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DEVISES La chute du billet vert, une aubaine pour les entreprises US

La chute continue du dollar est une aubaine pour les entreprises américaines, car elle dope les exportations et les bénéfices encaissés à l’étranger par les multinationales. Avec un euro frisant le niveau record de 1,30 dollar et un billet vert à plus de 105,50 yens, les entreprises américaines bénéficient d’une plus grande marge de manœuvre pour baisser leurs prix en devise locale sans que leurs marges s’en ressentent trop, ce qui leur donne un avantage sur leurs concurrents. D’après Sam Stovall, principal stratège boursier de l’agence d’informations financières Standard and Poor, le secteur des technologies de l’information et de l’informatique est le mieux placé pour profiter d’un dollar en berne, car c’est celui qui exporte le plus, avec 53 % des bénéfices réalisés à l’étranger. « Une entreprise comme Microsoft fait 50 % de ses bénéfices en dehors des États-Unis », remarque Sung Won-sohn, économiste de la banque Wells Fargo. Le numéro un mondial des logiciels a ainsi indiqué dans son dernier bilan trimestriel que sa trésorerie avait bénéficié d’un effet de change favorable de 4 % au 3e trimestre, soit des centaines de millions de dollars. IBM, le numéro un mondial de l’informatique, a de son côté vu ses ventes du troisième trimestre bondir de 9 % et a noté que la moitié de cette progression vient d’un effet de change favorable. Arrivent ensuite les fabricants de matériaux et les groupes industriels, qui réalisent 45 % de leurs bénéfices à l’étranger, comme Alcoa, le fabricant d’engins de chantiers Caterpillar, le constructeur aéronautique Boeing ou encore le conglomérat industriel General Electric. Les multinationales de biens de grande consommation (alimentation, boissons, cigarettes) à l’instar de McDonald’s ou Coca-Cola, arrivent en troisième place, selon M. Stovall : elles réalisent 41 % de leurs bénéfices en dehors des États-Unis. Toutefois, comme le remarque Greg Anderson, stratège en devises de ABN-Amro, les grandes entreprises multinationales « ont des schémas de production très complexes » : elles délocalisent en partie leur production et emploient des personnels étrangers. La baisse du dollar signifie donc également pour elles une augmentation de certaines de leurs dépenses. « Les bénéfices issus d’un taux de change avantageux sont donc parfois moins élevés qu’il n’y paraît », remarque-t-il. Hugh Johnson, directeur des investissements de First Albany, estime que la baisse du dollar participe à une politique économique de l’Administration Bush généralement favorable aux multinationales et aux grosses entreprises (armement, pétrole, etc.). Sans l’avouer ouvertement, l’Administration Bush se félicite en effet du déclin du billet vert car il atténue les déficits records des comptes courants et du budget américains et l’avantage compétitif peut aider à préserver ou créer des emplois aux États-Unis. Par ailleurs, le déclin du billet vert favorise les entreprises liées au tourisme aux États-Unis. « Il y a une hausse substantielle des touristes aux États-Unis, notamment en provenance d’Europe » car la faiblesse du dollar rend un séjour outre-Atlantique beaucoup moins cher aux visiteurs munis d’euros, remarque Sung Won-sohn. Un afflux qui se remarque d’autant plus qu’à l’inverse, « le tourisme en Europe est en baisse, car cette destination est devenue trop cher pour beaucoup de touristes Américains », conclut M. Sohn.
La chute continue du dollar est une aubaine pour les entreprises américaines, car elle dope les exportations et les bénéfices encaissés à l’étranger par les multinationales.
Avec un euro frisant le niveau record de 1,30 dollar et un billet vert à plus de 105,50 yens, les entreprises américaines bénéficient d’une plus grande marge de manœuvre pour baisser leurs prix en devise locale sans que leurs marges s’en ressentent trop, ce qui leur donne un avantage sur leurs concurrents.
D’après Sam Stovall, principal stratège boursier de l’agence d’informations financières Standard and Poor, le secteur des technologies de l’information et de l’informatique est le mieux placé pour profiter d’un dollar en berne, car c’est celui qui exporte le plus, avec 53 % des bénéfices réalisés à l’étranger.
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