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Ramallah sombre lentement dans la tristesse (photo)

La tristesse s’installait lentement dans le cœur des habitants de Ramallah, en Cisjordanie, en attendant l’annonce officielle de la mort de Yasser Arafat. Mais, se mêlant à la tristesse, l’inquiétude montait également concernant la succession encore incertaine du raïs, celui qui incarne encore plus que tout autre dirigeant arabe la lutte des Palestiniens contre Israël. « Je vais être très triste lorsqu’il mourra parce qu’il a été notre seul dirigeant pendant des décennies et le symbole de notre combat », dit Mohammed, 25 ans, qui vend des vêtements dans une rue de Ramallah. « Si cela arrive, il doit être clair que l’actuelle direction palestinienne et le reste du monde ne doivent pas accepter un leader qui nous sera imposé. Nous, Palestiniens, devons élire son successeur », ajoute-t-il. Reham Salah, une mère de famille flanquée de ses fillettes qui dégustent une glace, ne cache pas qu’elle a peur de l’avenir. « Nous avons peur de ce qui va se passer, du chaos qui risque de s’installer en raison des luttes intestines entre les différents groupes et ceux qui sont avides de prendre le pouvoir », affirme-t-elle. « Des élections démocratiques doivent être organisées afin de déterminer qui sera notre prochain dirigeant », poursuit la jeune femme. Dans plusieurs boutiques, des gens se sont agglutinés devant des postes de télévision, suivant attentivement le flot d’informations parfois contradictoires sur l’état de santé de leur chef mort cliniquement, selon une source médicale française. « Il restera notre chef pour toujours, le seul », s’enflamme Mohammed Ribhi, 33 ans, alors que ses yeux s’emplissent de larmes. Beaucoup de jeunes Palestiniens avancent déjà le nom de Marwan Barghouthi, le chef du Fateh en Cisjordanie, incarcéré depuis avril 2002 et condamné à la prison à vie par un tribunal israélien. « Marwan est l’un des nôtres. Il a vécu toute sa vie en Palestine et a souffert comme nous, contrairement aux dirigeants qui sont arrivés de Tunis avec Arafat en 1994 et qui nous prennent de haut », estime Mohammed. Lui et ses camarades insistent également sur leur volonté de voir Arafat enterré à Jérusalem, sur l’esplanade des Mosquées. « J’espère qu’ils garderont son corps dans un congélateur jusqu’à ce que nous puissions établir notre État avec Jérusalem pour capitale. Toute autre solution est à nos yeux inacceptable », soutient-il. D’autres pointent un doigt accusateur vers Israël qu’ils accusent d’être responsable de l’état de santé de Yasser Arafat en le maintenant en état de siège dans son quartier général de Ramallah pendant trois ans. « Les conditions à l’intérieur de la Mouqataa sont tellement insalubres que même quelqu’un en bonne santé serait tombé malade. Comment un homme de 75 ans peut-il survivre dans un tel environnement ? » s’insurge Mazen Ibrahim, 45 ans, employé de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. « Israël est sans conteste responsable de la dégradation de sa santé », insiste-t-il.
La tristesse s’installait lentement dans le cœur des habitants de Ramallah, en Cisjordanie, en attendant l’annonce officielle de la mort de Yasser Arafat. Mais, se mêlant à la tristesse, l’inquiétude montait également concernant la succession encore incertaine du raïs, celui qui incarne encore plus que tout autre dirigeant arabe la lutte des Palestiniens contre Israël.
« Je vais être très triste lorsqu’il mourra parce qu’il a été notre seul dirigeant pendant des décennies et le symbole de notre combat », dit Mohammed, 25 ans, qui vend des vêtements dans une rue de Ramallah. « Si cela arrive, il doit être clair que l’actuelle direction palestinienne et le reste du monde ne doivent pas accepter un leader qui nous sera imposé. Nous, Palestiniens, devons élire son successeur », ajoute-t-il.
Reham Salah, une...