États-Unis et son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
« La décision de la Libye doit accélérer son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme », a déclaré hier l’ambassadeur de Libye en Grande-Bretagne Mohammed al-Zouaï. « Cette décision clôt définitivement ce dossier (de l’armement) et représente un engagement de la Libye sur le fait qu’elle ne reviendra pas à ce programme (d’armes de destruction massive) quelles que soient les circonstances », a ajouté M. Zouaï, qui est également en charge du dossier des relations américano-libyennes.
La Libye a annoncé en décembre 2003, après neuf...
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