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Edition-Bd Courrier des bulles

«Playback» (Denoël graphic. 120 pages) En 1948, Raymond Chandler écrivait un scénario de film pour les studios Universal, Playback, l’histoire pleine de retours en arrière d’une jeune femme fuyant son passé et rattrapée par le destin. Cela devait se passer à Vancouver et sans Philip Marlowe. Restrictions budgétaires et le film ne fut jamais tourné. Dix ans plus tard, l’écrivain le reprenait et écrivait un roman éponyme mais assez différent... se passant en Californie, as usual, et avec Philip Marlowe, as usual aussi. Aujourd’hui, Playback, le scénario inédit, est adapté en BD: textes de Ted Benoît et dessin en noir et blanc, très noir de François Ayroles. « Ne touchez à rien » (Albin Michel. 82 pages couleurs) «Bordeaux, une ville où certains triment et d’autres s’enrichissent. Une rue paisible dans le quartier résidentiel et un hôtel particulier qui semble hors du temps...» Ainsi commence Ne touchez à rien, une histoire politico-fantastique en quatre épisodes de 1890 à 1999 avec une maison hantée par ses anciens propriétaires, qui protègent une jeune peintre qui n’a touché à rien et compris l’esprit de la maison, mais qui éliminent d’autres locataires aussi stupides que cupides et qui ne la méritent pas. Scénario de Simsolo pour un retour au dessin, hanté lui aussi, de Frédéric Bézian. « Essence » (Glénat. 32 pages couleurs, sortie en France le 4 janvier) En 2003, les éditions Glénat et Arte organisaient un concours international de BD ouvert à des Européens n’ayant encore jamais été édités: envoi d’un synopsis et d’une dizaine de planches. 600 dossiers avaient été reçus et ce sont deux Polonais, Grzegorz Janusz (scénario) et Krystof Gawronkiewicz (dessin) qui ont remporté la palme, 5000 euros et l’édition chez Glénat de leur album. Cela s’appelle Essence (l’essence de la vie s’entend). Cela se passe à Varsovie, avec une prédilection pour ses égouts et ses cimetières, et un détective assez décavé, Otto, accompagné de son assistant, le rat Watson, tente de démêler de sombres histoires de morts subites. Pourquoi ces morts? Serait-ce l’héritage d’un drôle de savant, double prix Nobel de chimie et de littérature, qui réussit à liquéfier les livres. On les boit et on ingurgite l’œuvre. A-t-il liquéfié une œuvre trop cruelle, trop mortelle? « Il faut tuer José Bové » (Albin Michel. 56 pages couleurs, sortie en France le 11 janvier) Transformer José Bové en personnage de BD, il fallait y penser, Jul l’a fait. Ancien prof d’histoire chinoise reconverti dans le dessin de presse (L’Humanité, Marianne, Le Nouvel Observateur... puis Charlie hebdo depuis quatre ans), Jul a réalisé son premier album et inventé la première «alterBD», comme il le dit lui-même, Il faut tuer José Bové. L’histoire commence «tout simplement»: une multinationale fait fabriquer des figurines à l’effigie du célèbre militant paysan pour les vendre en masse. Il n’est pas d’accord du tout, alors on décide de se passer de son accord et même de se passer de lui. Il faut tuer José Bové et ses figurines ne s’en vendront que mieux. L’histoire ensuite délire totalement et chacun en prend pour son grade: les multinationales, les mafias, les politiques au pouvoir et les sectes mais aussi les altermondialistes dont Jul se moque allègrement. Quant à José Bové, il ne sera pas tué car de fidèles brebis entraînées au close-combat le protègent!

«Playback»
(Denoël graphic. 120 pages)
En 1948, Raymond Chandler écrivait un scénario de film pour les studios Universal, Playback, l’histoire pleine de retours en arrière d’une jeune femme fuyant son passé et rattrapée par le destin. Cela devait se passer à Vancouver et sans Philip Marlowe. Restrictions budgétaires et le film ne fut jamais tourné. Dix ans plus tard, l’écrivain le reprenait et écrivait un roman éponyme mais assez différent... se passant en Californie, as usual, et avec Philip Marlowe, as usual aussi.
Aujourd’hui, Playback, le scénario inédit, est adapté en BD: textes de Ted Benoît et dessin en noir et blanc, très noir de François Ayroles.

« Ne touchez à rien »
(Albin Michel. 82 pages
couleurs)
«Bordeaux, une ville où certains triment et d’autres s’enrichissent....