Les « Evertonians », les habitants d’Everton, célèbrent le retour en grâce de leur équipe, troisième du championnat d’Angleterre de football, avec d’autant plus de ferveur qu’ils avaient été traumatisés par le départ cet été de celui qui incarnait l’avenir, Wayne Rooney.
Ce club, né il y a 125 ans, n’avait depuis bien longtemps plus connu de tels honneurs. Après la décennie dorée des années 80, marquée par deux titres de champion (1985, 1987), les « Toffees » s’étaient doucettement habitués à flirter avec la relégation.
Comme l’an passé, lorsque Everton avait péniblement fini 17e. L’entraîneur David Moyes, arrivé en mars 2002, et qui avait par hasard réussi à mener un groupe très moyen aux portes de l’Europe, fin 2003 (7e), devait dès lors chercher une voie nouvelle.
« J’ai décidé que j’avais peut-être à changer la manière de penser des gens, et peut-être la mienne aussi », expliquait récemment au quotidien The Independant l’Écossais, peu habitué à une semblable autocritique.
Quinze joueurs quittaient Goodison Park. Deux seulement, issus de la division inférieure, l’attaquant Marcus Bent (Leicester) et le milieu australien Tim Cahill (Milwall), enfilaient le maillot bleu royal.
Étrange sensation
Le destin de « l’autre club de Liverpool » reposait encore sur Wayne Rooney, devenu, en février 2003, à 17 ans et 111 jours le plus jeune international anglais, en disputant la seconde période lors de la défaite en amical contre l’Australie (1-3).
Mais le 31 août, s’évanouissaient les dernières illusions du club ayant aussi formé un autre grand attaquant anglais Gary Lineker ou vu passer Paul Gascoigne. Rooney était transféré pour près de 40 millions d’euros à Manchester United. Son nouveau manageur Alex Ferguson saluait le « meilleur jeune joueur de football vu dans le pays depuis 30 ans ».
Un épisode douloureux qui, sans vraiment fournir de liquidités à un club bien endetté, allait souder les joueurs autour de Moyes, jeune – 41 ans – entraîneur à l’ancienne, toujours en survêtement contrairement à ses confrères anglais adeptes du costard et forcené de la condition physique.
« Il n’y a aucun doute que nous serions une meilleure équipe avec Wayne Rooney, mais peut-être sommes-nous maintenant plus concentrés sur l’équipe que sur un individu », suggérait, toujours à The Independant, celui qui en 1999 aurait pu devenir l’adjoint de Ferguson à Manchester United.
Après une défaite initiale face à Arsenal (1-4) qui aurait pu les plonger dans les limbes, les Toffees renaissaient avec le Danois Thomas Gravesen en chef de meute et Bent, quatre buts, et Cahill, deux buts, à la finition. Une bien étrange sensation d’invincibilité venait de saisir Everton.
Depuis, seul Tottenham et Chelsea ont pu tromper l’équipe fièrement posée sur la troisième marche du podium.
Après dix-neuf journées, Everton semble maintenant si bien se porter que Moyes considère même comme « réaliste » une place européenne en fin de saison.
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