L’imagerie spatiale joue un rôle-clé dans la logistique pour les secours, dix jours après le raz-de-marée qui a ravagé les pays riverains de l’océan Indien. La charte internationale des agences spatiales sur la gestion des catastrophes naturelles a été immédiatement activée après le déferlement du tsunami pour obtenir un tableau général des infrastructures touchées, à la demande notamment de l’Onu.
« Étant donné l’ampleur du phénomène, il a fallu mener des actions sur plusieurs pays à la fois » et créer trois zones : Inde, Indonésie et Sri Lanka, cette dernière administrée en France par le Centre national d’études spatiales (CNES) a déclaré Éliane Cubero, du Cnes, à Toulouse (sud-ouest). En tant que membre du secrétariat exécutif de la charte internationale, Mme Cubero a été chargée de la coordination de ces programmes qui utilisent les satellites Spot 5 et 4, IRS (Inde), Radarsat (Canada) et Envisat (Agence spatiale européenne – ESA). « Ce que nous demande la logistique, précise-t-elle, c’est d’avoir des cartes le plus à jour possible sur la région pour pouvoir intervenir sur le terrain, protéger les gens, c’est-à-dire essayer de trouver des emplacements libres pour installer des camps de fortune, savoir quelles routes il est possible d’emprunter et lesquelles sont obstruées. »
Le responsable de la coordination pour le Sri Lanka au CNES, Jean-Claude Favard, a indiqué que le principal satellite mis à contribution pour ce pays a été jusqu’à mardi Radarsat. Ses données sont analysées par les Canadiens, puis traitées par la société spécialisée SERTIT à Strasbourg (est) : elle prend une bonne image d’archives et la retravaille en y reportant ce qui a changé. Le CNES la transmet ensuite à la Sécurité civile sur le terrain.
Cela permet de voir l’ampleur des dégâts, de fournir une cartographie pour des zones où il n’y en avait pas à disposition et de bien cerner les zones inondées, note M. Favard, expert en traitement d’images spatiales d’observation de la Terre.
Dès le lendemain du raz-de-marée, une société française d’assistance technique en ingénierie pour la gestion et la prévention des risques naturels, Géosciences Consultants (GSC), a mis bénévolement à la disposition d’ONG et d’organismes internationaux des cartes de dommages potentiels pour aider les secours. GSC réalise actuellement des cartes « des zones potentiellement très submersibles » en Birmanie, « sur laquelle pèse le soupçon de minimiser des pertes en vies ». « On veut vérifier si avec l’imagerie spatiale on ne détecte pas des zones qui seraient largement plus endommagées que ce que veut bien prétendre le gouvernement birman », qui a annoncé 59 morts (90 selon l’Onu). L’imagerie spatiale, ajoute-t-il, est capitale pour les ONG dans la période postcrise de reconstruction pour mieux déterminer « les zones contaminées par les eaux de mer polluées, et ne pas les cultiver temporairement, pour savoir où aller chercher de l’eau et où ne pas aller en chercher... »
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« Étant donné l’ampleur du phénomène, il a fallu mener des actions sur plusieurs pays à la fois » et créer trois zones : Inde, Indonésie et Sri Lanka, cette dernière administrée en France par le Centre national d’études spatiales (CNES) a déclaré Éliane Cubero, du Cnes, à Toulouse (sud-ouest). En tant que membre du secrétariat exécutif de la charte internationale, Mme Cubero a été chargée de la...