Les Palestiniens ont remporté un succès politique autant que militaire
le 14 mai 2004 à 00h00
La mort de onze soldats israéliens en moins de deux jours lors de deux attaques dans la bande de Gaza représente un succès militaire, mais aussi politique, pour les mouvements radicaux palestiniens, auxquels Israël avait infligé ces derniers mois des coups terribles. « C’est une victoire pour la résistance et pour le peuple palestinien », affirme Khader Habib, un dirigeant du Jihad islamique, dont la branche armée, les Brigades al-Qods, ont mené ces deux attaques. Il s’agit là de deux des revers les plus lourds subis par l’armée israélienne depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. « Nous avons envoyé un message fort aux Israéliens », a affirmé avec une satisfaction évidente un porte-parole du mouvement islamiste Hamas, Sami Abou Zouhry, traduisant l’unité croissante des mouvements palestiniens dans leur lutte contre Israël.
Ces succès militaires se produisent à un moment d’autant plus opportun pour les groupes armés palestiniens que leurs capacités d’action ont terriblement souffert des opérations des forces de sécurité israéliennes, qu’il s’agisse de la multiplication des incursions pour arrêter des militants ou des opérations de liquidation, comme celles ayant abouti à l’élimination du fondateur et chef du Hamas dans la bande de Gaza, cheikh Ahmad Yassine, le 22 mars, puis de son successeur, Abdelaziz al-Rantissi, le 17 avril. Leurs menaces de représailles massives en territoire israélien sont depuis lors restées lettre morte, renforçant les responsables de l’État hébreu dans leur conviction que ces groupes armés étaient désormais sur la défensive.
En fait, il se pourrait qu’ils aient changé de tactique en raison de l’extrême difficulté qu’ils ont à pénétrer en Israël, estime l’analyste Abdallah Hourani. Compte tenu de ces circonstances, « je pense qu’ils ont été forcés de se concentrer sur les actions à l’intérieur de la bande de Gaza », où les seules cibles sont les colons et les soldats, indique-t-il. Les deux attaques de mardi et mercredi montrent, selon lui, que les combattants palestiniens ont amélioré leurs tactiques. Mais il souligne surtout qu’il ne s’agit pas seulement de succès militaires. « C’est une victoire politique », explique-t-il, prédisant qu’elle aura un énorme impact en Israël. « Peut-être ces deux attaques seront-elles utiles pour le plan » de retrait de la bande de Gaza d’Ariel Sharon, rejeté le 2 mai lors d’un référendum par les membres du Likoud, le parti du Premier ministre, dans la mesure où elles pourraient accroître le nombre des Israéliens favorables à un départ rapide de ce territoire, explique-t-il.
La mort de onze soldats israéliens en moins de deux jours lors de deux attaques dans la bande de Gaza représente un succès militaire, mais aussi politique, pour les mouvements radicaux palestiniens, auxquels Israël avait infligé ces derniers mois des coups terribles. « C’est une victoire pour la résistance et pour le peuple palestinien », affirme Khader Habib, un dirigeant du Jihad islamique, dont la branche armée, les Brigades al-Qods, ont mené ces deux attaques. Il s’agit là de deux des revers les plus lourds subis par l’armée israélienne depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. « Nous avons envoyé un message fort aux Israéliens », a affirmé avec une satisfaction évidente un porte-parole du mouvement islamiste Hamas, Sami Abou Zouhry, traduisant l’unité croissante des mouvements palestiniens...
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