L’inauguration d’une nouvelle boutique est toujours sujette à des articles de presse, à une mention dans la revue trimestrielle de Solidere, à une campagne de publicité, à une réception mondaine, etc. À l’opposé, la fermeture d’une enseigne se fait dans la discrétion et sans bruit. Le centre-ville de Beyrouth évolue à ce rythme, celui des va-et-vient, des joies et des échecs. Chaque mois qui arrive, on se demande qui a fermé et qui a ouvert.
Le bilan de l’année 2004 est éloquent : 52 enseignes (boutiques et restaurants) ont fermé au cours des 12 derniers mois contre 74 ouvertures.
Ce constat appelle à plusieurs réflexions :
- Le paysage commercial du centre-ville est loin de s’être stabilisé. Les fermetures et les ouvertures font partie intégrante de l’évolution de chaque espace marchand, mais plus de 50 fermetures sur un total d’environ 350 emplacements, cela fait tout de même beaucoup.
- L’emplacement est important. Il est incontestable que certaines rues du centre-ville, très peu fréquentées, ne sont pas encore attirantes. Hormis les régions Maarad, place de l’Étoile, Allenby et Malek, les touristes arabes ne s’aventurent pas ailleurs et restent confinés dans un petit périmètre. À titre d’exemple, les rues Uruguay, Argentine, Azmi et Kadi font partie des régions qui n’arrivent pas à séduire les passants malgré les quelques dizaines de milliers de visiteurs quotidiens du centre-ville. Cette région a connu plus de 10 fermetures en 2004. Pourtant, un restaurant chinois y connaît une étonnante réussite. Bénéficiant d’une très bonne réputation avant sa venue au centre-ville, celui-ci a trouvé rapidement et sans problème sa clientèle.
- La précipitation est une erreur. Nous sommes conscients que le centre-ville est un espace qui attire et captive. Toutefois, beaucoup de commerçants et restaurateurs y voient un futur Eldorado et s’y précipitent sans trop calculer.
- Nous sommes stupéfaits et admiratifs par l’ardeur de certains commerçants qui s’empressent de reprendre un emplacement tout juste libéré pour fermer quelques mois plus tard. Sur les 52 fermetures des 12 derniers mois, 7 avaient ouvert en 2004 et 36 en 2003 et 9 en 2002.
Il ne suffit pas d’avoir de l’argent, de mettre des vêtements sur un cintre ou d’installer quelques tables sur le trottoir pour réussir. Le succès commercial résulte d’une alchimie beaucoup plus complexe qui demande de la réflexion, de la modestie et de l’intelligence. Soixante pour cent des établissements qui ont fermé en 2004 sont toujours dans l’attente d’un repreneur. Ce chiffre est considérable. Il traduit, primo, que les loyers demandés par les propriétaires restent excessifs.
Même si l’emplacement a déjà connu deux ou trois fermetures en l’espace de trois ans, ces derniers maintiennent des prix élevés dans l’espoir de trouver un nouveau « pigeon ». Deuzio, les commerçants commenceraient-ils à être raisonnables et ne plus accepter de s’implanter n’importe où et à n’importe quel prix ?
Tertio, certains investisseurs préfèrent patienter et attendre la construction des souks de Beyrouth, du projet Landmark de la place Riad Solh ou de l’ouverture de la galerie marchande de luxe au nord du Virgin Megastore.
En coopération avec :RAMCO
Tel / Fax : 01 349 910 - email : mail@ramcolb.com
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats