La convocation soudaine de seize membres du PSP devant le parquet de la Cour de cassation, pour les entendre sur des crimes qu’ils auraient commis pendant la guerre, suscite de violentes réactions dans les rangs du PSP et chez les proches de Walid Joumblatt.
D’une part, la procédure semble inadéquate et d’autre part, si crimes il y a eu, ils devraient être couverts par la loi d’amnistie. Rien ne justifierait donc ces convocations « en gros », selon les termes du communiqué du PSP, si ce n’est « la volonté évidente du pouvoir et de certains de ses agents de poursuivre la politique d’intimidation et de vexations à l’encontre de Walid Joumblatt et de ses partisans, d’autant que son opposition à la prorogation du mandat présidentiel ne cesse de croître ».
Hier, les députés Ghazi Aridi et Akram Chehayeb ont violemment condamné ces pratiques du pouvoir judiciaire, tout en faisant assumer la responsabilité de ces mesures au pouvoir et à ses services. Selon Ghazi Aridi, il s’agit ainsi d’affaires entièrement fabriquées, « et en tout cas, couvertes par la loi d’amnistie de 1991. Un jour viendra où ceux qui agissent ainsi devront rendre compte de leurs actes et à ce moment-là, aucune loi d’amnistie ne pourra leur éviter la justice du peuple ».
De son côté, Akram Chehayeb a précisé qu’il s’agit d’une manœuvre connue, dont les motivations ne sont un secret pour personne. « Comment la situation peut-elle se stabiliser à l’ombre de comportements aussi grossiers de la part du pouvoir ? L’équipe actuelle ne semble ni connaître le passé, encore moins le présent, et certainement pas le futur », a encore déclaré le député de Aley.
De son côté, le PSP, dans un communiqué publié hier, a estimé que « le pouvoir se lance dans une nouvelle aventure qui aura, comme tant d’autres, des conséquences catastrophiques sur le pays. Il s’agit de tentatives claires de se venger de l’opposition en général et du leader du PSP, en particulier, tout en faisant fi des lois et des procédures judiciaires ». Selon le PSP, le pouvoir actuel « n’a rien à voir avec les citoyens ». « Il est étranger au peuple, à la nation et à l’avenir », souligne le PSP.
Dans leurs déclarations, Chehayeb et Aridi, ainsi que le communiqué du PSP, ont mis l’accent sur la nécessité d’être très vigilants à la veille des élections législatives prévues au printemps prochain car, selon eux, rien de bon ne peut sortir de ce pouvoir. Ils ont réitéré leur appel à la démission du gouvernement, « incapable, selon eux, de gérer avec neutralité le prochain scrutin ».
Les deux députés et le PSP ont utilisé des mots très durs pour dénoncer cette nouvelle mesure prise à l’encontre des seize membres du PSP. Mais la procédure se poursuit et une nouvelle convocation devant la justice est prévue pour demain, vendredi, afin de poursuivre les interrogatoires des membres du PSP, soupçonnés d’avoir participé à des enlèvements et à des assassinats pendant la guerre.
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D’une part, la procédure semble inadéquate et d’autre part, si crimes il y a eu, ils devraient être couverts par la loi d’amnistie. Rien ne justifierait donc ces convocations « en gros », selon les termes du communiqué du PSP, si ce n’est « la volonté évidente du pouvoir et de certains de ses agents de poursuivre la politique d’intimidation et de vexations à l’encontre de Walid Joumblatt et de ses partisans, d’autant que son opposition à la prorogation du mandat présidentiel ne cesse de croître ».
Hier, les députés Ghazi Aridi et Akram Chehayeb ont...