La 31e Foire internationale d’art contemporain (FIAC) a été inaugurée mercredi 20 octobre sur le mode «plus grande, plus jeune». Le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a salué «la place particulière accordée aux toutes jeunes galeries et l’entrée en scène du design, qui manifeste un esprit d’ouverture à toutes les formes de la création». «La FIAC 2004, a-t-il souligné, rassemble plus de 200 galeries dont la moitié de galeries étrangères, ce qui montre bien la reconnaissance internationale dont elle bénéficie. Et elle continue d’afficher une volonté de renouvellement puisque environ 60 galeries viennent pour la première fois.»
Plus grande, la FIAC l’est à coup sûr avec son hall supplémentaire. 516000 m2 dévolus à l’art le plus contemporain, dont le nouveau secteur «Future Quake» (tremblement du futur), pour les galeries de moins de trois ans. Reste à savoir jusqu’à quel point il secouera les visiteurs (80000 espérés), même si certaines galeries balbutiantes ont déjà retenu l’œil.
C’est le cas d’Alcuadrado, galerie itinérante de Bogota, qui présente trois artistes colombiens mêlant vidéo, photographies, sculpture et installations. Oscar Munoz y déploie une remarquable série de photographies, intitulée «Narcissus» où le portrait d’un homme, tracé au charbon dans le fond d’un lavabo, se dilue et se déforme très progressivement sous l’eau courante.
Non loin, l’artiste allemand Clemens von Wedemeyer (galerie Jocely Wolff) attire le visiteur par les bruits de casse que renvoie une vidéo. Deux détenus s’y acharnent à détruire une maison construite dans l’enceinte de leur prison, après l’avoir construite pour en tester les matériaux. Un renvoi au film de Laurel et Hardy où deux représentants de commerce se livrent, sans la moindre jouissance, à la destruction systématique de la maison d’un homme qui refuse de leur acheter un sapin de Noël au mois d’août.
Une grande bouffée de fraîcheur
Au secteur «Perspectives» – jeune, mais plus de trois ans –, nous voilà plongés dans l’installation de Geert Mul (Ronmandos), «La Bibliothèque de Babel»: neuf surfaces de vidéo-projection formant un parterre lumineux à fouler au sol pour faire apparaître l’un des 100000 clichés que commande un ordinateur. Dans l’immense hall 4, où se trouvent tous les courants de l’art moderne et l’art contemporain, le peintre Arsen Savadov (Orel Art Presenta) se livre à une vision ironique et talentueuse du progrès en Russie, et Valery Koshlyakov revisite les grands maîtres en version ruban adhésif sur plastique. Une grande bouffée de fraîcheur vient de chez Alain le Gaillard avec Garage Modem, sculpture du Camerounais Pascale (Bien Pascale) Marthine Tayou, composée d’éléments de voitures-épaves et génialement rafistolés.
À signaler également, les trésors des galeries Thessa Herold (Les grandes encres, de Henri Michaux), les photographies-choc de Rancinan (Rabouan Moussion) ou l’hommage au peintre et sculpteur Daniel Pommereulle (Di Meo).
Paris-Expo, porte de Versailles, du 21 au 25
octobre.
Site Web: http://www.fiac-online.com
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Plus grande, la FIAC l’est à coup sûr avec son hall supplémentaire. 516000 m2 dévolus à l’art le plus contemporain, dont le nouveau secteur...