Année olympique, 2004 a été marquée par la grande réussite des Jeux d’Athènes et les performances exceptionnelles des deux Michael, Phelps et Schumacher. On s’en souviendra aussi pour les avancées considérables enregistrées dans la lutte contre le dopage.
Le nageur américain Michael Phelps, monté huit fois sur le podium et vainqueur de six médailles d’or à Athènes, a été l’homme de l’année. Le jeune prodige de 19 ans a échoué dans sa quête du record de son compatriote Mark Spitz, lauréat de sept médailles d’or aux Jeux de Munich en 1972, mais il a mis le monde à ses pieds dans le bassin de la piscine olympique.
Phelps a conquis ses médailles d’or sur 100m papillon, 400m quatre nages, 200m papillon, 200m quatre nages et avec les relais 4x200m nage libre et 4x100m quatre nages. Il a aussi obtenu le bronze sur 200m nage libre et avec le relais 4x100m nage libre et ne s’est pas contenté d’engranger les titres : il a également amélioré le record du monde du 200m quatre nages.
En Grèce, l’autre exploit remarquable a été réalisé par le Marocain Hicham el-Guerrouj, quadruple champion du monde d’athlétisme, qui est devenu le premier homme depuis 80 ans à réussir le doublé 1 500m/5 000m.
Pendant ces Jeux, ce sont pourtant les sprinters grecs Kostas Kenteris et Katerina Thanou, absents sur la piste, qui ont fait le plus parler d’eux.
Le 12 août, à la veille de l’ouverture des JO, l’ancien champion olympique du 200m Kenteris, et Thanou, la médaillée d’argent du 100m des Jeux de Sydney, sont restés introuvables au village olympique, où on les cherchait pour un contrôle antidopage.
Quelques heures plus tard, ils annonçaient avoir été victimes d’un accident de moto alors qu’ils se rendaient au contrôle. Visés par une enquête du Comité international olympique (CIO) et menacés d’exclusion, ils décidaient alors de ne pas participer aux Jeux. Ils risquent désormais deux ans de suspension.
Rocambolesque et pathétique, l’histoire Kenteris-Thanou n’aura cependant pas les conséquences de l’affaire Balco sur le sport américain. Représentant idéal pour la bannière étoilée, Phelps s’est démené dans le bassin olympique, mais il n’a pas réussi à éclipser les déboires de ses compatriotes pris dans les filets de la lutte contre le dopage à la suite des développements de ce scandale.
Victor Conte, le patron du laboratoire désormais mondialement connu pour avoir développé la THG, un stéroïde longtemps resté indécelable, a affirmé cette année qu’il avait fourni en produits dopants les vedettes de l’athlétisme Marion Jones, Tim Montgomery et Kelli White. Conte a précisé qu’il avait commencé à fournir Jones quelques semaines avant les Jeux olympiques de Sydney (2000) et qu’il l’avait vue s’injecter de l’hormone de croissance humaine. À Sydney, Jones avait remporté trois médailles d’or et deux médailles de bronze. Le doute plane, les enquêtes se poursuivent.
Les Américains et l’athlétisme n’ont pas été les seuls frappés par les scandales. L’haltérophilie, l’équitation, le ski, le cyclisme et bien d’autres ont connu leur lot de pestiférés en 2004. Toutes ces révélations, qui ont ébranlé le monde du sport, ont des causes communes : l’amélioration des techniques de dépistage, qui permettent de déceler de nouvelles substances et de démasquer les pratiques interdites, et une volonté plus marquée de stopper les tricheurs.
À Athènes, où près d’un athlète sur quatre a subi un contrôle antidopage, les sportifs ont dû se soumettre pour la première fois à des tests de dépistage de l’hormone de croissance (hGH), tandis que sur le Tour de France cycliste – autre première –, des contrôles antidopage sanguins ont été introduits pour traquer notamment l’hémoglobine synthétique et les transfusions. La Grande Boucle a encore une fois été marquée par la domination sans partage de Lance Armstrong. Le Texan de 32 ans est entré dans la légende du cyclisme et du sport en général en remportant son sixième Tour de France consécutif, un exploit jamais réalisé auparavant. Invaincu dans la plus prestigieuse des courses à étapes depuis 1999, l’année de son premier couronnement, l’ancien champion du monde a dépassé au panthéon les quintuples vainqueurs Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, qui partageaient avec lui le précédent record de victoires.
Autre record impressionnant, celui de l’Allemand Michael Schumacher, couronné cette année de son septième titre de champion du monde de Formule 1, le cinquième consécutif.
En 2004, Schumacher a remporté sur Ferrari 13 des 18 courses inscrites au calendrier, et son coéquipier Rubens Barrichello en a enlevé deux de plus. Résultat, la Formule 1 a connu la saison la moins disputée de son histoire. Âgé de 35 ans, le pilote allemand a gagné 12 des 13 premiers Grands Prix de l’année, et trois pilotes seulement ont pu contrer en course l’implacable hégémonie de la Scuderia : Juan Pablo Montoya (Williams), Jarno Trulli et Kimi Raikkonen (McLaren).
En dépit des nouvelles règles introduites pour annihiler l’avantage du pilote Ferrari, un bouleversement de la hiérarchie n’est pas attendu en 2005.
En tennis non plus, du moins chez les hommes, où le Suisse Roger Federer a accompli une saison merveilleuse marquée par un petit chelem (Open d’Australie, Wimbledon, US Open) et une victoire au Masters. Côté jupettes, l’année a vu l’émergence des nouvelles poupées russes Anastasia Myskina, Maria Sharapova et Svetlana Kuznetsova.
Le nouveau roi du tennis a conclu sa saison à Houston en gagnant son 17e match consécutif, son 74e succès cette année. En 2004, Federer, vainqueur sur toutes les surfaces, a fait aussi bien qu’Ivan Lendl qui, en 1986, avait gagné 74 matches pour six défaites seulement.
Que peut-il faire de plus ? Triompher à Roland-Garros. Un objectif atteint en 1996 par le Russe Evgueni Kafelnikov, parti à la retraite cette année avec l’ancien vainqueur de Wimbledon Goran Ivanisevic, le géant du ski alpin Stephan Eberharter, le champion du monde des poids lourds Lennox Lewis ou encore l’ancien Ballon d’or Roberto Baggio.
On les reverra au bord des rings et des terrains. Pas l’entraîneur Raymond Goethals, « Raymond la science », décédé en décembre à 83 ans, mais qui aura toujours une place dans le cœur des supporters marseillais, auxquels il avait offert la Ligue des champions en 1993.
D’autres grands noms ont disparu en 2004. L’ancien vainqueur du Tour de France Marco Pantani, mort à 34 ans des suites d’une overdose de cocaïne, le motard Richard Sainct, mort en course lors du rallye des Pharaons, et le « Cheval fou » Emlyn Hugues, vainqueur notamment de deux Coupes d’Europe des clubs champions avec Liverpool. La légende des Reds avait 57 ans.
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Le nageur américain Michael Phelps, monté huit fois sur le podium et vainqueur de six médailles d’or à Athènes, a été l’homme de l’année. Le jeune prodige de 19 ans a échoué dans sa quête du record de son compatriote Mark Spitz, lauréat de sept médailles d’or aux Jeux de Munich en 1972, mais il a mis le monde à ses pieds dans le bassin de la piscine olympique.
Phelps a conquis ses médailles d’or sur 100m papillon, 400m quatre nages, 200m papillon, 200m quatre nages et avec les relais 4x200m nage libre et 4x100m quatre nages. Il a aussi obtenu le...