La tragédie vient hanter différemment ceux qui ont survécu
le 31 décembre 2004 à 00h00
Les vagues reviennent dans un cauchemar sans fin, hanter Mohamad Fikri Rahim, 11 ans, surpris par les raz-de-marée dans l’île touristique de Penang, en Malaisie, alors qu’il jouait avec sa grande sœur de 13 ans devant leur maison. Dans son sommeil, il pleure et s’écrie : « Non, non. » « Je ne sais pas de quoi il parle, mais quand je le lui demande, il commence à pleurer », raconte sa mère, qui a réussi à échapper aux flots en s’accrochant à un poteau. Mohamad Fikri, retrouvé par son cousin couvert de boue et emmené d’urgence à l’hôpital, n’est plus le même. « Mon fils était un garçon joyeux », dit Rahibah.
L’ancien chancelier allemand Helmut Kohl, qui se trouvait lors du drame au Sri Lanka au troisième étage d’un hôtel inondé en quelques minutes jusqu’au deuxième, a, lui, retrouvé l’histoire. « Des images de la guerre que j’ai vécue comme petit garçon me sont revenues en mémoire, c’était comme après un grave bombardement aérien », déclare M. Kohl, 74 ans, qui a perdu son frère Walter dans la Seconde Guerre mondiale. « J’étais sur le balcon lorsque j’ai vu une énorme vague se former et déferler avec une force monstrueuse », raconte l’ancien chancelier. « Les gens couraient dans tous les sens en hurlant », poursuit Helmut Kohl, soudain transporté dans le passé.
Mais c’est une tout autre journée, silencieuse et ensoleillée, loin de l’histoire et du monde, qu’a vécue Pierre, un marin français, à bord de son voilier au large de la Thaïlande. « On a fait une plongée », dit-il. « Et puis on a vu un courant bizarre, qui allait dans un sens puis dans l’autre. J’ai écourté la plongée. » Pierre garde son calme. « Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais le bateau n’était pas en danger ». Puis, « j’ai vu une vague arriver qui nous a dépassés ». « Comme on était près des récifs, j’ai eu peur de prendre le ressac, donc on est parti se protéger de l’autre côté de l’île », poursuit-il. À cet instant précis, l’équipage survit à la catastrophe et l’ignore totalement. Sur la côte, les vagues dévastent tout sur leur passage, emportent les villages et leurs habitants. Pendant quatre jours, la photo de cet homme blond de 40 ans et de son bateau a été affichée sur le panneau des disparus de Phuket. Mais il ramènera sans encombre son bateau et son équipage, avec un mélange de tristesse devant le malheur des autres et de joie contenue d’avoir échappé au pire.
Les vagues reviennent dans un cauchemar sans fin, hanter Mohamad Fikri Rahim, 11 ans, surpris par les raz-de-marée dans l’île touristique de Penang, en Malaisie, alors qu’il jouait avec sa grande sœur de 13 ans devant leur maison. Dans son sommeil, il pleure et s’écrie : « Non, non. » « Je ne sais pas de quoi il parle, mais quand je le lui demande, il commence à pleurer », raconte sa mère, qui a réussi à échapper aux flots en s’accrochant à un poteau. Mohamad Fikri, retrouvé par son cousin couvert de boue et emmené d’urgence à l’hôpital, n’est plus le même. « Mon fils était un garçon joyeux », dit Rahibah.
L’ancien chancelier allemand Helmut Kohl, qui se trouvait lors du drame au Sri Lanka au troisième étage d’un hôtel inondé en quelques minutes jusqu’au deuxième, a, lui, retrouvé...
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