L’acte de naissance de L’Orient porte la date du 8 juillet 1924 et le nom du père : Gabriel Khabbaz, bien vite rejoint par Georges Naccache, frais émoulu de l’école d’ingénieurs et tenté par l’écriture plus que par le bâtiment. Quatre années auparavant, le général Gouraud a officialisé l’avènement du Grand Liban et avec lui un mandat qui va se prolonger jusqu’en 1943. Pour les deux hommes, la nature de la tâche qui les attend ne fait aucun doute : contribuer à leur manière à l’édification de ce pays en train de se faire, en y mettant toute la fougue, toute la générosité propre à la jeunesse. Au risque parfois d’y laisser quelques plumes. Comme en ce 24 janvier 1925, quand il est suspendu par les autorités françaises de l’époque, pour deux longs mois. Qu’importe, les difficultés sont faites pour être contournées à défaut d’être résolues. Le journal emprunte un autre titre, celui de « L’Écho d’Orient » qu’il reprend avec sa typographie à lui. Une mention précise toutefois qu’il s’agit là de «notre excellent confrère L’Orient, avec lequel nous sommes en parfaite communauté d’idées et d’opinion ».
Réédition de l’accident de parcours au mois de mars 1949 qui voit la suspension du quotidien pour cette véritable bombe que fut alors « Deux négations ne font pas une nation ». On relit aujourd’hui cet éditorial, demeuré d’une brûlante actualité et qui coûta à son auteur de longues semaines en prison qu’il mit à profit, devait-il raconter plus tard, pour perfectionner son anglais. Tout y est, de la description qu’il fait – « j’ai failli ne pas reconnaître mon pays » – au diagnostic du mal qui ne cesse aujourd’hui encore de ronger la société et le microcosme politique. Le tout assorti d’une mise en garde à tous ceux qui continuent de croire que le temps représente le meilleur remède.
Le style grand reporter des premières années du journalisme, façon Albert Londres, n’est plus à la mode et la fabrication demeure artisanale. Les articles de l’époque témoignent souvent d’une touchante candeur, quand ils ne sont pas d’une ravigotante agressivité pour peu qu’il s’agisse de dénoncer l’incurie des gouvernants et les abus de toutes sortes. On en est encore à la linotype ou à l’intertype. À l’atelier, la grogne monte contre les dangers que font courir le plomb fondu et les émanations qu’il dégage; on réclame du lait, « comme en France » pour en contrer les effets néfastes sur les poumons.
De quatre pages à ses débuts, le journal est passé à 16, à 24 parfois dans les mois fastes – ceux des fêtes et des ventes réclames. La raison invoquée est « l’abondance des matières » mais c’est essentiellement la publicité, boom économique oblige, qui se fait envahissante. Le tirage suit en conséquence mais à l’évidence, cela tout le monde commence à le réaliser, il n’y a plus place pour deux journaux d’expression française.
La fusion L’Orient-Le Jour n’est pas loin. Elle sera concrétisée le 15 juin 1971.
L’acte de naissance de L’Orient porte la date du 8 juillet 1924 et le nom du père : Gabriel Khabbaz, bien vite rejoint par Georges Naccache, frais émoulu de l’école d’ingénieurs et tenté par l’écriture plus que par le bâtiment. Quatre années auparavant, le général Gouraud a officialisé l’avènement du Grand Liban et avec lui un mandat qui va se prolonger jusqu’en 1943. Pour les deux hommes, la nature de la tâche qui les attend ne fait aucun doute : contribuer à leur manière à l’édification de ce pays en train de se faire, en y mettant toute la fougue, toute la générosité propre à la jeunesse. Au risque parfois d’y laisser quelques plumes. Comme en ce 24 janvier 1925, quand il est suspendu par les autorités françaises de l’époque, pour deux longs mois. Qu’importe, les difficultés sont faites...
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