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Actualités - Chronologie

Ramallah entre tristesse et résignation (photos)

Intimement convaincus que Yasser Arafat est déjà mort, nombre d’habitants de Ramallah attendaient hier avec résignation l’annonce officielle du décès de leur chef, à qui des centaines de jeunes sont néanmoins venus manifester leur solidarité et leur soutien. En fin de journée, plusieurs centaines de manifestants ont convergé vers les abords de la Mouqataa, le quartier général en ruines de Yasser Arafat, à l’agonie à Paris. « Arafat est notre chef, Arafat est la Palestine », « De toute notre âme et avec notre sang, nous te soutiendrons Abou Ammar » (le nom de guerre de Yasser Arafat), ont scandé les manifestants, coiffés pour la plupart d’un keffieh et qui brandissaient des portraits du président de l’Autorité palestinienne. « Nous avons décidé ce matin de venir car nous sommes très en colère, personne ne nous dit la vérité » sur l’état de santé de M. Arafat, déclare Darine, 20 ans, l’une des étudiantes présentes devant la Mouqataa. Alors que des bulldozers et des ouvriers travaillent dans la Mouqataa pour préparer une sépulture à M. Arafat, dans le reste de la ville, nombre d’habitants attendent résignés l’annonce officielle de son décès. « La vie continue. Mais je suis certain qu’au fond d’eux-mêmes, tous les gens savent qu’il va mourir et sont tristes », dit Youssef Joubeh, marchand de journaux de 54 ans. Accoutumance à la mort M. Joubeh estime cependant que la douleur se manifestera avec l’annonce officielle de la mort de leur dirigeant. Il évoque aussi « l’accoutumance à la mort » que les Palestiniens « vivent quotidiennement » sous l’occupation israélienne. La lente agonie de Yasser Arafat, commencée le 29 octobre, et les sinistres rebondissements des informations sur son état de santé ont usé les nerfs de nombreux Palestiniens. « Il est mort, il est mort. Mais qu’on nous le dise enfin », s’exclame Raed Qudsi, commerçant de 32 ans, tandis que Mourad, bijoutier de 28 ans, s’énerve : « Nous vivons quand même dans un drôle de pays. Tout le monde parle, dit tout et son contraire, mais personne ne sait la vérité. C’est toujours comme ça ici. » « Peut-être que la direction palestinienne essaie de nous ménager, de nous préparer au choc », tente d’expliquer de son côté Rouba Abou Roqti, une jeune femme de 28 ans. « Mais ce n’est pas bien de jouer ainsi avec les émotions des gens », ajoute cette employée à la représentation autrichienne, venue se recueillir devant la Mouqataa. Résignés ou en colère, beaucoup attribuent aux luttes de pouvoir internes l’incertitude entretenue depuis deux semaines sur l’état de santé de Yasser Arafat. Mais, même si certains veulent continuer à espérer, tous parlent désormais de lui au passé. « J’aurais tellement aimé qu’il ait vu de ses propres yeux une Palestine libre », confie, les larmes aux yeux, Wassim Abdullah, informaticien de 60 ans, qui a réussi à s’infiltrer avec les journalistes à l’intérieur de la Mouqataa. Même la question de l’enterrement de Yasser Arafat à Ramallah, auquel Israël a donné son accord, n’entraîne pas de soulagement particulier. « L’important, c’est qu’il soit enterré en Palestine, sur sa terre, que ce soit ici, à Jérusalem ou à Gaza », estime Youssef Joubeh, alors que Rouba Abou Roqti se dit opposée à une inhumation à la Mouqataa, rappelant que le dirigeant palestinien y a été confiné de force par l’armée israélienne pendant près de trois ans. « Il était en prison ici, et son souhait a toujours été d’être enterré à Jérusalem », souligne-t-elle. Depuis le début de la détérioration de l’état de santé de Yasser Arafat, hospitalisé en région parisienne, le gouvernement israélien a fait savoir à plusieurs reprises son refus d’une inhumation à Jérusalem. Avec un enterrement à Ramallah, le raïs sera « le plus près possible de Jérusalem », souligne Moustapha Barghouthi, secrétaire général d’un groupe de défense des droits palestiniens, l’Initiative nationale palestinienne. « Mais cela ne peut être que temporaire. Sa destination finale sera Jérusalem », affirme-t-il.

Intimement convaincus que Yasser Arafat est déjà mort, nombre d’habitants de Ramallah attendaient hier avec résignation l’annonce officielle du décès de leur chef, à qui des centaines de jeunes sont néanmoins venus manifester leur solidarité et leur soutien.
En fin de journée, plusieurs centaines de manifestants ont convergé vers les abords de la Mouqataa, le quartier général en ruines de Yasser Arafat, à l’agonie à Paris.
« Arafat est notre chef, Arafat est la Palestine », « De toute notre âme et avec notre sang, nous te soutiendrons Abou Ammar » (le nom de guerre de Yasser Arafat), ont scandé les manifestants, coiffés pour la plupart d’un keffieh et qui brandissaient des portraits du président de l’Autorité palestinienne.
« Nous avons décidé ce matin de venir car nous sommes très en colère,...